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Mali : transition en panne, nouvelles menaces de la Cedeao

Ouestafnews - La Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao, 15 pays) a une nouvelles fois menacé de réactiver les sanctions économiques, financières et diplomatiques contre l’ex- junte militaire au Mali, accusée de saboter la transition actuelle.


La cedeao avait imposé une première fois des sanctions contre la même junte au lendemain du coup d’Etat militaire du 22 mas 2012, mais celles-ci avaient été levées depuis le 06 avril 2012, suite à la signature d’un accord-cadre instituant le gouvernement de transition dirigé par des civils.

« Au moment où le nord du pays est toujours sous occupation rebelle, le refus persistant du capitaine Amadou Sanogo et de la junte de concentrer leur efforts sur le recouvrement de l’intégrité territoriale de la nation et ses tentatives de marginalisation du gouvernement de transition sont vraiment regrettable », souligne la Cedeao dans une déclaration transmise à Ouestafnews.

« Le capitaine Sanago et ses alliés doivent réaffirmer leur volonté d’arriver à un accord et de s’abstenir par la suite de toute interférence sous peine d’une réactivation des sanctions prises le 02 avril et suspendues suite à la signature de l’accord cadre le 06 avril 2012 », a prévenu la Cedeao.

Ces sanctions concernent notamment, le gel des avoirs des membres de la junte et de leurs alliés, le gel des comptes du Mali au sein de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (Bceao) et la fermeture des frontières du pays avec les autres membres de la Cedeao.

Selon l’accord signé à Ouagadougou, la junte céder la place au gouvernement de transition. Pour le moment, les négociations menées avec les parties prenantes, sont toujours dans l’impasse. L’ex-junte s’oppose au maintien de Dioncounda Traoré, l’actuel président de la transition dont le mandat s’achève le 22 mai 2012.

En réaction à la sortie de la Cedeao, le capitaine Sanogo a dans une déclaration parvenue à Ouestafnews , affirmé que le Comité de Redressement de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat (CNRDRE, junte ) « ne sera jamais un problème, mais plutôt une solution ».

En vue de trouver une solution au blocage actuelle, il a demandé au premier ministre de la transition, Cheikh Modibo Diarra, l’organisation d’une « convention regroupant toutes les forces vives de la nation ». Une ^première tentative d’organiser une telle rencontre s’était opposé au refus de l’essentiel des partis politiques.

« Cette convention sera placée sous la haute présidence de son excellence Monsieur Dioncounda Traoré, Président de la république par intérim, avec comme point focal: le choix du futur président ou de la future présidente de la transition. C'est à dire l'homme ou la femme de leurs choix », a ajouté le capitaine, que d’aucuns soupçonnent de nourrir une ambition présidentielle.

Auparavant une transition de douze mois avait été fixée par la Cedeao, qui a par la suite reculé face aux protestations du capitaine Sanogo, qui a réussi à obtenir le maintien des 40 jours fixé par la constitution malienne. Le capitaine Sanogo et ses partisans sont également opposés à l’envoi de forces militaires étrangères au Mali, pays dont la partie nord est aujourd’hui occupé par les rebelles du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et leurs alliés islamistes.

Au sein du gouvernement de transition, le CNRDRE avait réussi à obtenir trois ministères dont celui de la défense. Lors du premier conseil des ministres tenu par ce même gouvernement, le mercredi 09 mai 2012, l’amnistie qui sera accordé aux auteurs du coup d’Etat et à leurs alliés, a été un des principaux sujets de discussion.

Cette « amnistie accordée (aux membres de la junte) couvre toutes les infractions ainsi que leurs tentatives ou complicités, prévues et punies par les textes en vigueur commises sur le territoire national en lien avec la mutinerie ayant abouti à la démission du Président de la République », soulignait le communiqué de ce conseil des ministres.

Le 22 mars 2012 la mutinerie des soldats protestant contre leur manque de moyens logistiques face aux rebelles, puissamment armés, s’est finalement transformé en coup d’Etat avec l’éviction du président démocratiquement élu Amadou Toumani Touré du pouvoir. Ce dernier est aujourd’hui en exil à Dakar.


Lundi 14 Mai 2012
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