Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Mon réveil? Dingue! Figurez-vous que je me suis réveillée avec une belle déclaration d'amour cubaine. En sms, s'il vous plaît. Mon "Retenez-moi je vais me marier" était-il prémonitoire? Ouh camarades, la révolution est en marche! Qui osera l'arrêter? Même pas Castro !


Grand Amat nous donnait un cours de journalisme. Je pense qu'il fera fortune en se rendant au Mali ou en Guinée. La valeur des Red' chefs y est soit dévaluée ou surévaluée.
Je voyage beaucoup et j'en profite pour jouer de mon charme: hier au Mali, aujourd'hui en Guinée. Mais je reste quand même sensible à la mise en garde de mon oncle: "Pas de Burkinabé, Bibi, cette fois-ci". Pour info: il a célébré mon dernier mariage en date. Dieu seul sait combien j'ai de maris en réserve encore. Même si les prières communes les veulent plus gentlemen, plus craquants, bref, mieux en tout! Faudra-t-il aller à Cuba ou sur Mars? Mystère et boule de gomme...

Mais le mariage n'est pas le sujet de notre chronique. Loin de là. C'est la revue de la presse. Et nous v'là chez mon cher Dadis, qui n'a pas encore fait sa demande, je vous rassure. Et mes pôv' yeux qui tombent sur un titre assez alléchant. Amat me demande de bien "voir". Mais je n'ai que deux yeux et puis ma visite médicale, c'est pour tout à l'heure, en attendant je ne peux qu'être myope et astigmate. Pas extralucide. Même si on me donne des pouvoirs surhumains comme me transformer en quinze hommes en uniforme et passer à tabac qui vous savez. Voici donc le titre de l'article du jour: "L'armée guinéenne dans l'arbitraire". Je n'en croyais pas mes yeux, pardon mon cerveau! Comment? Cette grande armée qui nous offre des procès télévisés comme un feuilleton brésilien et qui nous régale de coups de sang légendaires? L'arbitraire? Je me suis demandé si mon ami Dadis a vu passer ce titre, sinon...

Je continue ma lecture: " Un groupe de troufions appartenant à l'armée nationale a fait lundi après-midi une descente musclée dans le quartier Aviation, Commune de Matoto. Une descente qui fait suite à une attaque dans un bordel (la Marceline) situé au bord de la route". J'avoue que je suis allée consulter le dictionnaire car je n'ai vraiment pas l'habitude de "voir" le mot "troufion". Pour le Larousse, un troufion est "un simple soldat". J'ai eu besoin des bornes (km) d'hier pour avancer car la précision du lieu m'a touchée: "au bord de la route". Ç'aurait pu être en face du bar ou à quelques bornes du fleuve...M'enfin. Mon cerveau un peu plus alerte qu'hier a vite fait le lien: des troufions mettent le bordel dans un bordel. Heureusement que certains sites échappent à la vigilance de nos enfants. Car finalement c'est là où on s'y attend le moins qu'on retrouve les gros mots.

Et ce n'est pas fini, l'auteur de l'article continue de relater la suite des événements:" Selon des sources concordantes, c'est un autre groupe de militaires, sous l'effet de l'alcool, qui auraient saccagé le bar, avant de s'en prendre aux filles qui s'y prostituent, dont une de 12 ans. Quand ils eurent fini de prendre tout ce dont ils avaient besoin dimanche à 22 heures, les jeunes badauds qui avaient accouru pour vivre en live le spectacle d'une fraction de l'armée se sont aussi donné à coeur joie. C'est ainsi que le propriétaire a crié au pillage de jeunes du quartier." La description laisse béat. J'avoue qu'il y a de quoi écarquiller les yeux. Voit-on pour autant mieux avec des yeux écarquillés ? Je n'ose une autre attaque frontale de Grand Amat, mais bien malin qui me dira ce qu'englobe "tout ce dont ils avaient besoin". Déjà, je pense que le propriétaire a besoin de lunettes. Le pillage est-il du seul fait des jeunes du quartier? Il est vrai que face à l'aveuglement général, il est difficile de faire la différence entre les troufions et les jeunes badauds. Moi-même je suis perdue. Mais l'alcool a des effets. Martin (i) ne peut nous prouver le contraire.

La chute de l'article (pour les non journalistes, la chute est la conclusion journalistique) est encore plus "entraîneuse" (faut bien rester dans l'humeur du jour). Notre cher journaliste conclut ainsi: " Tenue au courant de la situation, c'est ainsi que ce groupe de troufions a fait une descente des plus musclées dans ledit qartier pour s'en prendre à tous les Jeunes, avant d'embarquer les Prostituées pour le Camp Alpha Yaya:bonjour le Sida!"

Il y a toujours cette hermaphodicité, croyez-moi, pour ce "groupe tenue au courant" mais dans la confusion générale: troufions+jeunes+prostituées+propriétaire, c'est assurément le flou total. La majuscule des jeunes m'a juste fait penser que l'auteur de l'article les tient en plus grande estime que les troufions. Et lorsque j'ai vu les "Prostituées", j'ai compris que ces femmes jouaient également un beau rôle dans l'histoire. Toutefois, j'étais déjà par terre quand, en quittant l'article, hé ben on m'a forcée à revenir: "bonjour le Sida!"

Qui pourrait avoir l'outrecuidance de saluer ainsi ce fléau? C'est le coup (pas dans le nez) de trop. Si j'arrive à me remettre sur les deux pattes, à voir l'ophtalmo, hé bien j'y verrai sans doute mieux demain... ah Marceline, auteur d'une nouvelle migraine! Mais j'irai me réfugier à Cuba...

Hasta la vista

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Mardi 21 Avril 2009 à 12:50 | Commentaires (0)