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Trois semaines de Festival à Dakar pour le « sursaut intellectuel » de l’Afrique et de sa diaspora

Ouestafnews - La 3ème édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman), qui vient d’être officiellement lancée à Dakar, aura une forte « dimension intellectuelle », selon ses organisateurs qui estiment que c’est sur ce terrain que subsistent encore les « préjugés » les plus tenaces contre le monde noir.


Scènes de chorégraphie à l'occasion du lancement du 3ème Festival mondial des arts nègres
Scènes de chorégraphie à l'occasion du lancement du 3ème Festival mondial des arts nègres
Organisé par l’Etat sénégalais après plusieurs controverses, maints déboires et au moins quatre reports pour un coût de 30 milliards FCFA, le festival a enfin démarré le vendredi 10 décembre 2010 lors d’une cérémonie grandiose en sons et lumières dans un stade de la capitale sénégalaise.

« Nous avons voulu donner une dimension intellectuelle (au festival), car c’est là, le dernier bastion, le refuge des préjugés », a déclaré le président sénégalais entouré de trois de ses homologues africains : Malam Bacai Sanha de Guinée Bissau, Teodoro Obiang Nguema Masogo de Guinée Equatoriale et Mohamed Ould Abdel Aziz de Mauritanie.

Selon le président sénégalais, nombreux sont ceux qui sont « ignorants de la culture africaine et se permettent de faire des affirmations sans fondement », sur son compte.

Une déclaration que certains analystes interprètent comme une réponse « très tardive » au discours du président français Nicolas Sarkozy, prononcé il y a plus de trois ans dans la capitale sénégalaise, en juillet 2007, et qui avait révolté à l’époque l’ensemble de l’intelligentsia africaine.

« L’homme noir n’était pas suffisamment entré dans l’histoire », avait alors affirmé le président français nouvellement élu, sans susciter aucune réaction de la part des autorités sénégalaises dont il était l’hôte.

Ce discours jugé « raciste » avait suscité un immense tollé à travers le continent.

Ce 3ème Fesman, que l’on célèbre dans le contexte du cinquantenaire de la plupart des Etats Africains, devra être le point de départ « d’une évolution significative dans l’histoire de nos peuples, libres et confiants en l’avenir », a de son côté souhaité le chef d’Etat de Mauritanie, qui dirige un pays et un gouvernement souvent accusés de perpétuer des pratiques discriminatoires contre ses citoyens négro-africains.

Il n’empêche que c’est sans gêne que Mohamed Ould Abdel Aziz a estimé que « la conscience de notre appartenance commune à une Afrique unie et solidaire (se) trouvera renforcée » par ces célébrations.

« Ce festival a une signification importante car tous les pays africains sont aujourd’hui libres », selon Teodoro Obiang Nguema à la tête d’une nation riche en pétrole mais considéré comme la plus liberticide du continent où n’existe ni liberté de presse, ni opposition crédible.

« La période des humiliations est terminée, il nous appartient de démontrer notre savoir faire », s’est néanmoins aventuré le président équato-guinéen du haut de la de la tribune qui lui était offerte à l’occasion de ce festival, censée célébrer la renaissance africaine.

Principal maître d’œuvre du volet « scientifique » de ce festival, l’historien sénégalais Iba Der Thiam, a estimé pour sa part que le combat que doivent mener les intellectuels africains et de la diaspora est celui de la « décolonisation mentale ».

« Dans la mesure où ce sont les idées qui gouvernent le monde nous devons porter nos efforts vers la décolonisation des concepts… des valeurs et des références pour promouvoir la rupture épistémologique qui permet de rompre avec le passé colonial avec ses symboles, ses archétypes …et ses falsifications », a-t-il martelé.

Il a souhaité que l’Afrique, « avec son milliard d’habitants et une diaspora qui constituent sa sixième région » ne se lise plus « en termes de bouches à nourrir » mais plutôt « en termes de bras qui travaillent et de cerveau qui créent, qui pensent et qui inventent ».

Selon les organisateurs, plus de 3.500 artistes du monde doivent prendre part aux manifestations qui se déroulent « sur plus d’une dizaine de sites entre Dakar, Gorée (une île au large de Dakar) et Saint-Louis (vieille ville du Nord Sénégal) ».

Officiellement l’Etat sénégalais n’utilise plus le sigle « Fesman », devenu litigieux suite à un contentieux qui oppose l’Etat sénégalais et le groupe de communication « Médiatique », créé par un vieux retraité français, Jean-Pierre Pierre Bloch.

Ce dernier, à qui était d’abord était confié l’organisation du Festival, se présentait jusqu’à cet incident comme « l’ami » du président Abdoulaye Wade pour qui il a travaillé lors de la campagne pour la présidentielle de 2007.

D’ailleurs le choix d’un Français pour une manifestation censée célébrer la renaissance et la créativité africaines, avait en son temps fait grincer des dents chez quelques intellectuels qui dénoncent la persistance du « complexe du colonisé » chez les autorités sénégalaises, initiateur de l’évènement.

De même, le plus célèbre des sculpteurs sénégalais, Ousmane Sow, connu du monde entier, a annoncé son intention de ne pas prendre part à la 3ème édition du Fesman.

« Je ne vais pas y participer car c’est quelque chose qui n’a pas sa raison d’être », avait confié l’artiste au journal sénégalais La Sentinelle (privé) à quelques semaines du démarrage.

« Vous savez quand Senghor (le premier président sénégalais Léopold Sedar Senghor, père du concept ) l’a fait, on ne se connaissait pas les artistes ne se voyaient pas », a poursuivi l’artiste.

La troisième édition du festival mondial des arts nègres vient après celle de 1966 organisée au Sénégal par le défunt président Senghor -restée dans les mémoires comme un grand moment de l’histoire du Sénégal et de l’Afrique post-indépendance - et celle de 1977 abritée par le Nigeria.

Samedi 11 Décembre 2010
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