Ouestaf.com, Premier site sous-régional d'information en Afrique de l'ouest
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Le destin tragique de Sankara (LIBRE OPINION)


Le destin tragique de Sankara (suite)

La crise qui prévalait depuis un certain temps sur le terrain politique a gagné comme à l'accoutumée le terrain militaire, et il fallait dès lors que les armes parlent pour la dénouer. Telle a toujours été la tactique des hommes politiques au Burkina Faso. Ils créent toujours une pourriture qui oblige les militaires à intervenir. Dans le cas du CNR, il faut y ajouter le fait que la rigueur prônée n'était pas du goût de tout le monde, notamment de certains commandos, artisans du coup d'Etat révolutionnaire du 4 Août 1983 . Ceux-ci revendiquaient avec insistance une bonne part du gâteau. Chose à laquelle Thomas Sankara aurait opposé une constante fin de non recevoir, arguant que le militaire doit « vivre avec les masses » et prônant « un quart de poulet par jour et par militaire ». C'était mal connaître ceux-là qui revendiquaient qui une villa, qui un galon afin de jouir du fruit du risque encouru dans la nuit du 4 Août.
Il nous revient à cet effet que ces derniers lors des réunions régulières avec leur chef posaient constamment cette doléance. Ce à quoi le chef en question répondait qu'il n'y voyait pas d'inconvénient mais que « c'est Sankara qui s'oppose ». Les miliaires répliquaient : « pourquoi ne l'enlève-t-on pas ? ». A force de se répéter tous les jours, on finit par « enlever » Thom’ Sank le 15 octobre 1987.

Que s'est - il passé ce jour là ?

Gilbert Diendéré déclare dans « Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè » de Ludo Martens, aux pages 65 et 66 : « le 15 octobre donc, à la réunion des officiers, des éléments du palais ont accusé les militaires de Pô d'être venus pour tramer un complot . L'atmosphère a chauffé. Nous nous sommes séparés sans qu'un accord soit réalisé. Il paraît qu'au même moment, une autre réunion se tenait à la présidence, à laquelle Sigué et d'autres chefs de corps assistaient. Mais le registre de la présidence a disparu après le 15.
Comme les soldats de la garde présidentielle appartiennent à notre bataillon, tous n'étaient pas partisans de l'affrontement. Ainsi le chauffeur de Sankara, le caporal Der et d'autres sont venus nous prévenir que Compaoré, Lingani et Zongo seraient arrêtés ce soir. Pendant la réunion de l'OMR (ndlr : Organisation militaire révolutionnaire), le conseil serait encerclé par les troupes de la FIMATS (ndlr : Forces d'intervention du ministère de l'administration territoriale et de la sécurité) et de l'ETIR (ndlr : Escadron du transport et d'intervention rapide). Un groupe de militaires devrait mettre les trois en état d'arrestation, tandis que le gros des forces devrait se tenir prêt à toute éventualité. Bien qu'on ne nous eût pas exactement parlé de liquider les trois, nous étions convaincus qu'une tuerie ne pourrait être évitée. Les trois ne se laisseraient pas prendre sans réagir et des hommes comme Sigué et Koama n'hésiteraient pas une seconde à les descendre. Notre réaction a été qu'il fallait arrêter Sankara avant que l'irréparable ne se produise. La décision a été prise dans un climat général d'inquiétude proche de la panique. Nous n'avions pas vraiment le choix. Nous n'avons jamais pu croire que Sankara allait s'en prendre à ses trois compagnons. Blaise était à la maison, malade. Nous n'avons pas voulu le prévenir parce que nous savions qu'il ne serait pas d'accord pour arrêter Sankara. C'était une décision grave, mais il faut s'imaginer la panique qui régnait à ce moment parmi nos soldats.
Nous savions que Sankara avait une réunion au conseil à seize heures et nous avons décidé d'aller l'arrêter là-bas…
Peu après seize heures, la Peugeot 205 de Sankara et une voiture de sa garde sont arrivées devant la porte du pavillon ; une deuxième voiture de la garde est allée stationner un peu plus loin. Nous avons encerclé les voitures. Sankara était en tenue de sport. Il tenait comme toujours son arme, un pistolet automatique, à la main. Il a immédiatement tiré et tué un des nôtres. A ce moment, tous les hommes se sont déchaînés, tout le monde a fait feu et la situation a échappé à tout contrôle …
Après les événements, j'ai téléphoné à la maison de Blaise pour le mettre au courant. Quant il est arrivé, il était fort découragé et mécontent, surtout quand il a constaté qu'il y avait treize morts ».

Jeudi 27 Septembre 2007
Ouestaf News
Lu 11193 fois
Ouestaf News

Derniers tweets
Ouestafnews : Les brèves en Afrique de l'Ouest à 19H00 GMT- le 16/10/2017- Niger, Sénégal, Bénin, Liberia : diplomatie, droits... https://t.co/t9M6Zynv3C
Lundi 16 Octobre - 22:59
Ouestafnews : Les brèves en Afrique de l'Ouest à 13H00 GMT- le 17/10/2017- Ghana, Côte d’Ivoire, Togo, Burkina Faso :... https://t.co/g8MTC9DnWF
Lundi 16 Octobre - 18:13
Ouestafnews : Les brèves en Afrique de l'Ouest à 19H00 GMT- le 13/10/2017- Liberia, Niger, Nigeria : élections, Georges Weah,... https://t.co/qlEPuzbLLe
Vendredi 13 Octobre - 22:55

Derniers tweets
Hamadou Tidiane SY : #humanisme #Paix #violence Facebook, qui n'oublie rien (lol), me rappelle que j'avais posté le texte ci-dessous... https://t.co/HmM0iqREHd
Jeudi 12 Octobre - 18:46
Hamadou Tidiane SY : La patience comme arme et la lucidité comme compagne. Le reste viendra.
Mercredi 11 Octobre - 00:28

Derniers tweets
Momar Niang : #kebetu #Cinéma : « Songho » où la musique à la folie https://t.co/rhQNx4vc6X
Vendredi 13 Octobre - 19:07
Momar Niang : #Liberia : les risques d’un retour à l’instabilité sont « minimes » (analyste) https://t.co/H59ggKHhMP
Mardi 10 Octobre - 19:31