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Côte d'Ivoire : le déblocage ?

Le président Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire et son jeune ennemi Guillaume Soro, leader des Forces nouvelles, ou FN, l'ex-mouvement de rébellion armé, ont signé ce dimanche 4 mars à Ouagadougou un accord, qui laisse à nouveau entrevoir l'espoir d'un retour à une paix définitive en Côte d'Ivoire, pays coupé en deux depuis Septembre 2002.


Cet accord est le résultat du "dialogue direct" entamé début février dans la capitale burkinabé entre les deux parties en conflit, et destiné à faire enfin sortir le pays de l'impasse.
Néanmoins, la grande question que tout le monde se pose est celle de savoir si cet énième accord résistera aux égoïsmes des uns, au pouvoirisme des autres et à la sauvegarde des privilèges que confèrent à tous le statu-quo, pendant que le peuple trime.
Avant Ouagadougou, et le "dialogue direct", il y a eu d'innombrables rencontres (treize au total) à Marcoussis (France), Lomé, Accra et deux résolutions de l'ONU, qui étaient toutes en leur temps porteuses d'espoir - du moins sur le papier - sans compter la valse des médiateurs et la présence sur le sol ivoirien du Groupe de Travail international, le GTI chargé du suivi des accords antérieurement signés. Mais tout cela n'a jusqu'à présent pas été suivi de grands effets.
Le tout nouvel accord de paix, signé sous l'égide du président burkinabé Blaise Compaoré, selon le texte obtenu par Ouestafnews, la formation d'un nouveau gouvernement d'unité nationale, la reprise du programme d'identification et de recensement des électeurs, le démantèlement des milices et la mise en place d'un Etat major intégré des deux armées (les forces loyalistes et les troupes des forces nouvelles) et enfin la suppression progressive de la zone de confiance.
A n'en pas douter, cet accord, du seul fait qu'il bénéficie de la bénédiction du président Compaoré, pourrait être différent des autres dans sa portée. Car on a toujours, à tort ou à raison, considéré le chef d'Etat burkinabé comme "le parrain" de la rébellion ivoirienne. Mieux encore, la tenue des négociations sur le territoire même du Burkina Faso, témoigne d'un dégel entre Compaoré et son homologue ivoirien.
Cela dit, l'essentiel des autres points, étaient plus ou moins pris en charge dans les traités de paix antérieurs.
En réalité l'application des accords de paix a souvent buté sur la question du désarmement et de l'identification des électeurs. Les forces nouvelles voulant que le désarmement intervienne après l'identification alors que les partisans de Gbagbo disaient que le désarmement et le démobilisation constituent le préalable sans lequel rien d'autre n'est possible.
La mise en place d'un Etat major intégré peut permettre de lever au moins un des grands obstacles, et redonner espoir aux Ivoiriens.
Ceci d'autant que certaines indiscrétions, rapportées par la BBC, font état d'une probable nomination de M. Soro au poste de Premier ministre. Ce qui donnerait aux forces nouvelles un rôle plus important dans la gestion du pays et permettrait logiquement de lever en partie leur méfiance et leur défiance vis-à-vis de Gbagbo et de son camp installé à Abidjan.
Resterait alors à savoir quel rôle pour l'opposition traditionnelle, celle des partis politiques, qui s'étaient arrimées à la rébellion pour faire passe leurs exigences que le combat sur le seul terrain politique n'avait pu leur donner.
Regroupée autour de l'ex-premier ministre Alassane Ouattara et de l'ex-chez d'Etat Henri Konan Bédié, cette opposition "civile" va-t-elle adhérer au nouvel accord qui ne leur offre qu'une présence que certains qualifient déjà "d'honorifique"? Quid du premier ministre Charles Konan Banny et du sort que lui réserve la nouvelle donne?
Autant de questions auxquelles il faudra répondre avant de dire si Ouaga permettra d'aller plus loin que tous les autres traités s'étant succédés depuis le début de la crise.

Télécharger l'intégralité de l'accord politique de Ouagadougou (EXCLUSIF)

Lundi 5 Mars 2007
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