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Dernier discours de fête nationale pour ATT (TEXTE INTEGRAL).

Ouestaf.com vous propose ci-dessous l'intégralité du discours à la nation prononcé par le chef de l’Etat malien Amadou Toumani Touré à la veille de la célébration du 51ème anniversaire de l’indépendance de son pays. Arrivé au pouvoir en 2002, réélu en 2007, le président Touré est arrivé au bout de ses deux mandats légaux et envisage de prendra sa retraite dans quelques mois. Dans ce dernier discours de fête nationale, tout en défendant le bilan de ses dix ans à la tête du pays, il fixe les urgences à venir dont des élections libres et transparentes en 2012. Ci-dessous l’intégralité de ce discours prononcé le mercredi 21 septembre 2011.


Par Amadou Toumani Touré*

« Mes chers compatriotes, Maliens de l’intérieur et de l’extérieur, hôtes du Mali,
Notre pays célèbre ce 22 septembre 2011, le 51ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Cet événement majeur de la vie de notre Nation est toujours pour moi une occasion privilégiée de renouveler notre sentiment de reconnaissance et de rendre un hommage mérité à tous nos héros de la résistance, dont la lutte intrépide, a balisé le chemin de la liberté, aux organisations syndicales, aux associations, aux partis politiques et à leurs leaders qui ont porté, avec courage et détermination, le message de l’émancipation avant de conduire les premiers pas du nouvel Etat.

Mes chers compatriotes,

Le Cinquantenaire du Mali indépendant a été, il y a un an, le temps de revisiter la mémoire de notre parcours que nous avons tenu à garder intact, en refusant de déchirer une quelconque page de notre histoire. Dans un climat d’enthousiasme et de ferveur patriotique, nous avons magnifié les accomplissements à l’actif de notre peuple tout entier, au cours du demi-siècle écoulé. Dans le recueillement et l’émotion, nous nous sommes aussi souvenus des moments d’épreuves. Ce regard sans complaisance sur le passé et sur les acquis d’aujourd’hui a conforté chez les Maliennes et les Maliens la conviction que notre pays n’est condamné à aucune fatalité de la pauvreté. Bien au contraire ! Nous avons la preuve de notre capacité à doter le Mali d’infrastructures modernes de transport, de télécommunications, de production agricole, énergétique pour accélérer notre développement. En inscrivant l’homme et son bien-être au cœur de notre projet de société, nous nous sommes engagés résolument à répondre à certains de ses besoins essentiels : l’accès à un toit à travers le programme des logements sociaux, l’accès à la santé avec la longue liste de pathologies ou d’actes médicaux couverts par la gratuité (traitement du Vih/Sida, du paludisme chez l’enfant et la femme enceinte, la césarienne, l’opération de la cataracte). Il s’agit là, et je m’en réjouis, d’une affirmation du rôle social et protecteur de l’Etat qui est appelé à se renforcer avec l’Assurance maladie obligatoire, qui est une des plus importantes réformes engagées dans notre pays depuis l’indépendance. Ce système de prise en charge collective des dépenses de santé améliore l’accès des populations aux soins de santé. L’Assurance maladie obligatoire est fondée sur le principe de la solidarité entre les adhérents et entre les générations, inscrit au cœur de nos valeurs de civilisation. Le gouvernement doit continuer à expliquer et vulgariser l’Assurance maladie obligatoire.

Mes chers compatriotes,

Tous ces acquis, pour être pérennisés, ont besoin d’être portés par un Etat mieux organisé, avec des institutions qui fonctionnent plus efficacement. C’est le sens à donner aux réformes engagées pour la consolidation de la démocratie. Je félicite le président de l’Assemblée nationale et l’ensemble des députés pour l’adoption du projet de loi portant révision de la constitution, à l’issue d’un vote mémorable par ses résultats ; cela après des débats riches et contradictoires qui ont permis d’améliorer le texte. Le peuple souverain sera appelé à se prononcer sur cette révision constitutionnelle dans le cadre d’un référendum.

Mes chers compatriotes,

Dès septembre 2002, trois mois après mon élection, j’avais affirmé ma conviction que la vitalité d’une démocratie réside dans sa capacité à se remettre constamment en question et que la nôtre ne pouvait se soustraire à cette exigence. Je m’étais alors engagé à prendre des initiatives, en accord avec la classe politique, visant au renforcement de notre système politique et à l’amélioration de notre pratique démocratique. C’est dans cet esprit que j’ai chargé en février 2008 un comité d’experts dirigé par le ministre Daba Diawara de conduire la réflexion sur la consolidation de notre démocratie. Les reformes proposées donneront à notre pays, c’est ma conviction, des institutions adaptées qui fonctionnent harmonieusement, avec des partis politiques aux capacités renforcées et qui demeureront les principaux acteurs de la vie politique. Elles permettront des élections mieux organisées, plus transparentes, moins chères, avec une participation importante des citoyens et des résultats moins contestés, l’amélioration de la qualité de la presse écrite et le respect du pluralisme politique au niveau de l’audiovisuel. Elles feront contribuer plus efficacement la société civile à la consolidation de la démocratie et de la citoyenneté, donneront de nouvelles bases au dialogue social et à la résolution des conflits sociaux et une meilleure protection aux droits et libertés. Je tiens à souligner que les modifications à la Constitution préconisées, dans le cadre des réformes politiques, n’ont pas vocation à régir les mandats en cours. Elles n’entreront en vigueur qu’après le 8 juin 2012.

Mes chers compatriotes,

Notre pays a accompli des progrès importants au plan socio-économique qui ont besoin d’être confortés à travers un système de gouvernance constamment adapté. Le découpage administratif du territoire, dans le souci d’une meilleure gouvernance du pays, reste une des réformes indispensables à mener par notre administration. Le nouveau découpage administratif prend en compte le souci d’une plus grande proximité avec les populations. Il se traduira par la création de : * 1 District, * 19 Régions au lieu de 8 actuellement, * 78 cercles à la place des 49 cercles que compte notre pays et, * 348 arrondissements à la place des 285 existants. Cette volonté d’assurer une meilleure administration de notre territoire sera conduite de façon maîtrisée dans le temps et avec la pédagogie nécessaire à sa bonne compréhension par nos populations.

Mes chers compatriotes,

Une justice forte est le socle de l’Etat de droit. La relecture de la carte judiciaire dont les projets de textes ont été adoptés par l’Assemblée nationale, s’inscrit en droite ligne des objectifs contenus dans le Projet pour le développement économique et social. Les objectifs visés portent d’une part sur la suppression des justices de paix à compétence étendue et l’institution de tribunaux de Grande instance et de tribunaux d’Instance, et d’autre part sur le rapprochement de la justice des justiciables. En outre, au niveau des tribunaux de Grande instance, la reforme prévoit la collégialité, garantie d’une meilleure qualité de la décision de justice. Le renouveau de la justice se traduira par la création de :
* 16 tribunaux de Grande Instance (en remplacement des tribunaux de Première instance actuels,
* 42 tribunaux d’Instance (en remplacement des Justices de paix à compétence étendue) ;
* 6 Cours d’appel,
* 6 Cours administratives d’appel,
* 6 Tribunaux administratifs,
* 6 Tribunaux de Commerce,
* 11 Tribunaux de travail au niveau des tribunaux de Grande instance de l’intérieur et 1 à Bamako ;
* 53 tribunaux pour enfants au niveau de tribunaux de Grande instance, des tribunaux d’instance et 1 à Bamako ;

Mes chers compatriotes,

L’Ecole est le lieu par excellence où se forge l’avenir de notre Nation. Tous les ordres d’enseignement sont certes concernés, mais tout le monde s’accorde sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements dans l’enseignement supérieur. La réforme qui entrera en vigueur dès la prochaine rentrée universitaire (2011/2012), vise à promouvoir un système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique axé sur les besoins de l’économie malienne et contribuant de façon dynamique à l’accès à l’emploi des jeunes diplômés. La reforme doit conférer une plus large autonomie aux établissements d’enseignement supérieur et ceci, aux plans pédagogique, scientifique, culturel et administratif. L’Etat mettra des financements conséquents à la disposition des universités et établira avec elles un contrat pluriannuel articulé autour des besoins en ressources humaines de notre pays. L’Université de Bamako sera scindée en quatre universités, avec une mise en œuvre progressive de la réforme qui sera encore plus prononcée pour l’université de Ségou qui démarre. S’agissant de la formation continue de nos cadres, les travaux de construction du siège de la nouvelle Ecole nationale d’administration démarreront le 7 octobre prochain. L’Ecole accueille déjà sa première promotion. La construction du Campus universitaire de Kabala se poursuit à un rythme satisfaisant. Il améliorera les conditions d’accueil des étudiants des universités de Bamako.

Mes chers compatriotes,

Notre ambition est d’orienter la formation sur les besoins du marché, avec des ressources humaines dotées d’une capacité d’adaptation et d’apprentissage tout au long de la vie professionnelle. Ce choix souligne la priorité que nous continuerons à accorder à l’emploi. En termes de réalisations, l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes a poursuivi la mise en œuvre du Programme emploi jeunes dont les composantes sont :
* le placement en stage de qualification ou d’apprentissage,
* le recrutement de volontaires,
* la formation à l’entreprenariat,
* le financement de projets présentés par les jeunes,
Cet engagement va se renforcer avec l’adoption du nouveau Programme emploi jeunes, pour un financement d’environ 40 milliards de Fcfa, contre un montant de 18 milliards de Fcfa pour les cinq dernières années. Le nombre de volontaires passera de 3 000 à 5 000 jeunes en 2012. Ces actions seront complétées par différents programmes et projets en cours et qui visent spécifiquement l’insertion des jeunes et la promotion de l’emploi des jeunes. On peut citer plus particulièrement :
* le projet PAJE NIETA qui permettra la création d’environ 12 000 emplois dans le milieu rural, pour un financement de 12 milliards 500 millions de Fcfa entièrement financés par la coopération américaine.
* le programme de formation et d’insertion professionnelle dans les régions de Ségou et de Sikasso en faveur de 16 000 jeunes pour plus de 9 milliards de Fcfa, avec l’appui financier et technique du Grand Duché du Luxembourg. Mes chers compatriotes,

La paix et la sécurité sont le socle de tout développement. Je me réjouis du lancement de la phase opérationnelle du Programme spécial pour la paix et le développement des régions du nord du Mali. Fondé sur le binôme sécurité-développement, le PSPSDN apportera des réponses concrètes aux besoins des populations en matière de :
* santé,
* éducation,
* accès à l’eau potable,
* soutien à l’activité économique locale.

Le retour de l’administration et des forces de sécurité affirmera une présence de l’Etat indispensable au succès du Programme.
Au moment où nous engageons ces efforts soutenus avec l’appui de nos partenaires au développement, la bande sahélo-saharienne fait face à de nouveaux risques sécuritaires liés à la situation en Libye. Nous devons redoubler de vigilance pour préserver le fragile équilibre dans la bande et renforcer la dynamique de coopération sous-régionale et internationale en cours. Je salue, à cet effet, la dernière rencontre à Alger de nos ministres des Affaires étrangères avec nos partenaires.

Mes chers compatriotes, frères africains, hôtes du Mali,

Le Mali se prépare à organiser un scrutin référendaire, des élections présidentielles et législatives en 2012. J’invite l’ensemble des Maliennes et des Maliens, la classe politique, les syndicats, la société civile, nos partenaires à se mobiliser avec nous pour des élections libres, transparentes et crédibles en 2012. « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent », a dit un jour un célèbre écrivain. C’est aussi le moment pour chacun de nous de tout donner pour l’avenir de notre pays, en participant positivement aux batailles d’aujourd’hui ».//FIN

*Amadou Toumani Touré est président du Mali

Mercredi 28 Septembre 2011
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