Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Vivre dans un pays où on manque quotidiennement d’eau et d’électricité est déjà un calvaire, être aussi privé d'internet, même un seul jour, c’est comme courir derrière le petit noir exaltant…



Eh oui, j’avais tranquillement commencé ma revue de presse jeudi dernier lorsque la connexion est partie. Cela a brisé net mon élan.
Mais j’avais déjà pu lire dans les Echos, au Mali, "Présentement, le maïs frais est beaucoup consommé à Bamako. Juteux, beaucoup de femmes s’élancent dans le commerce de cette céréale."
Quand il s’agit du maïs, comme nous l’avons également constaté au Sénégal, avec notre chère Goana, on se demande s'il faut s’élancer ou se lancer? Sauf qu'ici, on ne voit plus de maïs grillé ni d’ailleurs d’arachide fraîchement arrachée de terre. La prochaine fois, on va apprendre à tout le monde à se lancer et non à s’élancer : inutile de briser tous les élans.
Le reporter des Echos continue toutefois sur sa lancée, "Il n’empêche, le maïs est cédé à tous les prix. Des femmes se frottent les mains dans le commerce de cette spéculation qui est, pour l’heure, beaucoup consommée par des Bamakois."

Chers Bamakois consommateurs de spéculation, attention au foncier… Une autre gloutonnerie que nous risquons de partager avec vous. Désormais, me baladant dans les rues de Dakar, si je vois une vendeuse de maïs, je baisserai la vitre pour lui dire "vends-moi une spéculation, waye".


Et restons dans ce registre gourmand avec la Pana qui titre: "L'agence anticorruption va enquêter sur les indemnités des députés nigérians"
Parce que selon un constitutionnaliste, "(...) un sénateur gagne environ 1,7 million de dollars américains et un membre de la chambre des représentant 1,45 million dollars par an". Ca ne vous dit pas grand chose? Lisez la suite car il ajoute "ces chiffres montraient qu'un député au Nigeria gagnait plus que le président américain, M. Obama, qui perçoit 400 000 dollars par an, et le Premier ministre britannique, 190 000 livres sterling par an."
Ne doit pas être député qui le veut au Nigeria. Avis aux 250.000 métis libériens…


Les Mauritaniens sont bizarres, après nous avoir affirmé, le mois dernier, qu’ils étaient des Sahéliens et donc des carnivores endurcis, le Quotidien de Nouakchott nous informe que "La cote mauritanienne est l’une des plus poissonneuses au monde. Malheureusement, le constat fait dans les marchés ne semble pas aujourd’hui répondre à cette flatterie. Et pour cause, le poisson a déserté les étals des marchés, les paniers des ménagères et les bols des consommateurs depuis quelques jours. L’hivernage semble être aujourd’hui, le principal responsable. Une situation ambiguë qui commence à mettre au bout de l’asphyxie vendeurs, pêcheurs et dockers. Pour ces derniers, pas normal de rester en hibernation pendant ces mois de vache maigre. Beaucoup d’entre eux se sont reconvertis en mâcon, boy ou marchand ambulant. Une situation alambique (sûrement le féminin d’alambic) qui ne semble guère arranger les mordus du « Thiébou Dieune », riz au poisson. Un véritable dilemme pour le panier du ménager qui doit débourser le double, voir le triple pour s’offrir du poisson frais. Les pêcheurs,lasses des caprices de la mer ont pour la plupart mis leur filet au placard."
Et hier justement, je discutais avec un oncle de l’évolution de la société mauritanienne où les femmes sont plus libérées qu’on ne le croit : elles conduisent, emploient des hommes et divorcent malgré le statut de République islamique: il est donc parfaitement normal qu’elles envoient les hommes faire les courses et soient à l'origine de la création des ménagers et il y a peut-être aussi des femmes qui pêchent? D'où cette lassitude?
Et pour "ambiguë, alambique, ambulant, asphyxie", on passera à la lettre "b" pour le prochain article, promis.

Alors qu’on attend vainement l’extinction du soleil pour voir ce que le politicien Idrissa Seck réserve au Sénégal, l’Afp nous apprend que "Le Malawi vient d'adopter un nouveau drapeau, avec un plein soleil sur fond noir, rouge et vert pour remplacer le soleil levant figurant sur l'ancien drapeau, datant de l'indépendance de 1964. (…) Pour faire taire les critiques émanant notamment de l'opposition, qui réclamait un référendum avant ce changement, le président s'est justifié: l'ancien drapeau "était un héritage des Britanniques qui estimaient qu'ils avaient apporté la lumière au milieu des ténèbres. Nous ne pouvons rester à l'aube en 2010 comme nous l'étions en 1964"."
Il faut en conclure que le soleil est au zénith au Malawi. Voilà où il faudra sûrement émigrer si on continue à nous priver d’électricité, d’eau et d’internet.

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Lundi 9 Août 2010 à 13:05 | Commentaires (0)