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Drame de Fukushima : appel aux gouvernements africains (DECLARATION)

Face au silence des Etats africains suite à la tragédie nucléaire qui frappe le Japon, avec l'accident survenu à la centrale de Fukushima Daiichi, Leadership Afrique vient de lancer un appel aux gouvernements du continent afin qu'ils prêtent plus d'attention aux conséquences liées à cette tragédie devenue une "affaire mondiale". Fidèle à sa vocation qui est de faire entendre la voix de l'Afrique et de ses citoyens sur les grandes questions qui agitent le monde, Ouestaf.com vous livre ci-dessous l'intégralité du texte.


Fukushima Daiichi : Leadership Afrique invite les gouvernements africains à prendre des mesures. (Le texte intégral)

Le 11 mars 2011, est survenu, au Nord du Japon, une des plus fortes secousses sismiques, jamais connues dans le pays. Par delà les immenses pertes humaines et matérielles, causées par le tsunami qui a suivi le séisme, le Japon est devenu, du coup, un pays ébranlé par trois catastrophes en même temps. Pire, le tsunami a gravement atteint la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI, occasionnant des émissions radioactives aux graves conséquences écologiques.

Depuis un mois donc, les meilleurs spécialistes du monde tentent de trouver une solution à ce qui est déjà considéré comme un des plus grands désastres nucléaires. Aussi, en ces moments difficiles, LEADERSHIP AFRIQUE présente, au nom des fils du Continent, ses condoléances et toute sa compassion au vaillant et solidaire peuple du Japon.


LA CATASTROPHE JAPONAISE EST DEVENUE MONDIALE

Au Japon, les Autorités tentent de parer au plus pressé, c'est-à-dire : protéger les populations, contenir le risque radioactif lié aux explosions et dégagements de nuages contaminés, sécuriser les aliments et boissons et reconstruire le pays.

En Europe et en Amérique, les gouvernements informent les populations sur l’évolution du nuage contaminé par les émissions radioactives de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA, mesurent les niveaux de radioactivité en divers points de leurs territoires, contrôlent les individus et les produits en provenance du Japon et organisent l’aide aux sinistrés de la catastrophe nipponne.

Pendant ce temps, en Afrique, il semble qu’aucune inquiétude ne soit de mise. Pas de mesure de renforcement des contrôles, pas d’information sur FUKUSHIMA. Rien sur l’arrivée, sur le continent, du nuage contaminé et ses conséquences sur les populations africaines, ne sont communiqués publiquement. Pourtant, les particules radioactives qui font, depuis de trois semaines, leur tour du monde, ont déjà touché la côte ouest des Etats-Unis, le territoire français de Saint Pierre et Miquelon, la Grande Bretagne et une bonne partie de l’Europe. L’Afrique ? Sans aucun doute.

Constatant le haut niveau d’ignorance des populations sur les risques encourus, LEADERSHIP AFRIQUE dénonce l’inaction des gouvernements africains et les invite à prendre urgemment des mesures correctives. FUKUSHIMA ou tout autre événement posant un niveau de risque quelconque aux populations africaines, doit, impérativement, enclencher une série d’actions de la part des différents gouvernements ou institutions régionales afin de réagir de façon systématique dans un but unique de protection/prévention.

POURQUOI L’AFRIQUE DOIT SURVEILLER LE NUAGE RADIOACTIF

Les premières mesures sécuritaires prises par le Japon ont été de geler des terres contaminées pendant des décennies, car la radioactivité a une durée de vie de plusieurs centaines d’années. Les productions faites sur ces terres sont strictement interdites parce qu’impropres à la consommation. Mais la rigueur et l’anticipation japonaises ne suffiront pas.

Le nuage, ne connaissant pas de frontières, l’on peut supposer que des terres pourront êtres contaminées dans de nombreuses contrées d’Asie (Chine, Inde, Pakistan, Thaïlande, Vietnam) sans que cela n’alarme les consommateurs ou n’émeuve les producteurs. L’Afrique faisant beaucoup plus de commerce avec ces pays d’Asie qu’avec le Japon, il est fort probable que des produits contaminés pourraient se retrouver sur nos marchés, maintenant ou dans les années à venir.

Pour donner une idée des conséquences de la contamination des aliments, il est prouvé à travers les observations faites depuis une vingtaine d’années sur les populations (Biélorussie, Ukraine, Russie) ayant reçu le nuage contaminé de TCHERNOBYL, une augmentation sensible des cancers du colon, de la thyroïde, du poumon et du sein.

En Europe où, on a aussi constaté une hausse des cancers de thyroïde, les chercheurs ont établi un lien de ce cancer avec l’iode radioactif contenu dans le nuage. Cet iode radioactif tombe dans la nature, les vaches broutent l’herbe et donnent du lait qui sera ingurgité par les personnes, en particulier les enfants, ce qui expliquerait que les jeunes soient plus touchés que les adultes.

A titre de rappel, on se souvient que le Président Jerry Rawlings avait fait bloquer des quantités de lait contaminé par la radioactivité et destiné au marché Ghanéen, après les évènements de TCHERNOBYL !

POURQUOI L’AFRIQUE DOIT SURVEILLER SES IMPORTATIONS DE PRODUITS ALIMENTAIRES ?

Au Japon, on mesure déjà, que la suite logique d'une aggravation de la situation serait la contamination d'une partie des produits exportés par le Japon, et des produits de la mer habituellement consommés par les Japonais, du fait de la contamination d’une partie du milieu marin. D’ailleurs, 11.500 tonnes d’eau radioactive ont déjà été rejetées dans l’Océan Pacifique.

L'eau et le sol seraient aussi concernés, surtout si le vent ramène parfois des rejets radioactifs vers l'archipel nippon. Ainsi, le gouvernement, soucieux de préserver la santé des consommateurs de produits japonais, a mis en place un système de contrôle et de mesure de la radioactivité des produits à l’exportation. Malgré tout, l'Union Européenne préconise un contrôle des produits importés sur son territoire.

Si le Japon importe beaucoup d'aliments transformés, il est aussi un exportateur de ces produits, principalement à destination des États-Unis, de Taïwan, Hong Kong, et de la Corée du Sud. Il est fort possible que certains de ces produits puissent être réexportés en Afrique.

Concrètement, les éléments suivants sont contaminés à proximité de la centrale accidentée, dans un rayon de trente kilomètres : le sol, l'eau, les feuilles donc les légumes, l'herbe donc les animaux, le gibier, les racines, les champignons, les poissons, le lait. Même si l’Agence Canadienne d’Inspection des aliments et l’Office Fédéral Suisse de la Santé publique indiquent, à l’intention de leurs citoyens, qu’il n’y a, pour l’heure, aucune raison d’éviter les aliments provenant du Japon, la Belgique et l'Italie viennent de renforcer leur surveillance des aliments importés du Japon.

L’Italie cible tous les produits emballés et expédiés du Japon après le 11 mars 2011, y compris les plantes séchées, le soja, le thé, les algues et le sésame.
Les autorités de plusieurs pays d'Asie ont aussi annoncé qu'elles mènent des tests sur les produits alimentaires importés.

En définitive, il revient aux Etats africains de vérifier la qualité des produits importés sur le continent.

CE QUE L’AFRIQUE DOIT SURVEILLER EN PLUS

Pour l'instant, l'attention se focalise sur la contamination de l'alimentation et sur la dispersion atmosphérique des radioéléments de la source Fukushima, mais la question de la radioactivité des composants électroniques (présence de particules radioactives sur et dans les composants qui les rendent eux-mêmes radioactifs) fabriqués au Japon va se poser. Ce pays fournit un bon tiers des composants produits dans le monde. On sait maintenant que la contamination s'étend sur de grandes zones. Or beaucoup de ces composants qui entrent dans la fabrication de produits « high tech » ou de biens électroniques sont fabriqués au Japon.

A titre illustratif, au moins un quart des plaquettes de silicium nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs est produit à 200 kilomètres de Fukushima. On ne dispose pas encore de beaucoup d’information sur les niveaux de radioactivité, mais l’Afrique importe beaucoup de biens électroniques des pays d’Asie.

Cette question est d’autant plus importante à surveiller qu’il est établi que ce sont les enfants et les adolescents les plus grands usagers des biens électroniques, qu’ils en font un usage fréquent et qu’ils les placent souvent à proximité du corps humain.

En outre, les personnes et les biens arrivés par voies aérienne ou maritime peuvent transporter des particules irradiées et par voie de conséquence constituer un danger à terme pour les populations.

CE QUE L’AFRIQUE DOIT FAIRE

Il est donc, plus que probable, que des produits contaminés, nous arrivent sous peu, si ce n’est déjà le cas, sans que nous n’ayons aucun moyen de les détecter par nous-mêmes. Certes, la responsabilité des importateurs est de s’assurer de la qualité de leurs produits, mais il revient aux autorités sanitaires nationales de procéder aux contrôles systématiques indispensables.

Aussi, la question que LEADERSHIP AFRIQUE pose aux Etats africains est de savoir :


Qu’est-il prévu pour assurer le contrôle des produits importés vis-à-vis des risques radioactifs?

Si aucune disposition n’est prise à ce jour, nous appelons les gouvernements à agir au plus vite pour :

 Se doter de systèmes de détection de radioactivité dans les aliments (solides et liquides) ;
 Mettre en place un contrôle systématique des produits en provenance des pays de l’Est et des pays asiatiques. Car les industriels peuvent faire transiter leurs produits par des pays peu regardants pour nous les envoyer ensuite ;
 Accentuer le contrôle de l’étiquetage et celui de l’origine des produits ;
 Mettre en place une organisation pérenne pour le suivi de ces contrôles ;
 Informer les voyageurs et les importateurs et communiquer publiquement sur les mesures de protection/prévention en suivant les recommandations de l’ASECNA, de l’IATA et de l’OACI;
 Harmoniser le système de contrôle dans les espaces africains de libres circulations des personnes et de biens comme l’UEMOA, la CEDEAO ou la SADEC ;
 Se rapprocher de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de la FAO et de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) pour mettre les systèmes de contrôle au standard international ;
 Si des cas sont avérés, penser à criminaliser la commercialisation de tels produits sur le territoire ;
 Mettre en place dans chaque aéroport un dispositif de contrôle de la radioactivité des personnes en provenance des pays d’Asie concernés, ainsi que leurs bagages.
 Mettre en place un dispositif de veille permanente par des services conjoints (SANTE, COMMERCE, DOUANES, TRANSPORTS, METEO) afin de suivre l’évolution du nuage radioactif et des décisions Internationales en matière sanitaire.

LEADERSHIP AFRIQUE joint à son communiqué une liste des sites Internet des pays et des organisations internationales informant régulièrement les populations et les médias sur la radioactivité et les mesures à prendre à travers le Japon et en divers points du Monde.


Jeudi 7 Avril 2011
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