Dimanche 14 Mars 2010








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Sauver la Guinée, repenser l’Afrique (LIBRE OPINION)


Pour en revenir à la Guinée et à l’Union Africaine, la condamnation « par principe » avancée par le président de la Commission de l’U.A, M. Jean Ping, aurait eu plus de valeur et de crédibilité aux yeux des Guinéens et des autres Africains si l’Union africaine avait agi en amont.
En amont dans le contexte guinéen, c’est à dire lorsque le président Conté décidait en novembre 2001 de modifier la constitution approuvée par le peuple dans le seul but de pouvoir se représenter à la présidentielle de 2003 et de perpétuer son règne.
L’Union africaine aurait eu plus de crédibilité si elle avait averti (ou parlé avec) le président Conté et condamné cet amendement constitutionnel dans les mêmes termes et avec la même intransigeance qu’elle le fait aujourd’hui avec le capitaine Moussa Dadis Camara et ses hommes.
La condamnation de l’UA, aurait eu plus de valeur et de poids, si pendant ces trois à cinq dernières années, elle s’était mise au côté du peuple guinéen qui, ne l’oublions pas, s’est à plusieurs reprises violemment soulevé contre le président Lansana Conté et les caciques de son régime.
L’insurrection la plus mémorable de la série reste celle de janvier-février 2007, pendant laquelle le peuple guinéen tout entier, malgré la répression, a tenu tête à son « président » et ouvertement exigé puis obtenu la nomination d’hommes « neufs » aux commandes du pays.
Qu’a fait l’Union Africaine lorsque le président guinéen, une fois la tempête passée, a remis en cause les accords signés et ramené les barons de son régime aux affaires ? Rien. Absolument rien.
La même question peut aussi être adressée à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a certes eu le mérite d’avoir facilité la sortie de crise et la signature des accords entre Conté et les meneurs de la fronde contre son régime, mais qui a failli lorsque ces mêmes accords ont été bafoués par le président Conté.
Que font l’Union africaine et la CEDEAO en apprenant qu’au Niger, il y a des velléités de changer la constitution pour permettre une prolongation de la présence de Mamadou Tandja au pouvoir, lorsqu’ils apprennent que le président sénégalais Abdoulaye Wade change à sa guise la constitution sénégalaise, etc. ?
Ces quelques exemples juste pour dire que les institutions africaines pour être plus crédibles se doivent de se mettre au service de l’Afrique et des peuples Africains avant même que n’éclatent les crises ; et après de hurler avec les loups de la « communauté internationale », en usant de slogans sans aucune emprise avec la réalité.

Dimanche 28 Décembre 2008

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