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Gambie : 20 ans de pouvoir autocratique, 6 faits marquants

Ouestafnews - La Gambie a célébré ce 22 juillet 2014 les 20 ans de présence au pouvoir du président Yahya Jammeh. Une célébration dans la douleur pour beaucoup de Gambiens qui ne peuvent plus exercer leurs droits les plus élémentaires. Ouestafnews vous propose six faits marquants pour comprendre la descente aux enfers que vit la Gambie depuis ce fatidique coup d’Etat du 22 juillet 1994.


Au commencement, le putsch

En ce jour fatidique du 22 juillet 1994, le président Dawda Jawara à la tête du pays depuis son indépendance en 1965, est renversé par un groupe de jeunes soldats, dirigés par le capitaine Yahya Jammeh. Mis très vite l’euphorie laisse la place au doute puis à l’inquiétude. Le jeune prend goût au pouvoir et n’entend plus le lâcher. 20 ans après, il est toujours là, plus vide de pouvoir que jamais.

La présidentielle de 1996

Deux après son accession au pouvoir, Yahya Jammeh organise une élection présidentielle pour légitimer son pouvoir. Avec un retour à un régime civil, le président qui gouvernait jusqu’ici par décret, espère grâce au scrutin faire revenir la communauté internationale et les bailleurs de fonds qui avaient déserté le pays dès le lendemain du Coup d’Etat. Jammeh qui avait pourtant promis un retour du pouvoir aux civils, remportait avec 55% des voix cette consultation très populaire où le taux de participation avoisinait les 90%. Il sera ensuite réélu en 2001, 2006 et 2011. La transparence des derniers scrutins a été fortement contestée.

Les affaires Deyda Hydara et « Chief » Manneh

Dix ans après le putsch, l’assassinat de Deyda Hydara, journaliste réputé intervenu en décembre 2004 fut un révélateur et tournant pour les défenseurs des droits de l’Homme. Le crime jusqu’ici impuni allait être suivi par d’autres exactions contre des journalistes dont une bonne partie a pris le chemin de l’exil. Selon des estimations faites par des rapports d’ONG, pas moins de 100 journalistes gambiens ont été contraints à l’exil.

Deux ans après l’assassinat de Hydara, un autre journaliste, Ebrimah Manneh dit « Chief Manneh » était porté « disparu » et les services de sécurité gambiens sont soupçonnés d’être mêlés à cette disparition.

Ces deux faits confirment une tendance observée depuis le début des années 2000, avec un gouvernement qui foule au pied les libertés publiques et la dignité humaine. Le 10 avril 2000, les forces de l’ordre avaient déjà violemment réprimé une manifestation d’élèves, faisant 14 morts. Le seul tort de ces élèves était de réclamer justice suite à la mort d’un des leurs aux mains des pompiers et le viol d’une de leur camarade par un homme en tenue.

Comme les affaires Hydara et Manneh, ces morts viennent rejoindre une longue liste d’actes impunis tout au long des 20 années de pouvoir de Jammeh et de ses services de sécurité, notamment la National Intelligence Agency (NIA).

Au-delà des journalistes dont certains ont subi les affres de la torture, à défaut d’être physiquement éliminés, les atteintes du régime touchent aussi les politiques et les acteurs de la société civile muselés par un pouvoir qui ne tolère aucune parole dissidente.

Retour de la peine de mort

En aout 2012, Yahya Jammeh, jetait un nouveau pavé dans la marre en faisant exécuter neuf prisonniers, brisant ainsi un moratoire de près de 30 ans sur la peine de mort en Gambie où la dernière exécution remontait à 1985.

Cette énième « folie » de Jammeh suscita l’émoi un peu partout dans le monde, d’autant que les condamnés n’ont pas eu droit, selon les observateurs à des procès équitables. Sur place à Banjul, seul un homme en l’occurrence l’imam Baba Leigh à oser braver la peur ambiante et dénoncé publiquement ces exécutions. Il sera arrêté et attrait dans les locaux de la NIA, il fut torturé avant d’être libéré sous la pression montante de la communauté internationale

Exit le Commonwealth

Dans la foulée, du retour de la peine de mort, les critiques contre le régime gambien s’amplifient. Le gouvernement britannique, à travers un rapport accablant du Foreign Office, ajoutait sa voix au concert de condamnations.

Dos au mur, le président Jammeh annonçait en octobre 2013, à la surprise générale, Le retrait de son pays du Commonwealth, qu’il traite d’institution « néocoloniale ». Une façon pour lui de se venger de l’ancien colonisateur anglais qui fédère sous la coupole du Commonwealth plus de 50 pays. La Gambie était membre depuis 48 ans.

Cette décision prise à l’emporte-pièce est aussi vue comme un acte de défiance vis-à-vis de cette communauté internationale qui commence à sortir de sa léthargie en ce qui concerne la Gambie. Par l’exemple l’Union européenne, principale partenaire au développement de la Gambie est actuellement en train de revoir son aide à ce pays après avoir reçu des délégations de la société civile et d’opposants gambiens en exil.

Le renforcement des lois liberticides

En juillet 2013, la paranoïa du régime et son opposition à la liberté d’expression prenait une nouvelle tournure à travers le vote par le parlement d’une loi très contraignante, relative à l’information et à la communication.

Selon les dispositions de cette loi, de lourdes sanctions (15 ans de prison et 63000 euros d’amende) sont prévues contre toute personne, reconnue coupable de diffusion de « fausses nouvelles » sur le gouvernement ou des fonctionnaires, de publication de caricatures ou de déclarations désobligeantes à l’encontre de fonctionnaires, d’incitation au mécontentement ou instigation à la violence contre le gouvernement.

A travers cette loi qualifiée de « scélérate », Yayha Jammeh vise à amoindrir la liberté d’expression dont jouissent ses compatriotes sur Internet. Jusqu’ici son régime avait du moins en interne réussi à bien museler la presse dont la branche privée en est même réduite aujourd’hui à l’autocensure. Sur Internet qui demeure une véritable bouée de sauvetage pour la diaspora et les exilés, son régime y est dépeint dans toute sa cruauté avec l’effet amplificateur des réseaux sociaux.

Mardi 22 Juillet 2014
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