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Guinée-Bissau : polémique sur un accord politique

Ouestafnews – L'accord dit de Conakry signé en octobre 2016 par les acteurs politiques en Guinée-Bissau constitue aujourd’hui la pomme de discorde qui plonge ce pays d'Afrique de l'Ouest dans une crise politico-institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Après avoir fixé maints délais, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a finalement décidé de sanctionner des acteurs politiques qu’elle juge responsables de la non-application des engagements de Conakry.


La Cedeao qui avait fixé un délai pour l'application de l'accord de Conakry a finalement décidé de sanctionner certaines parties prenantes. Le 5 février 2018, l'organisation régionale a prononcé des sanctions contre 19 personnalités bissau-guinéennes pour non-application des engagements pris à Conakry, selon un communiqué.
 
Ces sanctions portent sur «la suspension de leur participation aux activités de la Communauté, l'interdiction de voyager et la dénégation de visa à leur encontre et à des membres de leurs familles, ainsi que le gel de leurs avoirs financiers et de ceux de leurs familles partout où ils se trouvent», indique le document.
 
Joint par Ouestafnews, Armando Conté, journaliste et chercheur en sciences sociales, explique qu'il s'agit là d'une crainte nourrie par certains Bissau-guinéens qui s'est aujourd’hui réalisée.
 
«Il s'agit actuellement d'un moment test pour la Cedeao. D'aucuns pensent que l'organe régional va blanchir les vrais responsables de la crise et ensuite imposer des sanctions à des politiques de second plan», a souligné M. Conté, interrogé par Ouestafnews, à la veille de l'annonce des sanctions de la Cedeao.
 
Signé le 14 octobre 2016, l'Accord de Conakry prévoit, entre autres, une «procédure consensuelle» pour la nomination d'un Premier ministre «ayant la confiance du président de la République».
 
Ce texte préconise également la formation «d'un gouvernement d’union nationale» et le retour des «15 dissidents du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)» dans leur famille politique.
 
Pour la mise en œuvre de cet accord, la Cedeao avait fixé plusieurs délais qui n’ont pas été respectés. Et au lendemain de l'annonce de ces sanctions, les protestations n'ont pas tardé. Des acteurs politiques ont dénoncé un parti-pris puisque qu'aucun membre du PAIGC (au pouvoir) n'est sanctionné. Toutefois, sur la liste, figurent des députés proches du président Vaz et même le fils de ce dernier.
 
Depuis l'arrivée du président Vaz au pouvoir en mai 2014, six personnes se sont succédé au poste de Premier ministre dont le dernier en date est Augusto Antonio Artur Da Silva, nommé le 31 janvier 2018 après la démission d'Umaru Emballo Sissoko. Le dernier délai fixé par la Cedeao pour la nomination d'un Premier ministre de consensus devait expirer, le 16 janvier 2018.

Non seulement la nomination de M. Da Silva est intervenue bien après la date butoir mais aussi elle a été jugée par la Cedeao comme non conforme à l’accord de Conakry.
 
Cette crise politique actuelle, d’abord interne au PAIGC, a comme point de départ le limogeage en août 2015 du Premier ministre Domingo Simoes Pereira et la dissolution de son gouvernement.
 
Rivaux et en compétition pour le contrôle du PAIGC, le président José Mario Vaz et M. Simoes Pereira avaient des relations heurtées, confient les observateurs de la vie politique de ce pays.
 
«J'ai pris une décision qui responsabilise les partis politiques en leur donnant l'occasion de prouver qu'ils placent l'intérêt supérieur de la nation et du peuple au-dessus de leurs intérêts personnels ou de groupe ou de parti », avait soutenu le président après avoir limogé M. Simoes Pereira.
 
Eu égard aux conditions fixées par l'accord de Conakry notamment l‘exigence de nommer une personnalité «consensuelle», la primature bissau-guinéenne est caractérisée par un jeu de chaises musicales. Depuis l’arrivée du président Vaz, six personnes se sont succédé au poste. Selon la Constitution de ce pays, la politique de la nation est définie par le Premier ministre.
 
Quelle sera la posture de l'armée ?
 
Selon Armando Conté, les accords de Conakry comportent un article sur «la réforme des forces armées» en Guinée-Bissau. En effet, les accords de Conakry prévoient la réforme des «secteurs de la défense, de la sécurité et de la justice». 
 
 «Il y a une dissuasion de taille contre un potentiel coup d'Etat à travers notamment les sanctions internationales qui pèsent sur des leaders militaires depuis le putsch de 2012. Actuellement, sept officiers de l'armée sont en détention et attendent leur procès», a expliqué M. Conté.
 
Le 14 et 15 décembre 2017, des soldats bissau-guinéens ont été arrêtés et incarcérés dans une prison située dans une base aérienne. Ils étaient accusés de tentative d'assassinat du chef d'état-major, le général Biague Na Ntam, selon l'Agence France presse. 
 
Il s'agit entre autres des commandants Buota Na Yete , du capitaine Aribe Infonde, du lieutenant Mauricio Félix, de l'adjudant Sabo Cabral et du sergent Joaquin Cia, précise la même source.
 
«Jusqu'au moment où nous parlons l'armée n'est pas encore intervenue mais est-ce qu'elle va continuer à rester éternellement dans les casernes à regarder les politiques ?», s’interroge, l'analyste politique bissau-guinéen Bamba Koté.
 
Selon M. Koté, l'armée bissau-guinéenne qui est issue d'une guerre de libération, a toujours considéré que «les politiques n'ont pas la légitimité, en tout cas, pour détruire le pays».
 
 ON/mn/ad
 
 

Vendredi 9 Février 2018
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