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Emeutes du 23 juin : Wade « n’a pas retenu la leçon »



Ouestafnews - Le président sénégalais Abdoulaye Wade, attendu par l’ensemble de la nation sénégalaise pour s’exprimer sur les violents évènements du 23 juin 2011, « n’a pas retenu la leçon, ont estimé les observateurs qui ont suivi sa première grande déclaration officielle après ces manifestations populaires qui avaient fortement secoué son régime.


Première fausse note : attendu pour s’adresser « à la nation », le président sénégalais a préféré s’adresser à ces partisans et courtisans, lors d’un évènement aux allures de meeting politique qui a duré près de huit heures d’horloge et qu’il a fait retransmettre par les principales télévisions du pays. Cette retransmission a été « payante », selon le patron d’une de ces haines de télévision, Sidy Lamine Niasse, président du Groupe Wal Fadjri (privé) cité dans les médias locaux.

Deuxième fausse note : alors même qu’une soixantaine de partis politiques et d’organisations de la société civile sont mobilisés dans un front dénommé « Mouvement du 23 juin », opposés à sa candidature au nom de la sauvegarde des acquis démocratiques et au refus de sa candidature, le président sénégalais a préféré annoncer qu’il persiste et signe dans sa volonté de se présenter pour un troisième mandat, jugé « illégal » par bon nombre de constitutionnalistes sénégalais.

« Attendu sur les leçons du 23 et 27 juin, Wade sert une comédie électorale », titre ainsi Le Quotidien (privé), journal qui précise que «tout ce qui a été servi (…) lors de cette rencontre entre le président et son armée de trouvères et de troubadours relevait d’une vaste comédie ».

La plupart des observateurs s’attendaient à ce que le président tire les leçons du 23 juin 2011, date à laquelle le peuple est sorti massivement pour s’opposer à son projet d’amendement constitutionnel pour introduire un système de ticket « président/vice-président » et la possibilité pour le président d’être élu avec 25 % des voix au premier tour. Ces évènements, d’une rare violence avaient été suivis quelques jours plus tard (le 27 juin) par les « émeutes de l’électricité » qui ont secoué la ville de Dakar.

« Il est venu avec les atours de la République mais il s’est prononcé en tant que candidat à sa propre succession (…) C’était plus un discours de mobilisation préélectorale », a commenté l’analyste politique Mame Less Camara, dans les colonnes du Quotidien.

Dans cette même veine, Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du Parti socialiste (PS, opposition) interrogé par le quotidien l’Observateur (privé) estime que le président n’a « malheureusement pas tiré les leçons des 23 et 27 juin. Chaque sénégalais fait son propre bilan et il s’en rendra compte en février 2012 ».

« Le combat doit continuer pour faire en sorte qu’il ne soit pas candidat en 2012 (…) Il faut qu’il apprenne à sortir avec dignité comme ses prédécesseurs », a pour sa part soutenu Alioune Tine, président de la Rencontre Africaine pour la défense des droits de l’Homme, ONG basée ç Dakar.

Après avoir relevé « l’entêtement suicidaire » du président Wade qui tient coûte que coûte à son troisième mandat, le journal Wal fadjri (privé) estime que dans le fond, ce discours relevait plus de « l’incantation (…) que de la conviction ».

Prenant le contre-pied de tous ses autres confrères le quotidien pro-gouvernemental « Le Soleil » a préféré saluer les promesses faites une fois de plus par le président dans ce discours fleuve, notamment la mise en place d’une « banque verte » pour les paysans, l’annonce de la « fin des délestages pour septembre 2011 », oubliant le délai fixé à 2014 par le ministre de l’Energie, Karim Wade, par ailleurs fils du président que l’on soupçonne le chef de l’Etat de vouloir placer à la tête du pays après son départ.

Cité par le même journal, Mactar Guèye membre de la mouvance présidentielle a salué un discours « satisfaisant qui comporte des réponses multiples à des questionnements multiples que les Sénégalais se posaient (sic)».

Agé de 85 ans et au pouvoir depuis onze ans, le président Wade avait déclaré au lendemain de sa réélection controversée en 2007 devant la presse nationale et internationale que « la constitution » sénégalaise ne lui permettait plus de se représenter à la présidence. Dans son discours du 14 juillet 2001, il a revendiqué qu’il a aussi « le droit de se dédire ».

« Que vaut finalement sa parole, s’il assume qu’il se dédit, pourquoi le croire quand il dit qu’il n’y a pas de projet de dévolution monarchique du pouvoir ? » s’interroge Fadel Barro, coordonnateur de « Y’en a marre », mouvement citoyen créé par de jeunes rappeurs et qui a depuis pris la tête de file de la contestation contre les « dérives » du président et de ses alliés.

Vendredi 15 Juillet 2011
Ouestaf News
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