Dimanche 14 Mars 2010








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Sauver la Guinée, repenser l’Afrique (LIBRE OPINION)


Et c’est en cela que les évènements de Conakry, en plus d’aider à sauver la Guinée Conakry, devraient servir de leçon et de déclic pour repenser l’Afrique, ses crises, ses institutions, son leadership…
Pour y arriver, il faudra un effort colossal qui permette de sortir des sentiers battus, avoir le courage de douter et de questionner le « politiquement correct » de la communauté internationale, qui ne nous apportera jamais la réponse à nos interrogations essentielles et existentielles, si tant est qu’elle s’y intéresse.
Les réponses idoines, à notre humble avis, ne viendront d’abord que de l’Afrique et des Africains eux-mêmes.
A ce titre, l’une des premières obligations que doivent désormais s’imposer les organisations africaines, qu’elles soient continentales ou régionales, c’est de s’armer des outils d’analyse adéquats leur permettant de décrypter les signes précurseurs des grandes crises, de déchiffrer les cris de détresse que poussent les peuples à des moments critiques de leur histoire et enfin de se doter des moyens de faire appliquer le « droit » d’ingérence que l‘U.A s’est auto-attribué.
Rappelons-nous encore le cri pathétique d’Alpha Omar Konaré qui a dirigé la Commission de l’U.A de 2003à 2008 et qui lors du sommet de Banjul de l’organisation tenu les 1er et 2 juillet 2006 disait : « nos structures, beaucoup de comportements, certaines de nos décisions mériteraient (…) des adaptations. On ne saurait aller vers une organisation d’intégration, s’il n’est pas accepté le principe de domaines de souveraineté, de domaines à partager ».
Parmi ces domaines, la paix, la sécurité, la gouvernance démocratique et la stabilité de chaque Etat membre comme incombant à la responsabilité collective, ne devraient-ils pas figurer en bonne place ?
Les Guinéens, par leurs manifestations successives ces dernières années ont plus qu’envoyé des signaux. Ils ont agi et avaient besoin d’être accompagnés dans leur action par l’U.A, qui aurait pu le faire au nom du principe de la défense de « la paix et de la sécurité » et de celui de « l’interdépendance » entres les Etats membres contenus dans l’acte constitutif de l’organisation, au même titre que le rejet des gouvernements « anticonstitutionnels».
Une telle politique, fondée sur l’anticipation, la participation, la facilitation du dialogue et l’action là où c’est nécessaire, permettrait d’éviter les impasses qui sont mères de toutes les crises, et aurait plus de mérite que les simples condamnations souvent bien tardives.

Dimanche 28 Décembre 2008

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