Les rendez-vous du mardi

Le Togo en plus de la plainte déposée contre la Confédération africaine de football (Caf) par le gouvernement et les familles des victimes au Tribunal de Paris, a décidé de porter l’affaire de la sanction au Tribunal arbitral du sport (Tas).



Des tribunaux de droit français et de droit suisse connaîtront de cette affaire afro-africaine montrant encore une fois la tutelle pesant encore sur tout ce qui est africain.

Si pour le Tas, ceux qui ont décidé de sa création, l’ont basé en Suisse comme le siège de la Fifa (Fédération internationale de football association) et du Comité international Olympique (CIO), il reste que les plénipotentiaires et les familles des victimes togolais auraient pu porter plainte devant un tribunal civil au Caire (Egypte) où se trouve le siège de la Caf.

Pour le principe et la nécessité de dire que 50 ans après les indépendances des pays africains, il y a besoin d’affirmation et d’émancipation.

Mais à voir comment les pays africains ont apporté leur soutien ou manqué de soutien à la partie togolaise, on peut comprendre la décision des autorités de ce pays ouest-africain. Mais aussi des familles des victimes de porter cette affaire africaine, qui s’est passée dans un pays africain, pendant une compétition organisée par une structure panafricaine, d’aller ester en justice chez l’ancien pays colonisateur. Plus précisément devant un tribunal français pour connaître de cette affaire.

Si enfin le vice-président de la Caf, le Togolais, Seyi Mémène a ouvert la bouche pour dire qu’il est du côté du football de son pays, du fait de son poste de président par intérim, on attendait à défaut de soutien de connaître la position de l’Union des Fédérations ouest-africaines de football (Ufoa).

Que cette organisation qui réunit les 16 pays de la région ouest-africaine footballistiquement parlant dise son point de vue, apporte sa compassion, ne serait pas de trop dans cette tragédie ayant frappé le peuple togolais.

Si ce serait très surprenant que le président de l’Ufoa, le Nigérian Amos Adamu prenne le contre-pied de la Caf ayant décidé de suspendre pour deux Coupes d’Afrique le Togo, on attendait qu’il demande au moins une clémence des autorités de la Caf.

Membre du Comité exécutif de la Caf, l’organe de décision, ce vrai inféodé au président de la Caf, Issa Hayatou, a peut-être peur que sa prise de parole soit interprétée comme une véritable rébellion.

Quid des fédérations ouest-africaines ? Aucune n’a levé le plus petit doigt pour dénoncer cette sanction de peur d’être dans le collimateur du Grand Manitou.

La seule dénonciation de cette sanction inique est venue du… Botswana, un pays situé dans la partie australe de l’Afrique et qui ne pèse pas beaucoup sur la planète du foot.

S’il faut se réjouir de cette remise en question de la toute puissance de la Caf, il reste que des esprits chagrins peuvent voir dans cette décision botswanaise, une volonté de jeter des peaux de banane au président de la Caf.

Ce dernier avait jeté en pâture leur ancien président, Ismaël Bhamjee qui a eu l’outrecuidance de se présenter contre lui en 2004.

Loin d’être un Saint, cet ancien membre du Comité exécutif de la Caf et de la Fifa, a reconnu, par écrit, lors de la coupe du monde 2006, avoir vendu une douzaine de billets première catégorie, rencontre Angleterre-Trinité-et-Tobago, au prix unitaire de 300 euros au lieu de 100.

Cette faute lui vaudra d’être révoqué de toute fonction dans une instance de foot.

Mais quoi qu’il en soit, le soutien du Botswana est comme une piqûre de rappel à toutes les Fédérations africaines et surtout à celle de l’Afrique de l’ouest.

Notamment à plus de normalité dans la gestion de la chose publique. Parce qu’en décidant de ne piper mot contre cette décision, elles deviennent complices d’une mal gouvernance qui a fait beaucoup de mal à l’Afrique et risque de tuer son football, un domaine où le continent peut encore lutter contre les autres à armes égales.

Rédigé par le Mardi 16 Février 2010 à 07:59 | Commentaires (0)