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Côte d’Ivoire : Blé Goudé, Gbagbo, enfin le procès

Ouestafnews – Une nouvelle étape du dossier de la crise postélectorale ivoirienne s’ouvre ce jeudi 28 janvier 2016 avec le début du procès de l’ex-président Laurent Gbagbo qui va comparaître avec son ex-protégé, Charles Blé Goudé, devant la Cour pénale internationale (CPI).


Pour Laurent Gbagbo (né en 1945), c’est le début de la fin d’un processus qui a démarré après sa chute en avril 2011. D’abord placé en résidence surveillée à Korhogo (Nord de la Côte d'Ivoire), Laurent Gbagbo est ensuite transféré à la CPI qui l’accuse de « crimes contre l’humanité » prétendument commis durant les cinq mois de « crise postélectorale » entre novembre 2010 et avril 2011, qui a fait officiellement 3000 morts.

Ce jeudi, Laurent Gbagbo sera au box des accusés avec son ex- protégé Charles Blé Goudé (né en 1972), ancien leader de la frange jeune du Front patriotique ivoirien (FPI, parti de Gbagbo), qui va aussi répondre des mêmes accusations formulées contre son ancien patron.

« Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de quatre charges de crimes contre l'humanité que constituent le meurtre, le viol, les autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire – la tentative de meurtre, et la persécution perpétrés dans le contexte des violences post-électorales en Côte d'Ivoire », rappelle la CPI sur son site internet

Les avocats de M. Gbagbo et de M. Blé Goudé devront batailler ferme face aux 5000 éléments de preuves et la centaine de témoins dont se prévaut l’accusation.

« Blé Goudé n’est pas un criminel, il va plaider non coupable », a indiqué, Me Claver N’dry, un des conseils de l’ancien « général de la rue », autre surnom de Blé Goudé. Une option qu’il ne serait pas surprenant de voir adopter par Laurent Gbagbo, tant ses avocats ont toujours fait valoir leur incompréhension face aux accusations.

Dans le clan Gbagbo, on se veut optimiste quand à une issue positive pour leur champion qui sera certainement réconforté par le déplacement annoncé d’un millier de ses partisans .

La CPI, une cour décriée

Le grand problème de ce procès, c’est la crédibilité même de la Cour qui va conduire le procès. Basée à La Haye au Pays-Bas, la CPI a été créée officiellement le 1er juillet 2002 après la ratification par 60 pays (essentiellement africains) du Statut de Rome qui l’a instituée.

D’abord accueilli avec enthousiasme au nom de la lutte contre l’impunité, la juridiction va très vite cette juridiction susciter l’hostilité en Afrique. Sur le continent, on reproche à cette cour de faire une fixation sur l’Afrique qui n’a pas pour autant le monopole des « crimes contre l’humanité ». Au point que l’Union Africaine (U.A) avait brandi la menace de se retirer du « Statut de Rome »

Avec le procès de l’ancien chef de l’Etat ivoirien, ces attaques risquent de ressurgir, même si au niveau officiel M. Gbaggo ne pourra pas compter sur l’U.A, isolé qu’il était sur la scène africaine au moment de la crise ayant conduit à sa destitution forcée.

Face à la presse, la procureure Fatou Bensouda a fait savoir que le but de ce procès est de « faire jaillir la vérité dans le strict cadre d'une procédure judiciaire ».

« Je rappelle que l'objectif de cette procédure est de faire éclater la vérité pour que justice soit rendue aux victimes, et d'empêcher que d'autres crimes de masse ne soient commis », a encore souligné la magistrate gambienne. Mais il faudra plus qu’une simple déclaration pour restaurer l’image d’une Cour jugée raciste et un simple instrument de néo-colonisation.

A quand le procès des Pro-Ouattara ?

En côte d’ivoire même, l’ouverture du procès, ne manquera pas d’embarrasser quelque peu le gouvernement du président Alassane Ouattara. Récemment réélu avec 83% des voix, lors de la résidentielle d’octobre 2015, Alassane Ouattara, crédité d’un bon bilan économique durant son premier quinquennat reste très attendu sur le terrain de la justice et de la réconciliation nationale.

Cinq ans après les violences postélectorales, il est encore reproché au pouvoir en place de pratiquer une « justice des vainqueurs », dénoncée par les défenseurs des droits de l’Homme qui font remarquer que les crimes sont imputables aux deux camps.

Les cinq mois de violence ayant suivi l’élection de 2010, ont vu les deux camps s’affronter violemment et ce n’est qu’au prix d’une attaque soutenue par l’armée française sur le palais présidentiel que Gbagbo cédera le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu vainqueur du second tour par la « communauté internationale ».

Depuis les partisans de Gbagbo attendent que les auteurs de crimes dans le camp de l’actuel chef de l’Etat soient aussi traduits en justice, ce qui tarde à se faire.

Jeudi 28 Janvier 2016
Ouestaf News
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