Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Aujourd'hui, je zappe mon réveil. Faut pas être toujours indiscret. Non, mais... Mais si vous êtes curieux, vous pouvez accompagner les soubresauts de Dadis ou répondre aux curieuses questions de Ouelessebougou.


De mon côté, cela fait des semaines que mon téléphone ne vibre plus. A force de tomber à longueur de journée, le vibreur a rendu l'âme. Je ne m'en plains pas, tant qu'on peut (difficilement, certes) me joindre. Alors je me suis dit qu'à défaut de faire vibrer mon téléphone, eh ben, c'est moi qui devrais me laisser vibrer...

Forte de cette courte analyse, un titre capte mon attention: "Audience ratée avec le patron de Exxon Mobil: Dadis vibre les Américains".

Je reste secouée par tant d'aptitude. Franchement. Alors qu'il a fallu un léger tremblement de terre sous-marin pour provoquer un tsunami fin 2004 en Asie, voilà qu'un simple capitaine "vibre" les Américains, là où il a aussi fallu des avions de ligne pour avoir quasiment le même effet. Dadis est donc fort. Ses interventions télévisées très remuantes en témoignent. Il crève l'écran, les accusés crèvent par la suite Les vibrations de Dadis ne sont sans doute pas "homologuées", comme dirait l'autre. Mais quand il dégaine, même "l'un des patrons les plus puissants de la planète" reste humble devant tant de "sarcasme".

Ce patron étasunien, avec ses 45.000 stations service et ses 110.000 employés a poireauté trois heures pour voir Dadis... et vibrer. Il aurait sans doute préféré une secousse tectonique, prélude d'une irruption d'or noir. Mais, fatigué d'attendre le capitaine, il s'est assis et en a oublié de se lever pour saluer le chef de la junte. Ce dernier, sûr de son pouvoir a vivement réagi.

Voici les propos "les moins désagréables" rapportés par l'auteur de l'article : "Ici, c'est chez moi. Je suis le patron de la Guinée. Vous me devez respect et considération. Vous êtes indiscipliné" lui a dit Dadis. Ce Texan (?) dont l'histoire ne dit pas s'il comprend français, est en fait victime du protocole, "cet outil diplomatique" absent de la Guinée, car ce n'est "pas vraiment une priorité pour les dirigeants confrontés à tous les problèmes du monde".

De "vibré", on peut conclure qu'avec son poids de 500 milliards de dollars, le patron d'Exxon Mobbil a été également viré de l'agenda de Dadis.

Leçon: quand Dadis se présente, il faut se lever sinon, il vibre. Avis aux amateurs d'émotions fortes.

Oh les impôts! On s'en plaint tellement au Sénégal qu'il n'est plus nécessaire d'en parler: chacun dit les subir et surtout investir dans les voyages du prézi.

La presse malienne est finalement très originale. Elle évoque des contrées aux noms si peu communs comme "Ouelessebougou" et "Djènfèn" qui laissent rêveur...

Ainsi, le jeune chef du village de Djènfèn n'oubliera pas de sitôt le recouvrement des impôts. En raison de sa résistance, trois questions taraudent dorénavant l'esprit des villageois de Djènfèn, dans la sous-préfecture de Ouelessebougou ou encore "commune rurale", selon l'appréciation de l'auteur de l'article.

Les Djènfènkaw (habitants de Djènfèn) sont très remontés contre les gardes car leur chef a été menotté, c'est la raison des questions qu'ils (se) posent.

Le récit du recouvrement de Djènfèn est plein de rebondissements: le chef a d'abord dit qu'il ne pouvait payer, en plus de l'impôt de cette année, les arriérés de l'année dernière. Cette réponse n'a pas plu aux recouvreurs qui pensaient que si le chef se conduisait "de la sorte le reste du village logiquement suivra". Pas bêtes les recouvreurs, l'histoire de la brebis galeuse est universelle.

Abdoulaye Traoré, le nom de ce chef de village de 35 ans, est pourtant un homme courageux. Car tout s'est produit "dans le vestibule du chef de village lui-même". Recevant les recouvreurs, M. Traoré "les a signifiés qu'en tant que chef du village, il n'est pas en mesure de payer en plus les arriérés de l'année dernière". Toutefois, "il les a proposés de convenir de commun accord sur une date".

Ah courageux Bambara face aux gardes! Mais à en croire le récit du chef, en dépit de ses explications, "ses visiteurs voulaient coûte que coûte lui obliger à faire l'impossible". Comment obliger un Bambara à faire l'impossible? Cela a eu pour conséquence de détériorer "le climat du dialogue entre les deux parties". (Banzai!) Un de ses frères a aussi voulu montrer de quoi les Tra sont capables, ce qui n'a pas vraiment plu aux gardes. Ils ont alors menotté le jeune frère avant de passer les menottes à l'aîné, mais "après avoir mesuré la gravité de leur acte, ils leur ont enlevé les menottes". Apparemment, tout s'est passé très vite.

"Choqué de l'affront", le chef de Djènfèn s'est rendu chez le maire. Devant tant d'émotion, "ce dernier lui a consolé". Eh Allah, comment faire autrement? Mais c'est sûrement à cause de cette consolation déviée,"on lui a consolé", que les DjènFénkaw ont pu, à l'instar de leur chef, se poser ces questions: "Ces gardes sont-ils nostalgiques du temps colon ou de la dictature?"

"Jugeaient-ils trop jeune le chef du village de Djènfèn?"

Et Last but not least, sempiternelle question sous nos tropiques: "Les porteurs de tenue pour qui se prennent-ils?"

Avis à ceux qui détiennent des réponses de se présenter, car "Ces questions continuent à être posées à Ouelessebougou".

Fin de ma pause

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Mardi 3 Mars 2009 à 15:00 | Commentaires (0)