Les jours avancent et la situation se complique pour la sélection ivoirienne qui peine à trouver un entraîneur pour la conduire à la Coupe du monde de football qui débute le 10 juin prochain.



Classés par les observateurs parmi les candidats aux places d’honneur les Eléphants semblent s’être embourbés définitivement dans la fange depuis leur élimination en quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2010 par l’Algérie.

Les dirigeants ivoiriens croyaient bien faire en limogeant leur entraîneur, le Bosniaque Vahid Halilhodzic au retour de l’expédition angolaise mais voilà qu’ils ont eu du mal à le remplacer.

La solution du Batave Guus Hiddink qui paraissait un coup possible se révéla une grosse erreur, le technicien batave entraîneur de la Russie jusqu’en août et futur sélectionneur de la Turquie à partir de son départ de la terre des anciens Soviets, a décidé de ne pas tenter le diable.

Oui, il a refusé l’offre ivoirienne alléchante mais compliquée au vu de la situation sportive de cette équipe mais aussi du climat socio-politique dans ce pays ouest-africain.

Parce que la sélection ivoirienne, c’est plus qu’une équipe de football, c’est un groupe de footballeurs qui cristallise tout l’espoir de retour à la normale d’un pays déchiré par une guerre civile et une crise politique sans fin.

Le président de la République, Laurent Gbagbo pense pouvoir tout régler en un coup de baguette magique avec les résultats des Pachydermes.
Comme si une grande partie du peuple ivoirien qui a faim, soif et qui a du mal à se soigner, pouvait se suffire d’une belle victoire de la bande à Didier Drogba.

L’ancien Sage de Yamoussoukro, le Défunt Père de la Nation, Félix Houphouët Boigny lui a eu sa Coupe d’Afrique des nations en 1992 quand l’équipe dirigée par le technicien local, Yéo Martial est revenue de Dakar avec la couronne de Roi d’Afrique.

Venir de l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (AOF), de la capitale de ce petit pays, le Sénégal, qui sans ressources économiques, a polarisé les rancoeurs, avec la CAN, quel pied !

Opposant irréductible à l’ancien Père de la Nation ivoirienne, Gbabgo Laurent aurait voulu lui aussi avoir cette coupe d’Afrique pour égaler le Vieux.
Et pouvoir faire mieux puisqu’à l’occasion de son magistère, lui n’a pas vu la sélection ivoirienne jouer la Coupe du monde.

D’où la gourmandise de celui qui préside aux destinées des Ivoiriens de voir les joueurs faire un parcours très honorable en coupe du monde 2010 à l’image d’une équipe du… Sénégal en 2002.

Dans cette optique, rien n’est petit pour sa sélection, tout doit être mis en œuvre pour décrocher le Graal en Afrique du Sud devant les yeux de tout un Continent, du monde entier pour être le meilleur représentant du continent premier.

Quitte à faire prendre une décision insensée sur le plan sportif aux dirigeants de la Fédération ivoirienne de football ou du moins ces dirigeants pour sauver leur tête du courroux présidentiel ont préféré la solution de facilité : le limogeage du sélectionneur en poste à moins de 100 jours du coup d’envoi.

Comme ça, on peut toujours détourner l’attention des populations qui attendent, qui scrutent l’horizon, sans voir le bout du tunnel à la crise économique, politique et sociale ivoirienne.

Et la pendule de la coupe du monde 2010, elle de tourner inexorablement contre les Ivoiriens incapables de se trouver un entraîneur.

Rédigé par le Mardi 23 Mars 2010 à 13:16 | Commentaires (0)