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Hommage à Laba Sosseh :

A l'occasion du 3ème anniversaire de son décès, le monde africain des arts et de la musique rend hommage à Laba Sosseh, le "grand salsero" africain. qui, de son vivant, a marqué la scène musicale ouest africaine et internationale. Ouestafnews s'associe à cet hommage et vous propose ce texte de Lat Ndiaye, régisseur de spectacle à Dakar, qui rappelle les grands moments de la vie de celui que certains considèrent comme le "premier disque d'or africain".


Les points de vue et idées défendues dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs.

Par Lat Ndiaye*

Né le 12 mars 1943 à Bathurst (actuel Banjul) en Gambie, Laba Badara Sosseh, fait ses premiers pas en 1963 au sein de l’African Jazz Band de Bathurst avec Badou Diop (guitare, basse) et Pape Touré (voix), deux futurs membres fondateurs du groupe Super Eagles devenu Ifang Bondi. Trois ans plus tard, il est aux côtés du saxophoniste d’origine nigériane, Dexter Johnson, leader du Super Star, l’orchestre du Moulin Rouge, un club branché du quartier de la Médina à Dakar.

Les deux complices qui officient alors au Club Sangomar de Dakar sortent chez Ndardisc, El sonero de Africa vol 1 et En direct du Sangomar, deux 45 tours de standards cubains chantés en espagnol et qui connaissent aussitôt le succès : « Guantanamera », « El manisero », « La sitiera » et « Que se funan ». Mais il faut attendre la parution de El sonero de Africa vol 2 avec « El Manisero » et surtout « Seyni kay fonema » (Seyni vient m’embrasser), Dexter Johnson & Laba Sosseh, sortent un 45T chanté en wolof et en anglais et comprenant une reprise du célèbre « Seyni kay fonema », « Come my love » (Viens mon amour), « Ayo néné » (une berceuse sénégambienne) et surtout « Aminata ». 1974 voit le duo enregistré El sonero de Africa vol 3 avec un remix du standard cubain, « Guantanamera », et un inédit, « Sénégal, An XIV », un titre dédié au Sénégal qui fêtait cette année-là ses 14 ans d’indépendance.

De la Côte d’Ivoire où Laba Sosseh enregistre en 1977 Formidable Laba Sosseh pour Sacodis d’Aboudou Lassissi, sa renommée va s’étendre hors des frontières du continent. La consécration internationale viendra avec ses rencontres avec les stars cubaines à New York, ville de naissance de la fameuse sauce latine, la « salsa ». Laba Sosseh y enregistre en 1980 pour Sacodis plusieurs disques dont Akoguin Theresa avec l’Orchestra Aragon au grand complet et 4 volumes de Salsa Africana : Monguito El Unico Presents Laba Sosseh in USA avec Monguito El Unico, Alfredito Valdes, Bomberito Zarzuela, Mario Rivera ou encore Pupi Legarretta. C’est un succès international immédiat : son cubano, salsa...Vendu à plus de 100.000 exemplaires, Salsa Africana fait de Laba Sosseh le premier Disque d’Or continental pour un chanteur d’afro-cubain. Il est alors surnommé avec déférence « La Voz Africana » ou « El Maestro » par les Cubains eux-mêmes, un signe de reconnaissance pour son talent.

Après un break discographique de plusieurs années, Laba Sosseh est invité, en 1998, dans Baloba d’Africando, la formation panafricaine initiée par Ibrahim Sylla (Syllart Productions). Il signera son grand retour en 2001 avec la sortie chez Africa Production/Mélodie de la compilation El Maestro – 40 ans de salsa… comprenant une douzaine de titres.


Avec tout ce riche parcours, Laba SOSSEH s’est éteint dans difficiles conditions où il a fallu un téléthon pour venir à son chevet et aider sa famille..
Aujourd’hui, il est alors devenu plus qu’impératif de résorber les conditions sociales des artistes loin de s’arrêter de parler du statut de l’artiste et encore moins de la signature d’une protection sociale.

Les conditions de vie des artistes restent toujours précaires à côté d’un Bureau de droit d’auteur où les répartitions tirent en longueur de semestre. Ce trésor public des artistes qui a regardé ses sociétaires mourant tout le long de mois de Ramadan, malgré tous les efforts du Ministère de la Culture qui octroie de nombreuses subventions.

Pour se souvenir de ce Maestro, un MEMORIAL LABA SOSSEH, un projet grand comme l’homme à célébrer va être organisé prochainement.

Cet événement en plus d’être une fête en mémoire d’un grand Artiste Africain et Sénégalais, est une communion de l’ensemble des Artistes d’une époque à une autre pour marquer la pérennité de la musique.

Le MEMORIAL LABA SOSSEH est un hommage à feu Laba SOSSEH pour son immense participation à l’édifice musical Sénégalais et Africain.

Témoin de son temps, ami et héritier musical de son maître Laba SOSSEH, Pape Fall animera avec son orchestre l’African Salsa le concert d’ouverture de l’Institut Français (ex CCF) le samedi 02 octobre 2010 à 21h au théâtre de verdure.
Un moment idéal pour le Maestro de penser à l’auteur de « EL Maestro ».


Lat Ndiaye, est régisseur de spectacle

Lundi 20 Septembre 2010
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