Lundi 15 Mars 2010








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Sauver la Guinée, repenser l’Afrique (LIBRE OPINION)


La nouveauté cependant, c’est l’introduction dans le même article 4, qui porte sur « les principes » qui fondent l’Union, du concept « d’interdépendance » entre les Etats membres et de nouveaux paradigmes tels que « le droit de l’Union d’intervenir dans un Etat membre » ou encore « le droit des Etats membres de solliciter l’intervention de l’Union pour restaurer la paix et la stabilité » et enfin « la condamnation et le rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement». Bref, le droit d’ingérence !
Ces principes, déjà édictés à Alger l’année précédente (juillet 1999), allaient désormais guider la nouvelle politique de l’Union Africaine face à ce que d’aucuns appellent « la malédiction des coups d’Etat militaires ».
Mais n’est pas malédiction tout coup d’Etat militaire et n’est pas bénédiction tout « ordre constitutionnel » !
Ceci a été prouvé de manière fort éloquente par le putsch perpétré en Mauritanie par le colonel Mohamed Ely Ould Vall en août 2005. Ce putsch a mis fin au régime autocratique de Maaouiya Sid’Ahmed Ould Taya, ensuite d’aller vers une transition jugée « exemplaire » et enfin de porter au pouvoir pour la première fois de l’histoire de la Mauritanie indépendante un président démocratiquement élu (malheureusement destitué depuis août 2008 par un autre putsch).
A côté de la Mauritanie et plus d’une décennie plus tôt, un autre officier, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, a permis au Mali voisin de mettre fin à une violente crise politico-sociale, de destituer un régime autocratique en mars 1991 pour mener le pays vers une transition « démocratique » encore citée de nos jours en exemple en Afrique et ailleurs dans le monde.
Amadou Toumani Touré comme Mohamed Ely Ould Vall quitteront le pouvoir une fois les transitions qu’ils ont promises achevées.
Nous admettons que le contraire est tout aussi vrai avec les cas du président Blaise Compaoré du Burkina Faso (au pouvoir depuis 21 ans), de Yahya Jammeh (depuis 14 ans en Gambie) et du défunt général ivoirien Robert Gueï, pour nous limiter à quelques cas parmi les plus emblématiques en Afrique de l’Ouest où en cette année 2008, les coups d’Etat militaires semblent revenir à la mode.
La leçon à en tirer ? Il faut juger les hommes par leurs actes et les actes dans leur contexte avant de saluer ou de condamner « par principe » ou de vouer aux gémonies des « putschistes ». Plus que le putsch, c’est sa portée patriotique ou non, sa dimension salvatrice ou pas qu’il faut juger.
Mieux encore, la question de la gouvernance démocratique, que ce soit en Guinée ou ailleurs, ne se limite pas seulement à la question du « contrôle » du pouvoir. Mai c’est là un autre débat.

Dimanche 28 Décembre 2008

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