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Affaire Zongo : rien de nouveau, selon Boureima Ouédraogo


Le 13 décembre 2016 a été célébré à Ouagadougou le 18ème anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Journalistes et militants de la société civile, en quête de justice, ont organisé un sit-in dans la capitale burkinabé avec toujours la même revendication. Malgré le non-lieu prononcé en 2006, la chute de Blaise Compaoré, a fait renaitre l’espoir de la réouverture du dossier. Toutefois, les progrès sont lents. Président de la société des éditeurs de presse privée (SEP), Boureima Ouèdraogo, revient dans cet entretien exclusif sur les péripéties de cette affaire.


Boureima Ouédraogo - La chute de Blaise Compaoré avait fait naître l’espoir de la réouverture du dossier Norbert Zongo, mais aujourd‘hui vous parler de léthargie, pourquoi ?  

Lire aussi: Affaire Norbert Zongo, les dates-clés
 

Ouestafnews - Sous Blaise Compaoré, tout le monde savait qu’il était difficile d’obtenir un traitement diligent des dossiers de crimes dans lesquels le pouvoir était suspecté d’être responsable. Le dossier Norbert Zongo fait partie de ces crimes d’Etat. En ce sens que tous les indices indiquaient des éléments de la garde présidentielle comme des exécutants potentiels dans l’assassinat de Norbert Zongo. Souvenez-vous du rapport de la Commission d’enquête indépendante (CEI) dont le rapport publié le 7 mai 1999 citait clairement « six suspects sérieux », tous de la garde rapprochée de Blaise Comaporé. La Commission d’enquête a également conclu que les mobiles de l’assassinat de Norbert Zongo étaient liés à ses investigations sur l’assassinat du chauffeur de François Comaporé, frère cadet de Blaise Compaoré. Ce dernier avait été torturé à mort par des éléments de la même garde rapprochée de Blaise Compaoré. Ce sont les mêmes qui sont identifiés comme des suspects sérieux.
Après l’insurrection populaire et la fuite de Blaise Compaoré, l’on s’attendait à l’accélération de certains dossiers dont l’affaire Norbert Zongo. Après la réouverture du dossier en 2015, un juge d’instruction a été saisi et celui-ci a procédé à des inculpations. Trois des six suspects sérieux sont inculpés et placé sous mandat de dépôt. Les 3 autres sont déjà morts. Mais depuis, l’on attend en vain d’autres signaux forts. On ne comprend pas ce qui bloque. C’est pourquoi nous parlons de léthargie. Les acteurs de la justice soutiennent que le juge travaille d’arrache-pied, mais nous ne voyons riens de nouveau. 
 
Ouestafnews - Etes-vous déçu par le régime de Kaboré sur ce dossier ?
 
B. O - Personnellement, sur le plan judiciaire, il y a quand même une déception. C’est vrai qu’il affirme la main sur le cœur qu’il respecte l’indépendance de la justice. Mais nous pensons que son pouvoir ne semble pas mouiller sérieusement le maillot en utilisant toutes les voies de droit pour la manifestation de la justice dans tous ces dossiers pendants. 
 
Ouestafnews - Après votre sit-in du mardi 13 décembre 2016, quelles autres actions prévoyez-vous pour la poursuite du combat ?
 
B.O - Nous allons faire le point de cette commémoration du 18ème anniversaire de ce crime d’Etat et après nous aviserons. En tous les cas, nous continuerons le combat jusqu’à ce que justice soit rendue à notre confrère. Nous (lancerons) au besoin, d’autres initiatives. Mais nous restons mobilisés et déterminés. Je crois qu’il est dans l’intérêt du Burkina Faso que l’on vide ce dossier et tous les autres afin de créer les conditions d’une réelle réconciliation nationale. Le pays ne peut pas continuer à trainer ces contentieux qui divise ses citoyens. 
 
Ouestafnews - Le président Kaboré, dans son discours de fête d’indépendance du 11 décembre dernier, a appelé à vider tous les dossiers pendants devant la justice, n’est-ce pas un motif d’espoir ?
 
B.O - Oui ! Nous l’avons suivi avec beaucoup d’intérêt. Et nous souhaitons qu’il passe aux actes en utilisant tous les leviers légaux que la constitution et les lois de ce pays lui donnent, pour peser de tout son poids pour que la justice vide effectivement ces dossiers. Il a raison : « vider ces dossiers est une exigence de crédibilité de l’Etat », mais surtout des gouvernants. 

Jeudi 15 Décembre 2016
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