Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Un an que Michael Jackson est mort. Martini (hic, hic, hic) ou p'tit noir pour lui porter un toast?



Le matin, c'est existentiel de se demander comment s'habiller pour la journée. Pour les élèves, c'est vite réglé avec le port d'un uniforme.
Et désormais, pour les adultes, le Gabon évacue cette question. Ils sont pragmatiques. Ils iront loin. Au lieu de changer de ministres (au budget vestimentaire énorme), ils changent les habitudes.
Eh oui, l'Afp nous informe que "Le gouvernement gabonais a pris jeudi un décret selon lequel l'accès dans les services publics "est désormais assujetti au port d'une tenue correcte" excluant, pour les femmes, un chemisier décolleté".
Il ne faut pas croire que seuls les décolletés des femmes seront fermés parce qu'elles n'ont plus besoin de pigeonner par une vue de balcon par trop profonde. Non. La vue d'orteils tordus et de pieds calleux est réservée à la maison. Un motif d'infidélité de plus. Donc pas la peine de s'étonner si le Gabon associe à la chasse aux belles poitrines celle des jolis pieds. Hé hé, parce qu'il faudra aller les chercher loin de la maison...Sûrement à la plage. En attendant que les maillots de bain soient aussi réglementés et qu'on impose des palmes pour nager. M'enfin, revenons à nos costumes.

"Pour les hommes, la liste officielle des "tenues correctes" comprend le costume, l'ensemble tailleur, la veste "avec ou sans cravate", "l'abacost" (sorte de veste légère à manches courtes portée sans chemise, ni cravate, d'après un dictionnaire de français du Gabon) ainsi que le "boubou cérémonieux" et la Saharienne", à porter avec "des chaussures de ville"."
L'Afp a le chic de vérifier un dico gabonais pour trouver le sens de l'abacost. Ma soeur librevilloise doit aussi y plonger aussi son regard myope pour dénicher la langue d'Oliver Ngoma. Car les héros cosmiques de sa chanson Nge commencent à nous coloniser...

"Pour les femmes, la liste se compose "de la robe, de l'ensemble pagne, du tailleur jupe, du tailleur pantalon, du boubou cérémonieux ou d'une simple jupe et d'un chemisier non décolleté", tenue à porter, là aussi avec "des chaussures de ville"."
Cela va avoir un coût de faire revenir les escarpins à la mode au moment où les magazines féminins imposent les chaussures aussi décolletées que les chemisiers...

Et nos plumitifs dans tout ça? L'Afp rappelle qu'il "est arrivé à plusieurs journalistes exerçant à Libreville de se voir refuser l'accès à des bâtiments publics pour cause de port de pantalon Jeans, de chaussures ouvertes ou d'absence de veste, a-t-on constaté."
Il ne faut donc pas être journaliste fauché au Gabon. J'aimerais bien y voir tous ces confrères râleurs sénégalais...
Ni les forces de sécurité ni les ouvriers ne sont concernés par ces mesures. A croire qu'il faut changer de métier pour s'habiller librement.

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Vendredi 25 Juin 2010 à 09:57 | Commentaires (0)