Les rendez-vous du mardi

En comptant le mois de septembre, ça fera 10 mois que les entraîneurs des équipes nationales de football du Sénégal sont restés sans salaire. Dix mois sans salaire pour des techniciens locaux qui ont débuté les éliminatoires des compétitions africaines par le bon bout.



Les sélections cadette et junior sont à un tour des qualifications pour les Coupes d’Afrique de leur catégorie, l’équipe locale est qualifiée pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), les Lions ont débuté par une large victoire, 4-2 les éliminatoires de la CAN 2012 en allant gagner contre la RD Congo à Lubumbashi, le 5 septembre prochain.

Malgré ces résultats qui mettent au vert le football sénégalais qui a touché le fond en 2008 avec son élimination de la CAN 2010, les autorités sénégalaises ont cherché et trouvé les moyens de faire patienter des pères de famille qui font correctement leur travail depuis 10 mois.

Des techniciens de haut niveau, payés cinq fois moins cher que des « Sorciers blancs » mais qui ont le tort ( ?) d’être des « bougnoules ».

Quand on rappelle qu’Amara Traoré touche un salaire de six millions de francs cfa contre 18 millions payés à Henri Kasperczak, on ne comprend pas les tergiversations des mêmes autorités qui avaient réussi la prouesse de ne jamais être en retard quand il s’agit de payer les émoluments du Franco-polonais.

Ce dernier quand il a senti que les carottes étaient cuites à la CAN 2008, a préféré prendre son avion direction Paris en laissant des Lions sans crinière et sans crocs à Tamale dans le nord-est du Ghana.

Dix huit millions par mois, c’est moins que ce que perçoivent les entraîneurs locaux de toutes les équipes nationales de football appointés en décembre dernier par la Fédération sénégalaise de football.

En nommant des entraîneurs locaux, les autorités en plus d’avoir mis à la tête des sélections des techniciens de haut niveau, économisent doublement.

Parce qu’à l’exception d’Amara Traoré, Ferdinand Coly, Joseph Koto et Demba Ramata Ndiaye, les autres membres des staffs techniques nationaux sont des fonctionnaires de l’Etat.

Des fonctionnaires percevant déjà des salaires et n’ont besoin que de contrats spéciaux qui ne sont pas la mer à boire pour un Etat se saignant à coups de millions au profit de techniciens expatriés pour de piètres résultats dans un passé pas très lointain.

Par ailleurs, en faisant poireauter pendant 10 mois des techniciens locaux, les autorités sénégalaises montrent encore une fois qu’ils n’ont pas une grande considération pour l’expertise locale.

Comme pendant les périodes coloniales quand tout ce qui est bon est l’œuvre du Blanc, elles donnent une mauvaise image de nos pays 50 ans après l’accession à la souveraineté internationale.

En cette année 2010, année de célébration des cinquantenaires de la plupart des pays africains, la symbolique doit faire ricaner les plus sceptiques comme ce personnage du « Soleil des Indépendances » de l’Ivoirien, Amadou Kourouma qui se demandait quand prendront fin les indépendances.

Rédigé par le Mardi 28 Septembre 2010 à 15:00 | Commentaires (0)






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