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Mali : des intellectuels contre une « recolonisation » du pays

Ouestafnews - Un groupe d’intellectuels et d’acteurs de la société civile ouest africaine ont vigoureusement dénoncé dans un manifeste ce qu’ils ont appelé une tentative de « recolonisation programmée » du Mali par les grandes puissances occidentales, alors que ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest connaît une crise née d’une rébellion dans sa partie septentrionale.
Cette rébellion a engendré un coup d’Etat qui a destitué le régime du président Amadou Toumani Touré, et installé une junte militaire au pouvoir.




« L‘impérialisme collectif avait besoin d’exploiter, comme à Benghazi (Libye), les rancœurs et les rancunes d’une partie de la population qui a le sentiment d’être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l’affaire », indiquent ces intellectuels à travers leur manifeste dont copie a été transmise à été transmise à Ouestafnews.

Selon ces personnalités réunis autour d’une structure dénommée Forum pour le Mali (Foram), les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui occupe l’essentiel des villes du nord et qui viennent d’y proclamer l’indépendance de l’Etat de l’Azawad, accèdent à une vieille revendication « avec la complicité de la communauté internationale ».

« C’est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu’ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d’Amérique leur ont demandé de ‘cesser’ les opérations militaires », accuse le Foram.

« La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l’Azawad… la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire », précise ce texte signé par une vingtaine d’intellectuels ouest africains dont la militante altermondialiste et ancienne ministre de la Culture du Mali Aminata Dramane Traoré, l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop ou encore l’économiste nigérien Abdoulaye Niang.

Ces derniers n’ont pas manqué de fustiger la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), coupables à leurs yeux d’avoir imposé un embargo économique et diplomatique contre le régime putschiste en place à Bamako.

Les militaires à la tête du putsch ont justifié leur action par le sous-équipement de l’armée face au rebelles, décrits comme puissamment « armés ». ils ont donc décidé déposer le président démocratique élu Amadou Toumani Touré qu’ils jugent responsable de la situation.

Après un ultimatum de 72 heures, donné aux militaires, pour un retour à l’ordre constitutionnel, la Cedeao a mis ses menaces de sanctions diplomatiques et financières à exécution depuis 2 avril 2012. Ces sanctions se traduisent par le gel des avoirs du pays, la fermeture des frontières et la suspension des programmes d’aide au développement. Des sanctions qui ne font qu’aggraver le calvaire des Maliens, selon le Foram.

« La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d’Etat s’aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer », peut-on encore lire dans le texte.

Toutefois, les sanctions de la Cedeao, accompagnée d’une médiation menée par le président du Burkina Faso Blaise Compaoré, promet un dénouement heureux avec la levée des sanctions.

«Nous allons tout mettre en œuvre pour que ces sanctions soient non seulement suspendues, mais complètement levées et abandonnées. Nous en sommes sur le chemin », a d’ailleurs indiqué le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibril Bassolé à la suite d’une rencontre avec le chef de la junte le capitaine Amadou Aya Sanogo. Ce dernier a par la suite lui-même annoncé dans la soirée du 6 avril 2012 la remise du pouvoir aux civils, sans indiquer de date précise.

Dans sa volonté de faire plier la junte, la menace d’une intervention militaire a aussi été brandie par la Cedeao qui promettait l’activation de la « Force en attente » de la Cedeao qui compte entre 2000 et 3000 hommes, selon les sources.





Samedi 7 Avril 2012
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