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Sénégal : Wade réprime, appels à la « résistance » et psychose à Dakar

Ouestafnews - Le président Abdoulaye Wade, qui fait face à une contestation de sa candidature à la prochaine présidentielle prévue au Sénégal le 26 février 2012, a décidé d’user de la manière forte pour mettre au pas ceux qui réfutent la validité de sa candidature. Ces derniers ont à leur tour appelé à la « résistance », faisant craindre le pire dans un pays pourtant jadis considéré comme un modèle de démocratie et de stabilité en Afrique de l’Ouest.


Parmi les organisations aux avant-postes de ce combat, le Mouvement « Y’ en a marre », initié par des rappeurs et essentiellement composé de jeunes. Depuis des mois il mobilise le pays et mène des actions contre la candidature du président Wade que vient de valider le Conseil constitutionnel.

« ‘Y’en a marre’ lance un appel au peuple et à tous les citoyens pour faire face à cette forfaiture jusqu’à ce que le droit soit rétabli, et que la candidature d’Abdoulaye Wade soit invalidée », a affirmé le mouvement dans un communiqué daté du 28 janvier 2012.

« Y’en a marre », mène son combat à côté du Mouvement du 23 juin (M23), une alliance regroupant plusieurs organisations de la société civile sénégalaise, des partis politiques et des personnalités indépendantes, qui a aussi lancé un appel à se mobiliser contre la présence de M. Wade sur la liste des candidats.

« Il s’agit d’un coup d’Etat constitutionnel », a commenté Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères du président Wade. Après avoir occupé ce poste pendant neuf ans, il est aujourd’hui devenu un opposant virulent au régime en place et a décidé de se présenter à la présidentielle.

Ce bras de fer tendu entre pouvoir et opposition à moins d’un mois du scrutin a fini par installer la psychose à Dakar, surtout après les violences enregistrées dans la nuit du 27 au 28 janvier 2012.

Dès l’annonce de la validation par le Conseil constitutionnel de la candidature du président Wade, dans la soirée du 27, de violentes échauffourées ont opposé des manifestants aux forces de sécurité à Dakar et dans plusieurs grandes villes du pays. Ces violences ont fait un mort dans les rangs de la police, selon les autorités.

Depuis, un impressionnant dispositif sécuritaire a été déployé dans la capitale où les forces de sécurité, police et gendarmerie notamment, sont présents à tous les points stratégiques et dans plusieurs grands carrefours, en prévision de nouvelles manifestations.

Le dimanche 28 janvier 2012, le pays entier s’est réveillé dans un climat de psychose après la convocation la veille d’une des figure de proue de la contestation, Alioune Tine, par la Division des Investigations Criminelles (Dic), police judiciaire que les Sénégalais assimilent de plus en plus à une police politique.

A présent les populations redoutent, comme cela s’est vu dans d’autres parties de l’Afrique en période électorale, une escalade de la violence dans ce petit pays d’environ 13 millions d’habitants, sans ressources et qui avait fait de sa stabilité son fond de commerce à l’international.

En dépit de l’annonce faite par le chef de l’Etat d’autoriser que tous les points de vue puissent être « exprimés » et que les manifestations pacifiques ne soient pas interdites, l’atmosphère reste lourde et climat délétère.

Déjà des SMS appelant les citoyens « à prendre des précautions » et « à faire des provisions » ont commencé à circuler via les téléphones mobiles dans la matinée de ce dimanche 28 janvier 2012.
Outre M. Tine, coordonnateur du M23,l’opposition par la voix d’un autre de ses leaders, Amath Dansokho, a dénoncé l’arrestation de « plusieurs » dizaines de ces membres, sans préciser ni le nombre exact ni les lieux de détention.

Selon un correspondant de Radio Télévision Wal-Fadjri (privée), plus d’une dizaine d’opposants ont été arrêtés à Saint Louis (Nord) alors qu’ils tentaient d’organiser une manifestation contre la candidature de Wade. Le Conseil constitutionnel doit à nouveau se pencher sur la candidature du président sortant après le dépôt (au lendemain de la publication de la liste des candidats) de plusieurs recours pour demander l’invalidation de la candidature à l’origine des tensions.

Le musicien Youssou Ndour, qui entend se présenter à la présidentielle, mais quoi vu sa candidature rejetée, a lui aussi introduit un recours pour que le Conseil constitutionnel reconsidère cette invalidation qu’il a qualifié de décision « politique ».

« Ils ont peur de moi », a-t-il notamment déclaré promettant désormais de mener la lutte jusqu’au bout et appelant le peuple à se mobiliser.

Dimanche 29 Janvier 2012
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