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Mali : nouveau gouvernement, vieux démons

Ouestafnews - Le gouvernement « d’union nationale » qui vient d’être mis en place au Mali et formé à la suite d’une recommandation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), n’est pas parvenu à faire taire les vieilles querelles entre différentes forces politiques qui plombent la vie de l’Etat malien depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012.


Mise en place ce 21 août 2012 par le président Dioncounda Traroé à la suite de longues tractations, cette nouvelle équipe est supposée ramener l’ordre républicain à Bamako et assurer la reconquête du nord (sous occupation des groupes islamistes radicaux armés).

Aussi bien au Mali que dans le reste de la sous-région, l’accueil réservé à ce nouveau gouvernement n’est gère enthousiaste.

Ce gouvernement est « parti pour être la source de graves dissensions », écrit le quotidien malien le Républicain dans sa livraison du 22 août 2012. Le journal annonce une fronde à venir de la part de plusieurs formations politique et de la société civile contre ce nouveau gouvernement.

Pour ces organisations « le Gouvernement d’union nationale que le tandem Dioncounda Traoré-Cheick Modibo Diarra (premier ministre reconduit) vient de proposer aux Maliens, est loin d’être l’attelage qui était attendu. Certains vont jusqu’à dire qu’en lieu et place d’un nouveau gouvernement », ajoute le Républicain.

Certaines figures de la vie politique malienne ont d’ores et déjà indiqué leur désaccord, à l’image d’Omar Mariko, leader du parti Sadi (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance).

Par la voix d’un des ses responsables Malik Ibrahim Maïga la Coalition des ressortissants du nord Mali (Coren) a aussi exprimé son désaccord par rapport à ce gouvernement.

Interrogé par Radio France international, M. Maïga a principalement déploré l’absence dans cette équipe de la communauté Songhaï, ethnie majoritaire au nord.

« Tout ça pour ça ! » s’est exclamé un autre quotidien bamakois, l’Indicateur Renouveau avant d’ajouter que le Mali à là « un gouvernement théoriquement d’union nationale, mais dans la pratique à mille lieues de là ».

De son côté, Salimata Fofana, signe un édito dans Le Combat, pour critiquer la place « réservée aux femmes dans ce gouvernement. « On constate que les femmes sont de plus en plus exclues du gouvernement. La preuve : au fil du temps, leur nombre diminue ou reste inchangé ».

«Ce sont les hommes qui se partagent la belle part du ‘gâteau’ car seulement 3 femmes, ce n’est guère un chiffre encourageant pour la promotion féminine », écrit l’éditorialiste.

Contrairement à ces quotidiens maliens qui s’attardent sur la forme, au Burkina pays voisin du Mali et principal médiateur dans la crise, la presse tout en saluant la formation du nouveau gouvernement se concentre sur l’objectif principal fixé à ce nouveau gouvernement, à savoir la reconquête du nord du Mali contrôlé par les islamistes armés.

« On a trop perdu du temps à ‘normaliser’ la situation à Bamako », estime le quotidien Sidwaya (gouvernemental) qui espère qu’avec « la formation de la nouvelle équipe gouvernementale, et on est en droit de l’espérer, les autorités maliennes ne devraient plus tergiverser à Bamako, mais plutôt consacrer leurs énergies pour reprendre le Nord ».

« Une fois relevé le défi de stabiliser les institutions à Bamako, il ne devrait pas y avoir une minute à perdre pour monter à l'assaut de ces fous d'Allah qui enrégimentent le septentrion malien. Et ce serait certainement le plus dur à faire », renchérit un autre quotidien burkinabé L’observateur Paalga (privé).

Ce nouveau gouvernement contrairement au précédent comprend 31 ministres contre 24 pour le précédent. Quelque 18 ministres ont été reconduits à leur poste, 13 entrées et six départs ont été enregistrés. Parmi les départs les plus remarquables, ont note celui de Sadio Lamine Sow des Affaires étrangères et Hamadoun Touré, du ministère de la Communication qui était également porte-parole du gouvernement.

Ce gouvernement est aussi marqué par la création d’un ministère des Affaires religieuses et du culte.

Dans un communiqué daté du 21 août 2012, la Cedeao affirme avoir pris note de la formation de ce nouveau gouvernement dont il espère qu’il « prendra sans délai des mesures nécessaires pour relever les énormes défis actuels à savoir la stabilisation de la transition, le rétablissement de l’unité et de l’intégrité territoriale et la conduite d’élections libres et transparentes… ».

Mercredi 22 Août 2012
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