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Nigeria le géant s’effondre, sale temps pour Buhari

Ouestafnews – La crise économique que vit le Nigeria, entrée officiellement en récession depuis août 2016, n’est pas près de s’estomper au regard des derniers chiffres officiels.


La descente aux enfers, en grande partie occasionnée par la chute du prix des produits pétroliers, a coïncidé, malheureusement pour lui, avec l’arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari, qui avait fait campagne en promettant de « redresser » un pays miné par la gabegie et la corruption. .

Aujourd’hui, la morosité économique affecte durement les finances publiques et le secteur bancaire privé.

« Au troisième trimestre de 2016, le Produit intérieur brut a subi une contraction de -2,24%, comparé à la même période de l’année précédente », note la National Burau of Statistics (NBS) dans son rapport consulté par Ouestafnews.

Pour la première fois depuis plusieurs décennies, l’économie nigériane, qui s’était un moment hissée à place de première la première du continent africain, est entrée en récession en Aout passé.

Au cours de ce trimestre, le pays continue de subir le calvaire causé par la baisse prolongée des prix du baril, qui prive l’Etat fédéral d’une partie conséquente de ses revenus habituels.

Le rapport de la NBS met en lumière une baisse continue de la production de pétrole, cette fois largement imputable aux attaques des groupes armés dans le Delta du Niger.

« Entre 2015 et 2016, le secteur pétrolier a subi une contraction de 22% (...) et la production est passé de 1,69 à 1,63 millions de barils par jour », lit-on dans ce rapport publié le 21 novembre 2016.

Le pétrole assure 70% des revenus de l’état nigérian et 95% des revenus d’exportations selon des chiffres du ministère du Budget et de la planification.

Quid du secteur non-pétrolier ?

Marqué par la dévaluation du naira, le secteur non pétrolier n’est guère mieux loti.

« La production industrielle enregistre une baisse de 4,4% soit la troisième chute consécutive notée durant les trois derniers trimestre » indique, le rapport.
Une situation encore plus grave au niveau du secteur de la construction où une contraction de 6,1% est notée, soit la cinquième baisse consécutive constatée en cinq trimestres.

Pour le Fonds monétaire international (FMI), la chute des revenus pétroliers, combinée à la rareté des devises sur le marché peut conduire à une chute du PIB de l’ordre de 1,7% à la fin de l’année en cours.

Alors que ces chiffres de plus en plus inquiétants circulent, les autorités financières du pays, multiplient les discours optimistes.

Lors d’une rencontre avec la presse à Lagos, en septembre 2016, le gouverneur de la Banque centrale, Godwin Emefiele assurait déjà que le « pire est dépassé », misant entre autres sur la somme d’un milliard de dollars promis par des investisseurs étrangers.

Le président Buhari au cours de mois de novembre 2016 a vu sa stratégie de sortie de crise contrariée par le Sénat, qui a rejeté son plan d’investissement rejeté, de même que son projet d’emprunt de 30 milliards de dollars sur le marché financier international.

Deux projets tour à tour rejetés par les sénateurs pour défaut de « plan détaillé ».

C’est don le statu quo qui demeure dans le pays le plus peuplé d’Afrique, qui continue de pâtir des chocs externes en particulier de la modicité des cours du brut sur le marché international.

La « lente reprise économique » annoncée courant 2016 par la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport sur les perspectives africaines tarde à réellement se manifester dans le pays.

Les banques en rade

Subissant de plein fouet la dépréciation du naira, les banques locales sont aussi en proie à une crise, au regard des rapports et alertes issus des agences de notation.

Un rapport de l’agence Moody’s publié début octobre 2016 met en exergue un besoin de refinancement de cinq grandes banques (Zenith, UBA, Acess Bank, First Bank et Guaranty Trust qui représentent à elles seules près de 50% du secteur).

La dévaluation de la monnaie locale et l’inflation à la hausse sont à l’origine de l’accroissement des prêts dit « non performants » ou « non productifs ». Ces créances contreproductives qui étaient de l’ordre de 5% en décembre 2015, risquent d’atteindre 12 % dans les mois à venir, d’après l’analyse de Moody’s.

Front social en ébullition

La récession économique qui frappe le Nigeria coïncide aussi avec l’avènement de nouveaux groupes d’autodéfense dans le Delta du Niger, particulièrement le Niger Delta Avengers (NDA).

Après plus de huit mois d’attaque et de sabotage des installations pétrolières qui ont en grande partie amputé la production journalière en brut, ce groupe armé a signé en août 2016 un cessez-le-feu et a exprimé son désir de pourparlers avec le gouvernement fédéral.

Un calme précaire puisque des actes de sabotages et des attaques sont toujours signalés dans cette région pauvre du Delta du Niger qui recèle pourtant l’essentiel de la richesse pétrolière du pays.

Désireux de voir une meilleure redistribution des retombées du pétrole, les groupes armés sonnent régulièrement la révolte contre le pouvoir central qui peine à satisfaire cette vielle doléance.

En plus de ce dossier, le gouvernement de Buhari doit aussi faire face à un autre cas : la résurrection de l’irrédentisme des Biafrais. Depuis décembre 2015, cette épineuse question s’est ajoutée aux autres défis (insurrection de Boko Haram, crise économique…) qui plombent l’administration Buhari.

Un rapport publié par Amnesty, ce jeudi 24 novembre 2016, souligne que l’armée nigériane a tué au total pas moins de 150 militants « pacifiques » pro-Biafra entre août 2015 et août 2016.

Selon Amnesty ces personnes ont été tuées durant des manifestations que les forces de sécurité réprimaient en tirant au hasard dans la foule. Une accusation démentie aussitôt par l'armée nigériane.

Jeudi 24 Novembre 2016
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