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Le destin tragique de Sankara (LIBRE OPINION)


Le destin tragique de Sankara (suite)

Le coup a été donc fait à l'insu de Blaise Compaoré !

Ce dernier d'ailleurs, déclare dans le livre précité à la page 67 : « lorsque je suis arrivé au conseil de l'entente après la fusillade et que j'ai vu le corps de Thomas à terre, j'ai failli avoir une réaction très violente contre ses auteurs. Cela aurait sans doute été un carnage monstre dont je ne serais certainement pas sorti vivant. Mais quand les soldats m'ont fourni les détails de l'affaire, j'ai été découragé, dégoûté. Je suis resté prostré pendant au moins vingt-quatre heures …
Quand j'ai demandé à mes hommes pourquoi ils avaient arrêté Sankara sans me le dire, ils m'ont répondu que s'ils l'avaient fait, j'aurais refusé. Et c'est vrai. Je savais que mon camp politique était fort. Thomas ne contrôlait plus l'Etat. Je n'avais pas besoin de faire un coup d'Etat. Mais, mes hommes ont pris peur quand ils ont appris, l'après- midi, que nous devions être arrêtés à vingt heures ».

Et pourtant !
Le « Matin de Paris » en date du 27 octobre 1987, repris dans « Il s'appelait Sankara » de Sennen A. cite le témoignage d'un élément commando qui dit : « Le Lieutenant nous a prévenu le matin seulement de nous préparer pour anéantir le président parce que maintenant, il était insupportable. Blaise le connaît mieux que quiconque : il sait que même si on allait l'enfermer, il allait sortir par un trou de fourmi ».

Et pourtant !
En vérité, ce jour-là, Thomas Sankara se trouvait en réunion de travail avec quelques-uns de ses collaborateurs dans une salle au Conseil. A 70 mètres de là, toujours dans le conseil, une 504 blanche démarra. A son bord, 7 personnes. Le véhicule arrive sur le lieu de la réunion. Les quelques éléments de la garde devant la salle ne s'en inquiètent pas outre mesure, parce que ce sont leurs collègues. Le véhicule se gare, en descendant : K.Y ; O.A.O ; N.N ; N.W ; O.N ; T. ; K.M. Ils ouvrent le feu immédiatement. Un gendarme et deux chauffeurs sont fauchés. Ils s'écroulent. Thomas Sankara dans la salle où il se trouve entend la fusillade et se lève, son pistolet à la main et dit à ses collaborateurs « restez, restez, c'est moi qu'ils veulent » !". A peine a-t-il franchi la porte qu'il est pris par la mitraille nourrie d'un des "anéantisseurs". Il s'écroule. S'arrête-t-on là ? Non. Les assaillants rentrent dans la salle et exécutent ses collaborateurs.

Bref, supposons -difficilement- que la thèse qui veut que le capitaine Blaise ait été mis devant le fait accompli soit vraie. Cela le disculperait- il pour autant ? N'aurait-il pas été de façon indirecte à la base des événements tragiques du 15 octobre ? N'en est-il pas le grand bénéficiaire ?
L'homme, s'il n'a jamais eu vraiment soif du pouvoir comme il le prétend, laisse tout de même sceptique l'observateur de la scène politique burkinabè. En effet, après le 15 octobre, il a prouvé que le pouvoir ne se partage pas. L'apprendra à son dépend toute la cohorte d’intellectuels qui constituait le «comité insurrectionnel» qui a préparé psychologiquement l'avènement du 15 octobre par une série de tracts orduriers et d'intrigues de bas étage. L'apprendront à leur dépend le commandant Boukary Lingani et le capitaine Henri Zongo.

Aujourd'hui 20 ans après que retenir ?
Au- delà de toute rhétorique «dialecticienne », Sankara est mort pour avoir été un paquet de convictions patriotiques et progressistes mais aussi pour avoir empêché de par la synergie entre sa théorie et sa praxis, certains de ces camarades civils comme militaires de manger goulûment, de boire frais et pétillant, de roter gras, de dormir mou et de se la couler royalement au détriment de leur peuple.

L'auteur, Chériff SY est le directeur de publication du journal burkinabé Bendré

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Jeudi 27 Septembre 2007
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