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Sénégal : qui a dit mobilité urbaine ?

Ouestafnews - Encombrement de la voie publique, congestion du trafic routier, vieillissement du parc automobile, voilà qui, en plus de la pollution de l’air, fait de Dakar une capitale qui étouffe.


Dakar, quartier Colobane/image/Ouestafnews
Dakar, quartier Colobane/image/Ouestafnews

Dakar, ville qui concentre l’essentiel de l’activité économique du Sénégal, est une portion de de terre de 550 km2 (0,5 % du territoire national) qui héberge 2,9 millions d’habitants sur les 12,8 millions que compte le pays, selon les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).

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« Vous voyez qu’il n’existe presque plus de trottoirs, piétons et automobilistes se partagent la chaussée », fait remarquer Souleymane Seck, urbaniste basé à Dakar. Pour ce jeune consultant, « la ville n’a plus de place pour les piétons, à fortiori pour ceux qui veulent faire du vélo ».

Au vu de la démographie galopante, nombreux sont aujourd’hui les experts à pointer du doigt l’aménagement de la ville, qui se caractérise par ses embouteillages, ses rues ensablées et toutes conquises par le commerce informel.

Dakar, presqu’île qui se jette dans l’atlantique, offre un état peu reluisant en termes de mobilité. Autant la ville étonne par la beauté de ses plages (ou ce qu’il en reste) autant elle susicte des soucis quant à l’encombrement de ses routes.

Pour Serigne Mame Mor Sall, spécialiste du transport routier, les embouteillages à Dakar, induisent pour les usagers une perte (en temps et en carburant) qui avoisine les quatre milliards FCFA par an.

D’après les estimations fournies par le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), pas moins de 9 millions de déplacements quotidiens sont enregistrés dans la ville, dont les 80% se font à pied. Dans les 20% de déplacements motorisés, une écrasante majorité a recours au transport en commun.

Renouvellement du parc automobile

Au niveau du transport en commun, le débat sur le vieillissement du parc automobile reste vivace. Dans le cadre de son Programme d’amélioration de la mobilité urbaine (Pamu) qu’il a déroulé entre 2001 et 2008, le Cetud s’est aussi attaqué à cette vieille doléance des populations.

Les deux opérations de renouvellement du parc automobile, exécutées depuis 2005 ont permis au Cetud de procéder au remplacement de 937 « cars rapides » et « Ndiaga Ndiaye », appellation locales données à des catégories de veux bus de transport en commun, jugées très polluants. Ils constituent un parc automobile estimé à un total d’environ 25.00 anciens véhicules.

En collaboration avec des opérateurs privés, ces véhicules ont été remplacés par des cars produits par les constructeurs indien Tata Motors et chinois, King Long.

« Ce travail de renouvellement est toujours en cours avec une troisième phase qui concerne 700 véhicules, entièrement financée par les banques locales », a confié à Ouestafnews, Aliou Thiam le directeur général du Cetud.

Toutefois si les nouveaux minibus indiens et chinois ont quelque peu changé la donne avec de nouvelles dessertes, des griefs sont portés par le public sur leur petitesse et les prix pratiqués par les opérateurs.

Toujours dans le but de réduire les couacs à la mobilité urbaine, l’Etat a déjà agi sur plusieurs leviers, estime le professeur Pascal Sagna, climatologue et enseignant à l’université de Dakar. Aujourd’hui, « il s’agit de créer sous la tutelle du Cetud une complémentarité entre les différents moyens de transport (Bus, minibus, train) afin d’éviter la concurrence », souligne-t-il.

Selon des études du ministère des Transports terrestres, les pertes liés à la mauvaise qualité des transports en commun, dans l’agglomération de Dakar, se chiffrent à 108 milliards de FCFA.
Selon les répartitions, la pollution de l’air induit une perte de 63 milliards FCFA, les encombrements et congestions ressortent à 41 milliards FCFA tandis que les accidents de la circulation coutent 4 milliards FCFA.

BRT et alternative au diesel

Le travail de renouvellement du parc automobile entamé par le Cetud, s’accompagne aussi d’un souci de moderniser le transport urbain à Dakar. Pour Aliou Thiam, il faut aller vers le « transport urbain de masse ».
Selon les confidences de M. Thiam, le Cetud avec l’appui de la Banque mondiale est depuis deux ans dans les études pour la mise en circulation à Dakar de BRT (Bus Rapid Transit) aussi appelés bus à haut niveau de service (BHNS).

Dans cette optique une expérience pilote de ce tout nouveau moyen de transport qui circule dans des couloirs dédiés est prévue pour bientôt.

« Le BRT permettra à certains de faire parfois un report modal, c’est -à- dire qu’ils arrêtent d’utiliser leur voiture personnelle pour emprunter ce moyen de transport très confortable, rapide et sécurisé », explique M. Thiam.

Alors que d’autres villes du sud comme Casablanca ont opté pour le tramway, le BRT est de l’avis d’Aliou Thiam, l’instrument qui pour l’instant répond le mieux à la ville de Dakar et aux moyens, notamment énergétique, dont dispose le Sénégal.

L’autre axe de la modernisation du transport urbain auquel le Cetud se penche à l’heure actuelle, est l’usage du gaz comme alternative potentiel au diesel, communément appelé gasoil au Sénégal.
Taxis au gaz

Présentement, en collaboration avec l’opérateur industriel Seniran Auto, le Cetud a mis en circulation à Dakar des taxis qui fonctionnent avec du Gaz. Une expérience que le directeur du Cetud juge satisfaisante.

« Tous les acteurs, sont unanimes à reconnaitre que c’est beaucoup plus performant du point de vue du coût d’exploitation, mais aussi au niveau de la prise en compte de l’environnement parce que c’est beaucoup moins polluant que le diesel », souligne M. Thiam.

Gros émetteur de particules fines très nocives pour l’appareil respiratoire, le diesel est depuis trois ans, déclaré « cancérogène » par l’Organisation mondiale de la santé.

Dans les pays en développement comme le Sénégal, il est constaté que les pouvoirs publics tardent à réagir sur la réglementation de l’usage de ce carburant, vendu moins cher que l’essence.

Selon des chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, qui remonte à 2010, le parc automobile au Sénégal était composé de 326 352 véhicules. A cette époque, selon la Direction des transports terrestres, 61,3% des véhicules roulaient au diesel contre 32,8% pour l’essence et 70% du parc automobile est composé de véhicule âgés de 16 ans et plus. Rien ne laisse indiquer qu’il y a eu de grands changements depuis.

Article publié dans le cadre du CSE Media Fellowship
 

Lundi 2 Novembre 2015
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