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Affaire Alex Segura : le FMI éclaboussé par un scandale tente de désamorcer la bombe

Ouestafnews – Le Fonds monétaire international (FMI), éclaboussé par un scandale financier, a tenté ce samedi 10 octobre de désamorcer la bombe à la suite d’une affaire dans laquelle est cité un de ses agents, Alex Segura, ancien « représentant-résident » à Dakar.


Dans un texte laconique transmis à Ouestafnews par ses services de communication, le FMI tout en confirmant l’existence de l’affaire, a minimisé les informations publiées par la presse sénégalaise qui a révélé le scandale, mais san répondre à toutes les questions autour du scandale.
« Un membre du personnel du FMI a reçu un paquet à la fin de son affectation au Sénégal. Le paquet contenait un cadeau d’une valeur financière substantielle, ce que le code de conduite du Fonds interdit expressément », affirme le FMI dans le courrier électronique envoyé à la direction d’Ouestafnews par un fonctionnaire de son service de la communication.
Le FMI, dont le texte reste assez flou, a démenti dans le même temps l’interpellation de son agent.
Depuis 48 heures, les médias sénégalais font leurs choux gras de la « saisie » supposée de fortes sommes d’argent par les services douaniers français à Paris sur Alex Segura qui venait juste de terminer sa mission de représentant-résident du FMI à Dakar.
A Dakar, M. Segura s’était illustré par ses sorties médiatiques contre la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion des fonds publics par l’Etat du Sénégal.
Certains journaux sénégalais ont estimé à 500 millions de FCFA la valeur des devises, supposées saisies par la douane française. Il était impossible de confirmer ce chiffre, le FMI n’ayant pas dans son texte transmis à Ouestafnews précisé le montant concerné, se contentant de parler de « somme substantielle ».
Une question sur ce sujet, envoyée au service de communication après la réception du courrier électronique est restée sans réponse jusque tard dans la soirée du samedi 10 octobre.
Outre la précision sur les montants, les autres questions en suspens et auxquelles le FMI ne répond pas dans son texte sont celles relatives à la saisie ou pas des sommes d’argent par la douane française ainsi que les conditions dans lesquelles le fonctionnaire a pris possession de son « cadeau », qui a été « rendu aux autorités sénégalaises », selon le FMI.
A Dakar, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a dégagé devant les médias toute responsabilité de l’Etat sénégalais.
« Le gouvernement du Sénégal tient à préciser qu’il n’est impliqué ni de près ni de loin dans cette affaire », a notamment affirmé le ministre Moustapha Guirassy cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle).
Ce n’est pas la première fois que les institutions financières internationales, championnes autoproclamées de la « bonne gouvernance » en Afrique, sont éclaboussées par des pratiques pas orthodoxes.
Il y a exactement un an, l’actuel président du FMI, le français Dominique Strauss-Kahn faisait l’objet d’une enquête à la suite d’un scandale causé par une relation extra-maritale qu’il a entretenue avec une employée de l’institution dont les conditions de départ du FMI avaient fait douter certains.
Pratiquement à la même période, une autre affaire éclaboussait le même Dominique Strauss-Kahn, à propos d’une stagiaire, Emilie Byhet, qu’il aurait aidé à obtenir son poste de stagiaire, selon un article du Wall Street Journal daté du 21 octobre 2008.
Avant Dominique Strauss-Kahn, Paul Wolfowitz, le patron de la Banque mondiale (BM), l’autre grande institution financière internationale, avait dû quitter la tête de la BM après avoir été accusé de « favoritisme » au bénéfice d’une employée avec qui il entretenait une relation.
Très présents en Afrique où leurs représentants et experts sont devenus les décideurs de l’ombre en matière d’économie et de finances, à la place des ministres en charge de ces départements, le FMI et la Banque mondiale, sont très critiqués pour leur rôle négatif et leurs actions dans ces pays par les syndicats et la société civile.
Mais depuis quelques années, ces deux institutions ont appris à contourner ces critiques par d’intenses activités de relations publiques et de communication, en se faisant passer pour les « partenaires » des médias, de la société civile et des leaders d’opinion en Afrique.
Ce « partenariat » se fait à travers de petites « subventions » ou des « programmes d’appui » qui ont fini par réduire au silence une bonne partie de l’intelligentsia africaine quant aux pratiques peu orthodoxes de ces institutions, laissant le champ de la critique à une petite minorité, surtout active dans les mouvements altermondialistes.

Samedi 10 Octobre 2009
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