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Afrique de l'Ouest : un marché en croissance dope l’appétit des cimentiers

Ouestafnews - La consommation de ciment en Afrique de l’ouest, qui enregistre en moyenne une croissance annuelle de 12%, selon les experts, traverse une crise marquée notamment par des hausses de prix, des pénuries et une production insuffisante dans plusieurs pays.


« Cette crise est phénoménale », a confié à Ouestafnews, Clément Ahialey, directeur général d’Amexfield Togo Steel (ATS-Togo).

ATS-Togo, Société industrielle et de travaux publics, également partenaire du groupe indien Wacem veut désormais étendre ses activités dans la sous région, et notamment au Mali où il mène d’intenses activités de lobbying et de relations publiques pour occuper le marché.

« La progression de la consommation du ciment en Afrique de l’Ouest est de l’ordre de 12% l’an. Une moyenne constatée entre 2000 et 2005 », a indiqué à Ouestafnews, Ibrahim Dibo, qui supervise l’installation au Mali de la première unité de production de ciment de ce pays pour le compte de Wacem et de ses partenaires togolais.

Ces trois dernières années, « cette progression est passée entre 14% et 15% (…). L’industrie du ciment est un secteur porteur et plein d’avenir, surtout dans les pays qui disposent de réserves accessibles importantes de gisement de calcaire. Sa valeur ajoutée et son impact socio-économique sont incontestables », ajoute M. Dibo.

Cimtogo et le Wacem, les deux unités de production du ciment au Togo ont une capacité mensuelle totale de 105.000 tonnes et la consommation moyenne du Togo se situe entre 45.000 et 50.000 tonnes.

En dépit de cela les prix connaissent une hausse qui, selon les consommateurs, ne se justifie que par les pratiques spéculatives des différents opérateurs du secteur.

D’ailleurs, face à cette spéculation les forces de sécurité (gendarmerie et police) assurent désormais le convoyage du ciment afin de permettre son arrivée à sa réelle destination et empêcher les spéculateurs de le détourner.

Pourtant en dehors du Mali, dont le marché aiguise l’appétit des investisseurs, tous les autres disposent soit d’unités intégrées (extraction et broyage), soit d’unités de broyages simples.

Le Mali consomme environ entre 1 million à 1,2 million de tonnes de ciment par an, pour un coût approximatif de 100 milliards de FCFA. Ses importations proviennent principalement de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso (à partir du clinker importé) et du Togo, selon des chiffres du Ministère du Commerce du Mali.

De leur côté, le Bénin et le Togo assurent 70% des besoins annuels du Niger en ciment. Ces besoins sont estimés à 300.000 tonnes par an alors que la Société nigérienne de cimenterie (SNC) ne produit que 80.000 tonnes de ciment par an. La SNC a sollicité un concours financier de la Banque mondiale en vue de porter sa production annuelle à 250.000 tonnes, selon des sources de la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque monidale).

La production intérieure ne couvre qu’environ le 1/3 des besoins nationaux. Et le volume des importations en provenance du Togo et du Bénin s’est contracté en raison d’une forte hausse de la demande intérieure dans ces deux pays.

Au bénin aussi, le ciment béninois continue de constituer un casse-tête pour les citoyens. Le prix officiel de la tonne est de 69.000 F CFA. Sur le terrain, il peut atteindre le double.

Le gouvernement béninois a donc annoncé récemment des mesures visant à soulager les populations à travers une forte politique d’importation du ciment des pays voisins.

En Côte-d’Ivoire, deux sociétés productrices de ciment, Socimat et Sca affirment qu’elles perdent beaucoup d'argent depuis quelques années du fait de l'augmentation sans cesse du prix des intrants, et notamment du clinker, matière première principale.

Elles ont saisi depuis octobre 2007, sans suite pour l'instant, les ministères du Commerce, de l'Economie et des Finances, à l'effet de prendre des mesures avantageuses aussi bien pour les opérateurs que pour les populations et même l'Etat.

«Depuis la dernière augmentation, la forte demande au niveau mondial des matières premières importées qui entrent dans le processus de fabrication du ciment (clinker, gypse, laitier et calcaire), mais surtout, et à souligner, la forte croissance des tarifs mondiaux du fret maritime à plus de 100% expliquent les résultats difficiles auxquels les cimentiers sont confrontés», expliquaient, dans leur saisine du gouvernement, les opérateurs du secteur ciment.

Le Sénégal est le pays qui produit plus que son besoin annuel. Les deux cimenteries qui sont opérationnelles projettent de porter à l’horizon 2011, leur capacité de production à 5.500.000 tonnes de ciment. Le groupe nigérian Dangote, s’intéresse aussi au marché sénégalais.

Dans une analyse récente, la SFI qui investit depuis plus de 25 ans dans le secteur du ciment en Afrique de l’Ouest a estimé à 40%, la surproduction du Sénégal, avec une production de 2,9 millions de tonnes et des exportations de 600.000 tonnes vers le Mali.

Pour sa part, le Burkina dispose d’une seule unité de production avec une capacité de production de 400.000 à 600.000 tonnes par an. Cela permet de couvrir jusqu’à 70% de la consommation nationale moyenne en ciment, estimée à 750.000 tonnes.

De mars 2008 à octobre 2009, le marché burkinabè du ciment a été perturbé par une pénurie sans précédent. Des commerçants ont été contraints de fermer boutique. Des entrepreneurs ont momentanément abandonné leurs chantiers. A Ouagadougou, les acteurs du ciment ont expliqué cette situation par l’exécution de grands chantiers de construction immobilière.

Face à ce grand marché à prendre, les cimentiers se bousculent et ne se font pas de cadeaux. « C’est de bonne guerre », affirme M. Ahialey, le patron d’ATS-Togo.

Parmi les autres groupes étrangers récemment installés dans la sous région ouest africaine, il y a Holcim/Cibema (Suisse-Espagne), Dangote Cement (Nigeria et bientôt au Sénégal), le Groupe Vicat (France), Scancem/Heidelberg (Norvège/Allemagne), Amida (France), Lafarge (France), Stucky (Suisse), CBMC (Chine), MCM/Africa (Russie

Jeudi 26 Novembre 2009
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