Sauver la Guinée, repenser l’Afrique (LIBRE OPINION)
Si l’Afrique du Sud post apartheid a réussi sa transition vers la démocratie et vers une société « non raciale » sans que cela ne se traduise par le chaos et la vengeance aveugle, c’est parce que les Sud-Africains ont accepté de sacrifier le « Non à l’impunité » à l’autel de la « réconciliation ». Ils ont préféré la paix et la stabilité à la justice (prise dans son sens étriqué de justice prononcée par des tribunaux).
Aujourd’hui, en brandissant - parce que le Nord et l’Occident le veulent - partout et aveuglément le spectre du « Non à l’impunité » contre nos chefs d’Etats, et uniquement nos chefs d’Etat d’Afrique noire (que fait-on de l’Américain George Bush, de l’Israélien Ariel Sharon, ou même du Sud-Africain Frederick De Klerk ?), on empêche plusieurs pays du continent de se donner la chance d’aller plus vite au renouvellement de leur classe politique pour se façonner un autre visage, se tracer de nouveaux destins. Or, c’est de cela que l’Afrique d’aujourd’hui a besoin, un renouvellement de sa classe politique et l’émergence d’un leadership nouveau capable de trouver des solutions alternatives audacieuses : les crises et les problèmes sont si nombreux et si complexes qu’ils exigent un esprit de dépassement, des choix certes pas toujours faciles entre justice, impunité, stabilité, réconciliation, paix civile, pardon, etc. La nature et la complexité de ces questions-là et surtout la difficulté des choix qu’elles entraînent sont telles qu’elles demanderaient peut-être un glissement de la simple analyse politique vers une réflexion à connotation …philosophique, en tout cas une réflexion pointue loin des seuls cadres étroits définis par des besoins politiques ou ceux de la « communauté internationale »! La persistance des crises nous poussent à croire qu’il faut repenser l’Afrique et y réinventer des solutions. La recrudescence des coups d’Etats peut et doit nous servir de déclic. Nous terminerons par ces propos d’Alpha Omar Konaré, prononcé lors du sommet de Banjul cité plus haut, des propos que nous faisons nôtres :«Ma conviction que l’Agenda pour l’Afrique doit être fait par les Africains eux-mêmes, ma conviction que nous devons d’abord compter sur nous-mêmes et que nous sommes, par Dieu, maître de notre destin, cette conviction est d’airain ». En vérité ces propos, et c’est là notre conviction et notre souhait à nous, devraient servir de viatique à chaque Africain pour que nous puissions enfin amorcer cette renaissance africaine tant de fois annoncée et tant de fois trahie mais toujours rêvée. *Journaliste, fondateur Ouestafnews, Dimanche 28 Décembre 2008
DANS LA MEME RUBRIQUE
|
Le fil Ouestafnews
Communiqués et déclarations
Idées & Opinions
Dans le forum
Sondage
|
Consulter la météo de votre ville |
|
|
||





ECRIVEZ-NOUS

