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Sénégal : l’odeur de l’argent sale pollue la scène politique

Ouestafnews - Sept mois après l’élection de Macky Sall à la tête du Sénégal, la gestion des affaires publiques est lourdement polluée par des accusations de corruption et de blanchiment d’argent sale portées par le nouveau pouvoir contre des dignitaires de l’ancien régime (défait le 25 mars 2012), qui accusent à leur tour le nouveau président et ses collaborateurs, notamment le Premier ministre Abdoul Mbaye des mêmes pratiques.


Banquier de profession, le Premier ministre, Abdoul Mbaye fait l’objet d’attaques tous azimuts depuis que la presse a révélé le rôle qu’il a joué en tant que directeur de la Compagnie bancaire ouest africaine (CBAO), dans une affaire de « blanchiment d’argent sale», ramené à Dakar par l’ex-président tchadien Hissène Habré, au moment de son exil vers Dakar en 1990.

Sous la direction de M. Mbaye, la CBAO (aujourd’hui rachetée par le groupe marocain Attijari Wafa bank) a mis dans le circuit financier ouest africain près de 16 milliards FCFA emportés par Hissène Habré dans sa fuite : belle occasion de contre attaquer pour l’opposition incarnée aujourd’hui par le Parti démocratique sénégalais (PDS ? ex-parti au pouvoir) qui réclame la démission pure et simple de Mbaye pour défaut de « crédibilité ».

Acculé par les faits, le premier ministre n’a su se trouver qu’une maigre ligne défensive : les faits pour lesquels il fait l’objet d’accusations n’étaient punis par aucune loi à l’époque, affirme-t-il. Un argument qui a soulevé un tollé de la part de la société civile qui se demande ce que M. Mbaye fait de « l’éthique et de la morale », dont il aime se faire le chantre à coup de contributions dans les colonnes de la presse sénégalaise.

Les démêlés de M. Mbaye, offre l’opportunité d’une riposte idéale au PDS, dont une bonne partie des anciens dignitaires font l’objet d’enquêtes, soupçonnés qu’ils sont de s’être enrichis « illicitement » avec les biens publics lorsqu’ils étaient aux affaires.
Dans le cadre de cette « traque des biens mal acquis », plusieurs responsables de l’ancien régime dont Karim Wade, fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, feront face aux enquêteurs à partir du 15 novembre 2012, selon Aliou Ndao, procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Cette Cour a été récemment mise en place près la « réactivation » d’une vieille loi sur « l’enrichissement illicite » qui date des années 80 et qui était restée en veilleuse.

« Nous sommes à la recherche de milliards détournés et sortis du pays et que nous voulons faire revenir », a précisé le magistrat. Selon les estimations près de 400 milliards aurait été détournés par le régime du président Abdoulaye Wade qui était au pouvoir de 2000 à 2012. D’autres sources donnent des chiffres parfois dix fois plus élevés.

Le président Macky Sall qui a reçu le soutien de pays occidentaux comme la France et les Etats-Unis, a sollicité en juin 2012 l’aide de la Banque mondiale à travers son mécanisme de Stolen Assets Recovery (Star) qui permet de récupérer des fonds détournés et placés à l’étranger.

A côté de Karim Wade, qui a dirigé le budgétivore et tentaculaire ministère de la Coopération internationale, des transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, d’autres pontes de l’ex-régime sont aussi sur la liste des enquêteurs : Madické Niang (ancien ministre des Affaires étrangères), Samuel Sarr, (ancien ministre l’Energie) ou encore Abdoulaye Baldé qui a dirigé les projets liés à l’organisation à Dakar du sommet de la conférence islamique en compagnie de Karim Wade.

Cette série de convocations a fait sortir l’ancien président de ses gonds et de sa retraite qu’il avait entamée il y a quatre mois en France. Par la voix de ses partisans son retour à Dakar est annoncé pour le vendredi 16 novembre 2012.

Selon Ousmane Ngom, ancien ministre de l’Intérieur, le président va engager la bataille contre le président actuel, qui s’est lui aussi enrichi de manière illicite. Ayant défait son ex-mentor Abdoulaye Wade avec 65 % des voix lors du second tour de l’élection présidentielle de mars 2012, Macky Sall affirme vouloir faire dans la « transparence ». Mais ces huit ans de compagnonnage avec le président Wade et sa fortune colossale laissent beaucoup d’observateurs très sceptiques.

L’opinion publique continue de se poser des questions sur l’origine de « l’immense fortune » du nouveau chef de l’Etat. Pour ces ex-camarades du PDS, ce sera désormais « déballage contre déballage », et l’ex-président Wade a même promis à son arrivée, de porter plainte contre Macky Sall pour enrichissement illicite.

Pour Madiambal Diagne, patron et chroniqueur du journal sénégalais, « Le quotidien », la peur gagne visiblement le camp d’Abdoulaye Wade et le retour de personnalités cités devant les enquêteurs risquent de faire mal !

Mardi 13 Novembre 2012
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