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Mali : fragile accord et retour des ‘djihadistes’

Ouestafnews - A peine est-il signé que l’Accord d’Alger, entre le gouvernement malien et les divers groupes armés indépendantistes du nord du Mali, est déjà dans ce qui ressemble fort bien à une impasse.
Moins de deux semaines après la fastueuse cérémonie de signature, les menaces surgissent de toutes parts e fragilise les espoirs d’une paix durable.


Sur le terrain c’est toujours la méfiance et dans certaines parties du pays, les attaques revendiquées par les goupes « djihadistes » ont refait surface.

Débutées à la mi-juillet 2014, le cycle des négociations d’Alger n’a abouti à la signature définitive que près d’une année plus tard, le 20 Juin 2015.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui prétend fédérer les groupes « indépendantistes » a entretenu le flou pendant plusieurs semaines, réclamant des modifications au texte du médiateur algérien avant de s’y plier. Non sans une pression internationale.

Un accord, mais pas la confiance

L’accord, que l’on dit « garanti par la France », ne présente pas aux yeux d’une bonne partie de l’opinion publique malienne les conditions d’une paix durable et d’un respect de l’intégrité territoriale du Mali dont la partie nord est sujette aux velléités indépendantistes et à la menace djihadiste.

Toutefois, tout en restant ferme sur son refus d’une quelconque autonomie encore moins d’un système fédéral au Nord, Bamako a concédé aux ex-rebelles, la levée des mandats d’arrêts qui pesaient sur une dizaine de décideurs de la CMA.

En outre les « ex-rebelles » comme on les appelle désormais vont bénéficier de la mise en place d’assemblées régionales, élues au suffrage universel, une politique de décentralisation, donc à défaut d’arracher l’autonomie de l’Azawad.

« C’est une autonomie de fait qui ouvre un boulevard à la partition » déclarait à la presse, Tiébilé Dramé, ancien ministre malien des Affaires étrangères.

Très critique elle aussi, « Mali Té Tila », une association de la société civile malienne dans un document obtenu par Ouestafnews, qualifie l’Accord d’Alger de « tragi-comédie ».

La CMA accuse

Dans un communiqué publié le 29 juin soit seulement neuf jours après, la signature de l’Accord d’Alger, la CMA accusait déjà, le gouvernement de ne pas honorer ses engagements dans le volet sécuritaire.

Selon les accusations formulées par la CMA, Bamako a « flagramment (sic) violé » certains points, « en déployant son armée dans la ville de Ménaka où elle patrouille dans la ville et dans ses alentours au moments où les milices qui lui sont affiliées ont progressé de plus de cent (100 ) km à l'Ouest de Ménaka ».

Selon la CMA, les troupes fidèles au gouvernement ont « aussi intensifié leurs attaques contre les populations qui leur sont hostiles par des actes d'exécution sommaires, vandalisme, braquages et tortures ».

De fortes accusations du reste très peu prises au sérieux à Bamako, où des éditorialistes ont vite soupçonné la CMA, de préparer d’ores et déjà son retrait de l’Accord d’Alger, en essayant dès à présent de dégager leur responsabilité.

Signe du peu de confiance dans la solidité, voire la sincérité des signataires, l’Organisation des Nations-Unies (Onu) a déjà prévu des sanctions contre tout contrevenant à l’Accord d’Alger.

Retour de l’hydre « djihadiste » ?

A la fragilité de l’accord paraphé le 20 juin 2015 et au défis sécuritaire qui persiste au Nord, est venu s’adjoindre le retour des islamistes notamment Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), Ansardine et le Mouvement pour l’unicité et le Djihad en Afrique de l’ouest (Mujao). On pensait ses mouvements anéantis en janvier 2013 par les militaires français à travers l’opération Serval. Ils ont montré qu’ils n’avaient en fait qu’hiberné.

Ces islamistes armés qui furent un temps maitres de tout le nord du Mali, ont choisi l’après 20 juin 2015 pour réapparaître avec une nouvelle méthode faite d’attaques isolés et fugaces. En plus, ils ont su déplacer en leur centre d’action vers des localités proches de la frontière ivoirienne pour le cas particulier d’Ansardine et du Mujao.

Courant juin 2015, trois attaques similaires ont été perpétrées, dans le Sud-est à Misséni , à Nara (près de la frontière mauritanienne) et Fakola, ville proche de la Côte d’Ivoire. La menace est si réelle que la Côte d’Ivoire a décidé en collaboration les troupes de la mission des nations –unies en Côte d’Ivoire (Onuci) de seconder l’armée malienne dans les opérations de ratissage contre les assaillants.

A la suite de ces événements, le groupe Ansardine a lui formellement proféré des menaces contre la Côte d’Ivoire et la Mauritanie du fait de leur soutien à l’action militaire française au Mali.

Risque de régionalisation

De l’avis du journaliste et écrivain mauritanien Lemin Ould Salem, interrogé par Radio France internationale, il s’agit-là de menaces à ne pas prendre à la légère.

Pour rappel, le 25 juin 2015, les autorités maliennes annonçaient l’arrestation en terre ivoirienne du cerveau de l’attaque de Misséni qui avait fait un mort et deux blessés dans un camp de l’armée malienne.

Si les djihadistes et auteurs présumés des attaques précitées ont pris le soin de ne s’attaquer qu’a des symboles de l’Etat malien, ce 2 juillet 2015 par contre une attaque revendiquée par Aqmi, entre Goundam et Tombouctou (Nord) a fait cinq morts et sept blessés parmi les Casques bleus de la Minusma, dont le mandat au Mali vient fraichement d’être renouvelé.

Pour le gouvernement malien qui a fermement condamné l’attaque dans un communiqué, il s’agit d’ « actes terroristes qui visent à saboter le processus de paix et de réconciliation en cours » et qui « n’entament en rien sa détermination à honorer tous ses engagements souscrits dans l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali ».


Vendredi 3 Juillet 2015
Ouestaf News
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