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Afrique de l’ouest : la France entre reconquête économique et logique sécuritaire

Ouestafnews - Le président François Hollande vient d’achever une visite officielle en Afrique de l’ouest, en Côte d’Ivoire et au Niger notamment. Une visite qui se poursuit en Afrique centrale (Tchad), où il devra confirmer les nouvelles visées de la France en Afrique.


Ces deux étapes ouest africaines, suffisent à résumer la nouvelle vision de le France sur le continent africain où elle a perdu influence et parts de marchés : les deux préoccupations majeures du moment, renforcer sa présence militaire sous le beau prétexte de « mettre fin à l’insécurité au Sahel » et de l’autre, le désir de reprendre sa part de marché perdue aux profits des nouvelles puissances émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7% alors que celle de la Chine, dans la même période est passé de 2 à 16%, souligne le rapport Védrine publié à la veille du « sommet de l’Elysée » tenu en décembre 2013, une rencontre qui fut pourtant placée sous le signe de la paix et de la sécurité en Afrique.

A Abidjan, première de la mini-tournée africaine de François Hollande, la tonalité économique de la visite a vite été donnée par l’organisation d’un forum économique franco-ivoirien. Cette rencontre organisée sous le thème de « la ville durable » a réuni le patronat ivoirien et pas moins de 800 représentants d’entreprises françaises.

Côté ivoirien on s’est beaucoup félicité de la présence des entreprises françaises qui emploient « près de 110.000 personnes et qui contribuent pour près de la moitié des recettes fiscales », a souligné le président Ouattara.

En outre le président Français s’est rendu en Côte d’Ivoire, avec un groupe de patrons français, signe de l’importance économique que revêt pour la France, ce pays ouest africain qui reprend son souffle après une période douloureuse et qui affiche un taux de croissance de 9%.

En pleine reprise économique, la Côte d’Ivoire demeure très active sur le marché financier, et est en quête de fonds pour ses projets de développement.

Rien qu’en ce mois de juillet 2014, le pays a récolté 750 millions de dollars sur le marché international pour une demande initiale de 500 millions de dollars. Ce qui va doper davantage la croissance économique qui tourne autour de 8% depuis trois ans et devrait atteindre un taux à deux chiffres pour cette année, selon diverses prévisions.

Bousculée par la puissance émergente qu’est la Chine, jugée au demeurant par des Africains comme plus « respectueuse et plus pragmatique », la France est aujourd’hui à la traîne sur le terrain africain, où elle jouissait d’un statut de « partenaire naturel », résultat d’un siècle de colonisation.

De quoi justifier la présence de François Hollande en Côte d’Ivoire, première puissance économique de la zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), que Paris en perte de vitesse veut remettre dans son escarcelle, face aux puissances émergentes.

Les échanges commerciaux entre la Côte d'Ivoire et la Chine ont atteint plus d’un 1, 11 milliard de dollars américains en 2013, selon les chiffres fournis en janvier 2014 par l'ambassadeur de la République populaire de Chine en Côte d'Ivoire, Zhang Guoqing qui parlait d’un « niveau record ».

Cette préoccupation économique a relégué au second plan, l’épineuse question la réconciliation et de l’impunité en Côte d’Ivoire, même si dans sa conférence de presse conjointement animée avec son homologue français, le président Alassane Ouattara a rejeté l’idée d’une « justice des vainqueurs » que déplore le Front patriotique ivoirien (FPI, ex-parti au pouvoir).

Pour la première fois comme le relève une partie de la presse locale, le président Ouattara a admis que les « crimes de sang » commis durant la crise postélectorale, concerne les deux camps. 

La crise postélectorale qui a ravagé le pays entre fin 2010 et avril 2011 a coûté la vie à 3000 personnes et a pris fin essentiellement grâce à l’implication de l’armée française qui a permis de déloger l’ex-président Laurent Gbagbo, aujourd’hui entre les mains de la Cour pénale internationale.

Au Niger, la présence du président Hollande, reste axée sur une préoccupation sécuritaire, mais l’économie n’est pas loin non plus avec notamment l’uranium nigérien que continue de contrôler Paris.

Ce pays sahélien occupe aujourd’hui une place importante dans le dispositif sécuritaire français dans cette partie du continent. Niamey abrite un détachement de l’armée de l’air française, qui a joué selon les observateurs, un rôle central dans la surveillance et la sécurisation du nord du Mali, durant l’opération Serval qui a permis à la France de « repousser » les groupes djihadistes qui y faisaient la loi entre 2012 et 2013.

Tout porte à croire que Niamey est destiné à jouer davantage ce rôle pivot puisque Serval, selon l’annonce des autorités françaises va céder la place à un dispositif englobant tout le Sahel et dénommé « Barkhane ».

Cette nouvelle initiative mettra en place une force française composée de 3000 hommes à travers les pays du sahel, avec un Etat-major au Tchad. L’initiative est présentée du côté de Paris, comme le fruit d’un « partenariat » qui outre le Niger, regroupe, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Tchad, qui sera d’ailleurs la dernière étape de cette visite de François Hollande.

Toutefois à Niamey, la présence militaire française ne fait pas l’unanimité, comme en témoignent les manifestations d’organisations de la société civile qui ont émaillé la visite de François Hollande.

A cela s’ajoute les dénonciations continues contre la présence du géant nucléaire français Areva qui a signé en juin 2014, après plusieurs mois d’âpres négociations, un nouvel accord avec l’Etat nigérien pour l’exploitation de l’uranium.

Les tenants et les aboutissants du nouvel accord entre Areva et le Niger ne sont pas encore rendus publics, une opacité qui ne se justifie pas et qui, depuis sa signature, suscite la méfiance de certains observateurs qui soupçonnent un « deal » sur le dos du Niger, un pays dépeint comme « très pauvre » et où l’entreprise française tire pourtant l’essentiel de sa production.

D’ailleurs, des organisations réunies autour du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab), ont investi la rue, jugeant ce nouveau contrat « biaisé » puisque permettant encore à Areva de poursuivre son pillage de l’uranium nigérien. Ces manifestations ont été dispersées par la police nigérienne qui a en outre a procédé à plusieurs arrestations, selon la presse locale.

Samedi 19 Juillet 2014
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