Afrique-France : le CPA de Macron, « encore un leurre !» (Observateur)

Ouestafnews – La création d’un Conseil présidentiel africain (CPA), chargé entre autres de lutter contre le phénomène migratoire, constitue un « leurre de plus », a déclaré à Ouestafnews, Mamadou Mignane Diouf, le coordonnateur du Forum social sénégalais.« C’est encore un leurre et un jeu de dupes. C’est juste une stratégie diplomatique d’avoir à sa portée des organes qui lui permettent (à la France) de contrôler son pré-carré et ses ressources », a soutenu M. Diouf dans un entretien avec Ouestafnews.

Selon ce militant altermondialiste, « au bout du compte ce CPA ne peut pas faire mieux que les conseils Europe-Afrique, les sommets France Afrique… »

Le 28 août 2016, le président français Emmanuel Macron a convié à Paris, les chefs d’Etats du Niger (Mahamadou Issoufou), du Tchad (Idriss Déby) et le président du Conseil du gouvernement d’union nationale de la Lybie (Fayez El Sarraj) ainsi que des officiels de l’Union européenne à un « mini-sommet sur la migration ».

Au sortir de cette rencontre, la France a fait la proposition de délocaliser des « centres de tri » dans les pays de transit comme le Niger et la Lybie, sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Avec une telle proposition, les migrants admissibles à un droit d’asile au sein de l’Union européenne devront être choisis dans ces pays. Ce qui fait dire à certains observateurs que l’Europe est en train de déplacer ses frontières.

A cet effet, une feuille de route a été déclinée et dont le premier pas sera la conduite d’une « mission conjointe » au Tchad et au Niger. La date n’en a pas été précisée.

Pour M. Diouf, ceci est une « insulte » à l’endroit des chefs d’Etats qui étaient présents à ce mini-sommet, en contrepartie de « petites sommes modiques qui n’iront pas dans les secteurs vitaux».

Selon plusieurs titres de la presse, face aux propositions de l’Elysée, les chefs d’Etats africains ont une nouvelle fois insisté sur le renforcement de l’aide au développement comme principal barrage à la migration clandestine.

« Les migrants sont des boucs émissaires de la crise économique et sociale européenne », renchérit Mignane Diouf qui déplore aussi l’inexistence d’une politique migratoire au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao).

Comme le relèvent fréquemment beaucoup d’observateurs de la question migratoire, les pays africains restent spectateurs et subissent les coups de boutoir de la France et de l’Union européenne.

Selon M. Diouf, le défi pour les pays africains en particulier ceux de la Cedeao, c’est la « conjonction des voix » car selon le militant altermondialiste, « aucun Etat à lui seul ne peut pas face à des entités comme l’Union Européenne ».

Le mini-sommet de Paris a aussi été l’occasion pour le président français de lancer le Conseil présidentiel africain, structure composée d’hommes et de femmes issus pour la plupart de la société civile africaine, dirigé par le Franco-Béninois Jules-Armand Aniambossou, ancien ambassadeur du Bénin en France.

Selon l’Elysée, la mission de cette structure est de faire remonter des propositions à Emmanuel Macron et redescendre la perception de sa politique sur le continent à en croire l’Elysée.

Selon le journal panafricain basé à Paris, Jeune Afrique, le président Emmanuel Macron prononcera un discours consacré à l’Afrique le 13 novembre prochain à Ouagadougou.

Un discours qui portera sur « les enjeux du moment, entre autres, sécurité, flux migratoires et la volonté du renouveau annoncée durant la campagne présidentielle », précise le même journal qui souligne que la préparation de cet événement a été confiée aux onze membres du (CPA), sous la supervision de Franck Paris, le conseiller Afrique de Macron.

AC/MN/ON/TS

PARTAGER