Ceux qui ont le fétichisme et la manie des chiffres comme un cousin que je ne nommerai pas ici, pourront encore s’y attarder. Peut-être bien qu’il y a un petit message codé pour ne pas dire …divin, derrière tous ces chiffres si joliment ronds.



Mais de notre côté si nous les alignons, c’est pour revenir sur les 50 ans (premier chiffre ) d’indépendance du Sénégal.  L’euphorie passée, on est bien en droit de se poser la question de savoir quel anniversaire le Sénégal célébrait-il réellement ? avons-nous pris le temps de nous arrêter pour nous demander  tous et chacun ce que nous avons fait des cinquante premières années de notre nation ? 

Des questions qui s’imposent, tellement il y a eu d’amalgames, volontaires ou pas, de part et d’autre. Et surtout là, où on devrait s’y attendre le moins. Inutile de nommer qui que ce soit. 

Mais ceux qui ont suivi le message à la nation du chef d’Etat sénégalais n’ont pas manqué de noter avec déception (en tout cas pour la plupart d’entre nous qui ne sommes ni dans un parti ni dans un autre) qu’il faisait bien le bilan de ses  10  ans (deuxième chiffre) d’alternance (les mauvaises langues ont fini de la débaptiser si gentiment « alternoce » depuis belle lurette) et non celui des… cinquante ans du Sénégal indépendant. 

Et n’en déplaise aux courtisans zélés, l’histoire du Sénégal indépendant, ne commence ni en mars, ni en avril 2000, mais bien en 1960. Et c’est la date que tous, nous voulions et devions unanimement célébrer. 

Mais à force de se focaliser sur les « dix ans d’alternance » et de les opposer aux 40 ans (troisième chiffre) du régime socialiste – tout en oubliant que c’est parce que ces quarante ans n’ont pas été si fameux que ça que le peuple a justement décidé de remercier les socialistes et de goûter à la sauce « sopi » (changement)  un soir de mars 2000 -  le régime libéral a fait fausse route sur toute la ligne et a fini par polariser le pays en des moments où tout, absolument tout, nous conviait et nous condamnait presque à une saine  communion. 

Et la statue de la Renaissance africaine, dont on célébrait la… naissance (si vous préférez l’an « 0, » quatrième chiffre) n’a que trop contribué à la cacophonie ambiante. Non seulement il y avait ses adversaires les plus irréductibles pour descendre dans les rues et dire, le jour même de son inauguration,  qu’elle ne symbolise que « régression », « mal gouvernance », et « dépendance » ... Mais parmi ceux-là même qui soutiennent son inspirateur, la plupart se sont simplement montrés plus « provinciaux » que panafricanistes, plus opportunistes que progressistes.   

Tant pis, l’Afrique et les panafricanistes attendront! 

Sinon comment comprendre que, venus célébrer le panafricanisme et la renaissance Africaine, devant tant de chefs d’Etats et d’invités étrangers, on en soit réduit à brandir des pancartes à la gloire de  petits politiciens de quartiers, pour la plupart d’illustres inconnus, en mal de positionnement que n’intéressent que leur petits postes de « maire » ou de rentiers de la république ? 

Bof, encore une fois les petits politiciens véreux nous ont gâché la fête et nous ont fait rater une belle occasion de faire de l’introspection collective et de dresser un bilan de nos 50 ans… espérons que pour le centenaire, ceux qui auront la chance d’être encore là feront mieux.

Allez salutations panafricaines et joyeux cinquantenaire quand même. 

PS : une doctorante (sénégalaise, si j’en crois par son patronyme, à Edinburgh) a écrit un excellent texte sur le monument de la Renaissance africaine. Le texte, à lire absolument a été publié par le site pambazuka.org. Si vous vous débrouillez dans la langue de Shakespeare, vous pourrez retrouver l’article à l’adresse suivante : http://www.pambazuka.org/en/category/features/63289

Bonne lecture.


Rédigé par H T S le Mardi 6 Avril 2010 à 16:57 | Commentaires (0)


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Hamadou Tidiane SY, Fondateur de Ouestaf.com
Journaliste et Formateur
Actuellement élu "News and Knowledge Fellow" par Ashoka & Knight
Panafricaniste convaincu, il vous convie dans cet espace pour échanger sur le devenir du continent.