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Nigeria : Buhari, le pétrole et la corruption

Ouestafnews - Quatre mois après son accession au pouvoir, le président Muhammadu Buhari fait face à une situation économique difficile avec la chute continue des cours mondiaux du brut. Le président est en outre très attendu pour mettre de l’ordre dans ce secteur stratégique de l’économie nigériane, longtemps gangrené par la corruption.


Dans le second trimestre de l’année 2015, la chute du baril sur la marché international est durement ressenti par le Nigeria. Selon une note de la Banque centrale du Nigeria, publiée le 07 octobre 2015 et consultée par Ouestafnews, les revenus pétroliers ont enregistré une chute de 372 milliards de Nairas ( 1 million de Nairas équivaut à 2,9 millions FCFA, selon le taux actuel) entre juillet et septembre 2015.

« Durant cette période, la part du pétrole dans les revenus collectés au niveau fédéral ressort à 839,02 milliards de Nairas soit une chute de 30,7% par rapport au premier trimestre 2015 », indique la Banque centrale.

Buhari, ministre du pétrole

Le président Buhari, qui a promis une transparence totale dans la gestion de cette composante clé de l’économie, s’est attribué la gestion du ministère des Ressources pétrolières. Pilier de l’économie nigériane, ce secteur qui représente 70% des exportations du pays et assure 90% de ses recettes en devises, est miné par une gestion scandaleuse depuis des décennies.

Alors que le régime de Goodluck Jonathan vivait ses dernières heures, le gouverneur de la Banque centrale Sanussi Lamido avait été poussé à la sortie après avoir demandé publiquement des comptes au gouvernement sur la disparition de 20 milliards de dollars, une partie des recettes pétrolières jamais parvenues dans les caisses de l’Etat fédéral.

« Il est inconcevable que cette affaire ne soit pas tirée au clair », a martelé le président Buhari, lors d’une réception offerte à des dignitaires de son parti début octobre 2015 à Abuja.

Avec sa double casquette de président de la république et de ministre, Muhammadu Buhari entend mettre de l’ordre dans ce secteur où, en plus des détournements présumés de fonds, pas moins de 250.000 barils de pétrole brut (soit 10% de la production nationale quotidienne) sont volés chaque jour, d’après un chiffre fourni par le président Buhari en personne.

Alison-Madueke, l’ex-ministre du pétrole accusée de blanchiment

Alors que la Banque centrale publiait ses chiffres moroses sur le pétrole, la presse locale bruissait de de la brève arrestation de l’ex- ministre du pétrole sous le régime de Goodluck Jonathan, Diezani Alison-Madueke.

Cette dernière soupçonnée de « blanchiment d’argent » par la justice britannique a été arrêtée et libérée sous caution, le 03 octobre 2015 à Londres. Par la suite près de 40.000 livres sterling ont été saisis ces deux derniers au sein de l’entourage de Mme Alison-Madueke qui a occupé ce poste stratégique de ministre des Ressources pétrolières durant tout le second mandat de Goodluck Jonathan entre avril 2010 et mai 2015.

L’affaire Alison-Madueke qui, pour certains observateurs, n’en est qu’a ses débuts a suscité beaucoup de réactions dans les réseaux sociaux. Loin d’être gagnés par la surprise à propos de ce blanchiment d’argent présumé, certains de ses compatriotes se sont attardés sur le train de vie de cette dame qui voyage en jet privé.

Recevant des membres de la diaspora nigériane, le 21 juillet 2015, en marge d’une visite officielle à Washington, le président Buhari avait décrété la « tolérance zéro » contre les corrompus, quelque soit leur obédience politique.

« Les Nigérians doivent retrouver la confiance envers la gouvernance publique, c’est pour cela que la lutte contre la corruption sera un travail quotidien pour le gouvernement fédéral », avait-il martelé.

En plus du malaise constaté dans le secteur pétrolier, l’économie nigériane, la plus puissante du continent, souffre aussi d’une chute des revenus dans ses autres segments. Selon la Banque centrale du Nigeria, une chute de 23,4% a été enregistrée dans les revenus issus du secteur non-pétrolier, durant le second trimestre 2015.

Les recettes issues de ce secteur s’élèvent actuellement à 844 milliards de Nairas contre 646 milliards de Nairas durant le premier trimestre de cette année. Une dépréciation qui est aussi liée à la baisse des prix de brut, selon les explications fournies par la Banque centrale.

Jeudi 8 Octobre 2015
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