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Mines : le géant Arcelor-Mittal entre deux feux en Afrique de l’ouest

Ouestafnews – Installations saccagées et pillées au Liberia et lourdement soupçonné de ne pas faire dans la transparence au Sénégal, Arcelor-Mittal, le leader mondial de l’acier fait face à deux fronts brûlants en Afrique de l’ouest.


Les manifestants libériens à l’origine du pillage de ses installations l’accusent de ne pas respecter ses engagements, alors qu’au Sénégal, il est soupçonné par la société civile de s’être engagé dans un « deal » flou avec l’Etat sénégalais à propos du règlement d’un litige opposant les deux parties sur les mines de fer de la Falémé (est du Sénégal).

Dans la journée du 03 juillet 2014, des ressortissants de Yekepa (environ 500 km de Monrovia ont exprimé leur colère, devenue intenable. Jeunes pour la plupart, armés de machettes et de fusils de chasse, selon la presse locale, ils ont investi le site d’exploitation de la compagnie qu’ils ont pillé et incendié.

Motif de cette colère : le non-respect par Arcelor-Mittal de ses engagements envers leur communauté, notamment le versement de la compensation promise aux agriculteurs et propriétaires terriens délogés depuis le début de l’exploitation de la mine en 2011.

Les affrontements avec la police anti-émeute ont provoqué plusieurs blessés graves de part et d’autres et abouti à l’arrestation d’une dizaine de manifestants, selon les autorités libériennes.

L’attaque continue encore de faire grand bruit dans la presse locale. Toute la semaine, la police a continué à investir des domiciles à Yekepa à la recherche d’équipements emportés par les manifestants, et dont une bonne partie a été récupérée, selon le site du ministère de l’information.

Arrivé dans le pays en 2005, Arcelor-Mittal a démarré l’exploitation de la mine de Yekepa en septembre 2011 suite à un accord avec l’Etat libérien, qui lui a accordé un bail de 25 ans.

Selon les termes de cet accord, le géant indien de la sidérurgie devrait investir au total, deux milliards de dollars US dans le projet qui comporte aussi la réalisation d’infrastructures, comme la construction d’une ligne de chemin de fer entre la zone de production et la côte.

Arcelor-Mittal qui ne s’est pas trop épanché le fond de cette affaire, s’est juste contenté de prendre acte de la « réactivité » du gouvernement libérien qui a promis de traduire en justice les personnes appréhendées.

Au moment où au Liberia on attend que la compagnie apporte des réponses aux accusations des manifestants de Yekepa, au Sénégal, les observateurs attendent aussi d’être édifiés sur le « règlement à l’amiable « conclu avec l’Etat Sénégal à propos du litige sur le gisement de fer de la Falémé.

Sur la base de cet accord, rendu public en juin 2014, l’Etat sénégalais, annonçait le versement prochain de 75 milliards FCFA par Arcelor-Mittal. Une annonce qui a immédiatement créée les contestations de la société civile notamment le Forum civil (section sénégalaise de Transparency international).

Aujourd’hui de forts soupçons de corruption entourent cette affaire. Les observateurs ne comprennent pas le fondement et le montant dérisoire de cet accord, alors que la justice internationale, notamment la Cour arbitrale de Paris a donné raison au Sénégal, qui pourrait, selon les estimations de certains experts, empocher 250 milliards FCFA, en lieu et place de 75 milliards.

En 2009, Arcelor-Mittal avait conclu un contrat avec le Sénégal pour l’exploitation du gisement de la Falémé avant de se désister par la suite. Mis sur la sellette, le ministre sénégalais des Finances, Amadou a écarté toute idée de malversation dans cette affaire, sans réellement convaincre.

Déjà que l’arrivée d’Arcelor-Mittal au Sénégal s’était fait sur des soupçons de corruption avec le précédent régime d’Abdoulaye Wade, ce qui avait valu au Sénégal un procès intenté par les Sud-Africains de Kumba Resources, initialement attributaire du site avant d’être évincé au profit du géant indien.

Le cas d’Arcelor-Mittal n’est pas unique. Les gouvernements africains sont souvent accusés de conclure des contrats opaques et peu favorables aux populations dans le secteur minier. Les importantes ressources en jeu dans ces contrats font de quelques « intermédiaires », tapis dans les palais présidentiels ou dans les ministères, de nouveaux milliardaires au détriment des pays concernés.

Toutefois, les révélations de la presse africaine combinées aux dénonciations de la société civile commencent à porter leurs fruits, aussi maigres soient-ils, comme l’ont prouvé les difficiles renégociations pour le renouvellement du contrat entre l’Etat du Niger et l’entreprise française Areva qui exploite depuis plusieurs décennies l’uranium nigérien au seul profit de la France.

Mercredi 9 Juillet 2014
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