Lundi 15 Mars 2010








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Sauver la Guinée, repenser l’Afrique (LIBRE OPINION)


A l’époque il n’était pas encore de coutume de « condamner » de manière quasi unanime et aussi systématique les coups d’Etat en Afrique. On les condamnait suivant les clivages idéologiques entre l’Ets et l’Ouest, suivant les allégeances des putschistes et suivant les alliances régionales et sous-régionales du moment.
On était loin du tumulte des « conférences nationales » de la décennie 90 qui finirent par amplifier et cristalliser l’aspiration des peuples à une gouvernance démocratique et à plus de justice sociale.
A l’OUA, qui n’était pas encore devenue l’U.A, la seule politique applicable lorsque survenait un coup d’Etat était alors celle de la « non-ingérence » dans les affaires intérieures des Etats-membres.
L’article 3 de la charte de la défunte OUA entérinait les principes suivants comme fondement de son existence: « Egalité souveraine de tous les Etats membres; Non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats; Respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de chaque Etat et de son droit inaliénable à une existence indépendante ».
Dans de telles conditions, ni l’OUA ni aucun Etat africain ne pouvait s’en prendre aux militaires guinéens de l’époque. Lansana Conté pouvait régner, participer à l’aise aux sommets de l’organisation panafricaine sans critique ouverte de la part de ses « pairs » africains et sans grand risque.
Aujourd’hui 24 ans après, alors que pour la Guinée l’histoire semble se répéter et que le pays se trouve une nouvelle fois à la croisée des chemins, le contexte africain a, lui, sensiblement évolué.
Au principe sacro-saint de « non-ingérence » édicté plus haut, l’Afrique a accouplé celui du droit ou du devoir d’ingérence, principe sur lequel s’appuie l’Union Africaine pour «condamner» la prise du pouvoir par les militaires guinéens et exiger un « retour à l’ordre constitutionnel ».
Avec la naissance de l’Union Africaine (U.A), et contrairement à ce que l’on croit généralement, la règle de la « non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats membres» reste toujours un des « principes » fondateurs de la nouvelle Union. La clause est clairement posée dans les mêmes termes dans l’article 4 de l’acte constitutif de l’U.A qui a été définitivement adopté le 11 juillet 2000 à Lomé.

Dimanche 28 Décembre 2008

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