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Présidentielle au Niger : Issoufou sur les pas de Ouattara et Condé ?

Ouestafnews - Le président nigérien Mahamadou Issoufou va remettre en jeu son mandat dans quatre mois. Une reconquête du pouvoir qui s’annonce compliquée face à une opposition qui dénonce depuis plusieurs mois le manque de fiabilité du processus électoral.


Après, une marche dispersée par les forces de l’ordre en janvier 2015, la coalition de l’opposition a pu exprimer publiquement son désaccord avec le régime, le 02 novembre à travers une marche pacifique qui a réuni plusieurs milliers de Nigériens dans la capitale, Niamey.

L’audit complet du fichier électoral, que l’opposition dit « truffé d’irrégularités », reste la principale revendication de l’Alliance pour la réconciliation, la démocratie et la république (ARDR), la coalition des principaux partis de l’opposition rebaptisée entre temps Front patriotique et républicain (FPR).

Le fichier électoral, fruit de la discorde

Les plaintes de l’opposition sur le ficher ont pris naissance au lendemain de la publication de la liste électorale définitive en juin 2015. Dénonçant un défaut de « consensus », et des « irrégularités », la coalition accuse le camp du pouvoir de préparer un « passage en force », et annonce son rejet formel du calendrier électoral.

Selon le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, le parti au pouvoir), les arguments de l’opposition, « ne tiennent pas debout ». Son président Mohamed Bazoum, suite aux dénonciations des opposants, assurait dans la presse que le fichier électoral constitue « le fruit d'une démarche consensuelle (…) validée par l’opposition et la majorité ».

Toutefois, les griefs de l’opposition trouvent un écho favorable chez les membres du Comité d’élaboration du fichier électoral (CFE). Face à la presse, ses membres ont reconnu avoir commis des « erreurs ».
« Il y a des cas d’électeurs indûment inscrits, des mineurs et des non Nigériens inscrits sur les listes », a reconnu Sabiou Gaya, l’adjoint au coordonnateur du Comité chargé de l’élaboration du fichier électoral (CFE). « Nous sommes conscients des enjeux, nous travaillons à corriger toutes ces imperfections », a promis M. Gaya.

Issoufou, réélu ou recalé ?

Après quatre tentatives infructueuses, Mahamadou Issoufou (né en 1952) a été élu au second tout en 2011, à la tête du Niger avec 57% des voix. Vu le contexte, sa réélection risque d’être très difficile pour cet ancien président de l’assemblée nationale.

Outre le front ouvert sur le « fichier électoral », l’opposition à travers ses représentants à l’assemblée nationale a aussi déposé le 11 novembre 2015, une requête (rejetée par le parlement) pour demander la «mise en accusation» du président Issoufou pour «haute trahison».

Les auteurs de la requête, reprochait au Président Issoufou sa gestion du dossier de l’Uranium, notamment la reconduction de la convention signée avec le géant français de l’uranium Areva. Ces députés de l’opposition accusaient le président Issoufou d’avoir bradé la « richesse nationale ».

Sur le terrain économique, la croissance économique (3,8% en 2011) s’est accélérée en 2014 pour atteindre 6,5 %, grâce au rebond de l’agriculture et à d’importants projets d’investissements publics, selon la banque mondiale qui précise « que l’économie du Niger se porte bien ».

Bien que très faible, la production pétrolière (12.000 barils/jour) a généré des recettes qui ont permis de
compenser l’incertitude régnant autour de la production d’uranium, causée par l’insécurité qui prévaut dans le nord du pays.

Le premier tour de la présidentielle, couplé à des législatives, est prévu le 21 février 2016. Quelques 7,5 millions d’électeurs sont attendus aux urnes sur une population totale de 17 millions d’habitants.

Ces élections couplées vont aussi se dérouler dans un contexte sécuritaire difficile, marquée par la lutte transfrontalière contre la secte Boko Haram. Une bataille dans laquelle le Niger est impliqué aux côtés de son voisin nigérian en même temps que le Bénin, le Cameroun et le Tchad.

Particulièrement touchée par les incursions et attaque meurtrières de Boko Haram, la ville de Diffa et sa région vivent sous état d’urgence depuis le début de l’année 2015.

Fin octobre 2015 alors que le parlement venait une nouvelle fois de prolonger la durée de l’état d’urgence pour trois mois supplémentaires, une attaque y a coûté la vie à 15 personnes.

Lundi 23 Novembre 2015
Ouestaf News
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