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Indignation au Togo après l’attitude scandaleuse d’un officier de l’armée française face à un journaliste

Ouestafnews – Six organisations togolaises de défense des droits de l’Homme ont fustigé l’attitude d’un officier de l’armée française qui a violemment menacé un reporter photojournaliste du Togo dans une vidéo qui a fait le tour du monde grâce au site de partage YouTube, remettant ainsi au goût du jour la question de la présence militaire française en Afrique.


Dans la vidéo qui circule sur internet, on voit et entend très distinctement l’officier de l’armée française ordonner violemment et avec arrogance la suppression de ses photos et même demander à un des agents des forces de l’ordre du Togo de mettre le journaliste « en taule ».

Pour voir la vidéo du scandale, cliquer ici

Le début de l’affaire remonte au mardi 10 août lorsque le photographe de presse Didier Ledoux, a pris des photos de ce « colonel » de l’armée française en train de donner des ordres aux services de sécurité togolais, alors que se tenait une manifestation de l’opposition.

Joint au téléphone par Ouestafnews, Ledoux, qui travaille pour le groupe de presse Liberté, a confirmé qu’au moment où il prenait les photos à l’origine du scandale « le militaire français était en action et donnait bien des ordres » aux forces de sécurité togolaises.

L’ambassade de France au Togo, dans un premier temps a tenté de faire croire dans un communiqué que l’officier français se trouvait là, de manière « fortuite ».

« Tout cela témoigne de la brutalité dont nous sommes souvent victimes », a ajouté le photographe qui dit avoir accepté les excuses du militaire dans un acte de « foi ».

Mais ses excuses ne semblent pas suffire aux défenseurs de droits de l’homme du Togo qui ont exprimé leur grande inquiétude.

« Cette affaire préoccupe les organisations de défense des droits de l’homme », ont affirmé une demi-douzaine d’organisations togolaises dans une déclaration commune transmise à Ouestafnews.

Les actes posés par le Français sont « d’autant plus préoccupants qu’au-delà de la virulence des propos tenus, l’officier a évoqué la possibilité de faire intervenir un régiment commando de l’armée, en l’occurrence la RCGP (Régiment des commandos de la garde présidentielle), alors que, par définition, celui-ci n’a aucun rôle à jouer en matière de maintien de l’ordre », selon la même déclaration.

Cette affaire intervient au moment où la présence militaire française, cinquante ans après les indépendances est de plus en plus rejeté par l’opinion publique et les élites africaines, y compris parmi les régimes qu’il sont censés « soutenir ».

Le 3 avril 2010, à la veille de la célébration du cinquantenaire de son pays où la France compte encore des bases militaires et près de 1.200 hommes, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, avait dénoncé la présence militaire française en Afrique.

« Au fil des années, cette situation a paru de plus en plus incongrue et a été souvent ressentie, par nos populations, singulièrement les jeunes, les cadres et l’armée, comme une indépendance inachevée », avait alors affirmé le président sénégalais avant d’annoncer : « c’est pourquoi, je déclare solennellement que le Sénégal reprend, à partir de ce jour, 4 avril 2010, à zéro heure », les bases occupées par la France..

Néanmoins, cette déclaration, saluée en son temps par les Sénégalais, n’a été suivie que d’une « restitution symbolique » d’une des bases occupées par la France, les militaires français étant toujours présents en force sur le territoire sénégalais.

A son tour, le président tchadien Idriss Déby Itno, tout en déclarant vouloir maintenir les relations d’amitié entre le Tchad et la France a dénoncé la présence des soldats de l’Hexagone dans son pays.

Ces soldats sont sur le territoire tchadien depuis plus deux décennies dans le cadre de l’opération « Epervier ».

« Nous nous acheminons vers une révision de l'accord de siège entre Epervier et le Tchad », a notamment affirmé le président Déby en marge des festivités marquant le cinquantenaire de l’indépendance de son pays.

Epervier, selon le chef d’Etat tchadien « ne joue plus son rôle, à part quelques soins donnés aux malades et un appui logistique en cas d'agression quelque part ».
En dehors du Sénégal et du Tchad, la France dispose de bases militaires en Côte d’Ivoire, au Gabon, et à Djibouti.

Dans d’autres pays francophones d'Afrique, comme au Togo ou aux Comores, les conseillers militaires français restent présents sous le couvert d’accords de coopération militaire de plus en plus décriés.

Selon les derniers chiffres disponibles, environ 9.000 soldats français sont présents sur le continent africain.

Vendredi 13 Août 2010
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