La position de ces quatre pays a été rendue officielle avant même la fin du sommet de l'Union africaine (UA) qui s'est clôturé mercredi à Sharm-el Sheik en Egypte et qui s'est penchée sur la crise politique du Zimbabwe.
De son côté, l'Union africaine a suggéré un gouvernement d'union nationale pour résoudre la crise. Mais cette solution est rejetée à la fois par Mugabe et par Tsvanguirai.
De retour d'Egypte où il a participé au sommet de l'UA, le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade a indiqué, mercredi à Dakar, avoir demandé à Robert Mugabe de ''faire face'' à ses militants pour les amener à accepter une solution de partage du pouvoir avec son principal opposant Morgan Tsvanguirai.
''Je lui (à Mugabe) ai dit : vous devez faire face à vos militants, le monde entier est contre vous'', a dit M. Wade cité par l'Agence de presse sénégalaise (APS, officielle).
''Dites à vos militants que lors des dernières élections Tsvangirai a eu 47% des suffrages (…) On n'ignore pas un parti qui a 47% des voix'', a encore indiqué Abdoulaye Wade, selon qui Mugabe a justifié son rejet des solutions de gouvernement d'union qui lui avaient été proposées avant, par la désapprobation de ses militants.
La Constitution du Zimbabwe prévoit que le vice-président succède au président de la République en cas de vacance du pouvoir, a relevé le chef de l'Etat sénégalais.
''J'avais proposé Mugabe comme président et Tsvangirai comme vice-président'', avant les élections, s'est souvenu le président Wade, ajoutant que la proposition du président sud-africain Thabo Mbeki consistait en ce qu'il garde son fauteuil pendant deux ans, avec son rival comme vice-président exécutif. ''Mugabe n'a pas accepté mais Tsvangirai a accepté'', a-t-il dit.
Il a ajouté qu'il n'avait pas encore de nouvelles du Zimbabwe et qu'il devait en avoir ''cette nuit (mercredi)'', car Tsvangirai devrait l'appeler, tout en relevant qu'au sommet de Sharm-El-Sheikh, Mugabe a été reçu et a siégé comme tous les autres chefs d'Etat, contrairement au traitement que veulent lui réserver certains pays développés.
''Il n'a pas été condamné'', à part deux chefs d'Etat qui ont ''été durs'' mais ''il le leur a bien rendu'', a poursuivi le président avant d'ajouter : ''pour qui connaît ce milieu, on ne pouvait pas s'attendre à davantage''.