Les rendez-vous du mardi

Ils l’ont fait. « Ils », les plénipotentiaires de la Confédération africaine de football ont décidé donc d’exclure les Eperviers du Togo de la CAN pendant quatre ans.
On devrait plutôt dire, « il » (le président El Hadj Issa Hayatou) l’a fait en déclarant le Togo hors jeu pour deux coupes d’Afrique.



Pourquoi ? Pour avoir défié son autorité, pardi. Puisque lui n’a pas d’armées comme les nombreux présidents autoproclamés d’Afrique, ou jouant avec leur Loi fondamentale, lui a son jouet, la CAF et ses instances qu’il a fini d’utiliser à son profit personnel.

Pour lui avoir dit « non, on préfère aller enterrer nos morts que de gambader sur les pelouses de Cabinda gorgées de pétrole où deux membres de notre délégation ont perdu la vie ».

Le président de la CAF a vu rouge et il a décidé de sévir. Comment pouvez-vous penser qu’il peut penser aux morts ? Tremblez Togolais !

Ces morts, le président Hayatou s’en f..t ou presque, tout ce qui l’intéresse, c’est faire plaisir à son nouvel ami, le toujours au poste, le très liquide en barils de pétrole, Eduardo Dos Santos, qui veut entrer coûte que coûte sur le terrain des chefs d’Etat qui comptent en Afrique.

Et pas seulement, la CAN étant une compétition très suivie à l’échelle du monde, il va en faire un jouet pour plastronner avec son épouse devant le reste du monde.

Pour montrer qu’il a réussi à dompter les affidés des Américains, l’UNITA et l’ancien pouvoir d’Apartheid sud-africain et maintenant qu’il va falloir compter avec lui.

Qu’il a réussi à imposer son point de vue aux Africains et aux Occidentaux qui ne voulaient pas d’un pouvoir marxiste à la sauce feuille et banane plantain dans cette partie riche de l’Afrique australe.

Bien, l’Angola qui est une puissance mineure sur le plan sportif, va en mettre plein la vue à tout le monde et plastronner à la face du monde puisque le sport est devenu, un moyen moderne de diplomatie.

Et bien ça, El Hadj Issa (toujours en pèlerinage) ne veut pas - malgré les morts d’homme – gâcher cette fête à son nouvel ami Dos Santos qui a aligné des millions de dollars pour accueillir cette fête.

Surtout qu’il a besoin de gages à présenter aux autres pays organisateurs qui vont succéder à l’Angola et qui détiennent aussi beaucoup de pétrodollars. A savoir, le Gabon de Bongo Fils et la Guinée Equatoriale d’Obiang Guéma en 2012, la Libye du très versatile Khadafi en 2014 mais aussi le Soudan du sinistre El Bachir pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) en 2011.

El Hadj Issa a promis à l’inamovible chef de l’Etat angolais, tu auras ta fête et rien, n’y personne, n’y pourrait rien.

Comme lui aussi depuis 1988 préside aux destinées de la Confédération africaine de football (CAF) et le Comité exécutif est constitué de personnes ne roulant pas sur l’or et qui ont besoin d’être perdiémisés ou d’être cooptés dans les Commissions de la FIFA, rien ne devrait s’opposer à sa volonté.

Tant pis pour les morts togolais, tant pis pour le football togolais qui veut contester son autorité, lui qui a permis à l’un des leurs, le Général Seyi Mémène, 1er vice-président de la CAF de faire partie de toutes les délégations officielles et de devenir un personnage important malgré le nombre infime de licenciés de son pays.

El Hadj Issa ne peut accepter cet affront et surtout après la décision des familles de victimes de porter plainte devant le Tribunal de Paris.

Comme un coureur de 400m qu’il a été dans un passé lointain à quelques mètres de la ligne d’arrivée, le tout puissant président de la CAF, a tout brisé sur son passage, la morale, le besoin des jeunes Togolais de s’épanouir à travers le football, le peuple togolais qui peut se réunir à travers le ballon quand la politique, l’économie et la misère sociale créent une césure entre eux.

Lui le patron du football africain, sensé s’occuper du développement de la discipline, décrète, pas moyen de s’épanouir ou de se réunir à travers ce football, allez voir ailleurs pour vous faire plaisir.

Quitte à tuer toute envie à cette jeunesse, les pousser aux frontières du désert ou des océans où ils vont braver les dangers pour aller à la quête d’un Eldorado inexistant puisque après le pouvoir politique qui leur coupe toute perspective, le patron du football africain leur a empêché d’avoir un rêve.

Celui qui leur permettra d’améliorer leur quotidien fait de privations, pour marcher sur les traces de leur grande Star, Emmanuel Adebayor dont la feuille de paie est aussi longue qu’une miche de pain défraîchie.

Rédigé par le Mardi 2 Février 2010 à 12:35 | Commentaires (0)