Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Pour ceux qui désirent savoir comment je me suis réveillée ce matin, je répondrai: très fatiguée. Déjà quand je quittais le bureau hier après midi, après une conversation mouvementée portant sur des choses indescriptibles, Martine m'avait gentiment proposé de m'offrir de grosses queues de gambas sautées, en entrée, accompagnées de Martini Rosso. Et s'il restait de la place... oh, non finalement, je passe, de peur de heurter les yeux sensibles. Il faut juste savoir que depuis que les anglophones avalent la dernière lettre de son prénom, Martine se bat pour un "e" ou un "i", d'où sûrement l'idée du Martini...


Je ne peux reprendre en intégralité l'objet de mon fou rire d'aujourd'hui, après ma revue de presse, mais quand même, cela sort du commun. C'est le droit de réponse d'un certain Aliou Badara Bâ, "responsable politique, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, député". Un grand quelqu'un donc! Mais la note de la rédaction (Ndlr) édifie sur le texte et ses tournures: "Nous reproduisons in extenso le texte et ses fautes. Vous dites bien que le président vous a accusés d'avoir vendu des terrains. Et comme vous ne l'avez pas démenti, cela veut dire que vous avez bien vendu des terrains. Quelqu'un qui vend un terrain qui ne lui appartient pas, si sa place n'est pas en prison, elle est où? A la mairie?"

Tchit tchit. Questions fondamentales en cette période électorale. Mais ce monsieur qui n'honore ni les Bâ, que nous sommes, ni les Badara, a une plume démocratique et un style narratif très fluide : "Lorsque j'ai demandé la parole au Président qui me l'a accordée, je lui ai dit que, même étant frondeur, je suis revenu au parti pour aider Oumar Sy et s'il dit que je suis frondeur, il a été impliqué dans une affaire de terrain alors que j'étais Député." M. Bâ parle bien sûr du président Wade et du Parti démocratique sénégalais (Pds). Le président, en retour, aurait conseillé au député de se taire car il ne s'était pas rendu "à Mbour pour ce genre de querelle et (...) savait que nous avions tous vendu des terrains". Pour ceux qui ont encore des doutes, Me Wade est très fort dans ses comptes, il avait déjà évalué l'enjeu économique de Mbour avant de s'y rendre. Lui qu'on accuse de camoufler la politique dans ses "promenades". Il est vrai que les proches du président précisent bien que ses tournées de ces derniers jours sont "économiques" et non politiques. Donc il est raisonnable que même si Me Wade croise des militants libéraux, en dépit du bon sens, il ne fasse pas du marchandage de terrain une priorité. Pourtant, me suis-je dit, les ventes de terrain sont très "économiques" puisque cela engendre des revenus. Mais, je n'ai jamais été qu'une pôv' littéraire.

La campagne électorale reste toujours pittoresque. Les différentes parties du corps sont vraiment ciblées. C'était d'abord la tête et maintenant...les fesses! Un article titre ainsi: "La tête de liste des "Verts" reçoit un coup de sabre aux fesses". Vu le titre, j'ai pensé que le pauvre devait se trouver dans un piteux état. Et j'ai pensé qu'après les Portugais qu'il faut renvoyer du Sénégal, ça va être le tour des samouraïs japonais. Mais, comme il a été établi que ce sont des "nervis libéraux", j'en ai immédiatement conclu que le Japon était encore loin. Dieu merci, sinon le pays va se dépeupler avant dimanche et personne n'ira voter. N'empêche que des démonstrations de sabre devant une mairie sénégalaise laissent perplexes. Le journaliste, très curieux comme il se doit, a "constaté les faits de visu"...sans décrire la scène. Et la partie adverse, c'est-à-dire la mairie de Yeumbel, où cela s'est déroulé, a fait profil bas. Comme c'est la victime elle-même qui raconte son malheur, on reste heureux que sa langue soit restée intacte. Pourtant, comme il l'a si bien décrit, ne pouvant parer le coup avec la tête, "encore moins" les mains, il a préféré "tourner le dos" à son bourreau qui ne "s'est pas gêné" pour lui "flanquer des coups de sabre sur les fesses". Tant que c'est resté dessus, M. Gueye, nom de la victime, va donc pouvoir se rasseoir. Cela dément cette certitude : en faisant ses tournées économiques, Me Wade croit qu'il est seul à être fort en calcul. Non, la tête de liste des Verts a su qu'il n'avait qu'une tête à offrir...mais deux fesses. C'est encore mieux que les mains. Il a vite et bien calculé.

Enfin, la Coalition Sopi de Me Wade qui voit trop de rouge ces temps-ci a décidé de nous prédire notre avenir: "il se porte en bleu" et "Dimanche 22 mars, tous ensembleu pour le Sénégal" car "Contre la crise, la colère est rouge, le courage est bleu". Au moins, on sait dorénavant que les trouillards sont rouges, les vaillants bleus. Tant qu'on sait calculer et rester sensible aux couleurs...

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Mercredi 18 Mars 2009 à 15:20 | Commentaires (0)