Black is beautiful and it is so beautiful to be black...


Etonnement

La Tabaski s’annonce. On entend des bêlements partout. Pauvres moutons, parmi d’autres moutons



Aux lundis fertiles succèdent les lundis stériles, puis les lundis ensommeillés.
Vraiment, j’ai du mal à garder les yeux ouverts aujourd’hui. Et je comprends difficilement tout ce qu’on me dit. Même une lettre d’amour, qui ne m’était pas adressée, ne m’a pas fait l’effet mordant d’un petit noir.
Je me suis rendu compte que j’avais une jeune fille très déterminée chez moi et qui intéressait un tout jeune garçon qui lui a écrit, s’il vous plaît, avec un papier à lettre d’un grand hôtel dakarois. Vive la génération wadienne ! Si le père de ce jeune homme me lit, ce qui n'est absolument pas sûr, qu’il sache que son fils suit ses pas de près et écrit des lettres d’amour méridiennes.
Notre garçon amoureux - depuis trois ans, tenace et exigeant - sépare la lettre en deux : une première partie est intitulée "pour mon amoureuse" et l’autre "ta réponse". Et tout en bas, "ta signature", "ma signature" et "à rendre à son propriétaire". Sic.
Et tenez-vous, il est plus poète que tous ces baratineurs que je croise, "cher Mariam claire comme la lumière solaire". Personne n’a jamais illuminé mon prénom comme ça.
Et pour conclure, il dit "se n’est pas forcé que tu m’aime. Je ne veux pas y aller trop vite. Mais pourrions nous devenir ami juste ami".
Là, j’avoue que la mère que je suis a beaucoup moins rigolé...attendant la suite.

Et c’est dans "ta réponse", rédigée par mon asperge : "Mais je ne t’aime pas. Désolé. Merci pour ta lettre. On reste ami (e). Et on va jamais sortir ensemble". Et elle n'a pas signé et lui, si!
Voilà où la mère doit prendre exemple sur la fille: offrir toujours un niet sec et catégorique. Ca fait moins de mariages et moins de coups de fil du Vanuatu ou de la Mauritanie.
Mais, wa ! Quelle détermination. Il faut dire qu’avec tous les cousins amoureux de Bamako, elle a déjà beaucoup à faire.
Franchement, ça commence à 11 ans les lettres d’amour ? Y a-t-il un mode d’emploi ?
Sur un point au moins je me dis que le langage mâle ne varie pas : "se n’est pas forcé que tu m’aime. Je ne veux pas y aller trop vite". Apparemment ils apprennent ça dès le berceau et le ressassent tout au long de leur vie. Quel culot !!!!!! Mais je t'ai blogué, coureur miniature...


La mort de Georges Frêche m’étonne. Je le croyais immortel face à cette volonté coriace de boulonner à Montpellier quelques grands du XXe siècle. J'espère qu'il sera immortalisé par le même procédé.


Mon regard très rêveur s’est attardé sur une annonce parue dans Jeune Afrique à propos d'une "Ecole française de la courtoisie et du protocole". Ca existe donc ? Et si on en créait une à Dakar? Tout le monde doit y passer.
Bon je risque encore de vous fausser compagnie quelques jours...

Rédigé par Habibatou GOLOGO le Lundi 25 Octobre 2010 à 13:47 | Commentaires (2)