Cedeao : sommet extraordinaire de Lomé du 14 avril 2018 (le communiqué)

Un sommet de la CEDEAO prévu vendredi 15 juin à Abuja

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis le 14 avril 2018, à Lomé, au Togo, à l’occasion d’un sommet extraordinaire à huis clos, ont été informés de la nomination d’Aristide Gomes comme Premier ministre de consensus par le président bissau-guinéen, José Mario Vaz, après consultations avec les forces politiques et la société civile. Cette nomination sera prise par décret présidentiel le 17 avril 2018.

Ils ont également pris note des décisions relatives à la tenue des élections législatives le 18 novembre 2018, et de l’ouverture du parlement le 19 avril 2018 pour statuer notamment sur les points liés à la nomination des membres de la Commission électorale et de la prorogation de la législature.

Les leaders ouest-africains ont pris acte de ces décisions et dates, félicité le président José Mario Vaz, et appelé les acteurs politiques bissau-guinéens à œuvrer pour ramener la stabilité dans le pays.

Ils ont invité le Comité de suivi, composé du chef de l’Etat guinéen et médiateur de la Cedeao, Alpha Condé, de son homologue togolais et président en exercice de la Cedeao, Faure Essozimna Gnassingbé, et du président de la Commission de l’organisation régionale, Jean-Claude Kassi Brou, à prendre les dispositions idoines pour la mise en œuvre de cette feuille de route.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont félicité Alpha Condé et Faure Essozimna Gnassingbé pour leurs actions et efforts soutenus, tant pour la médiation que pour la recherche d’une solution durable à la crise bissau-guinéenne.

Ils ont entériné la prorogation du mandat de la Mission de la Cedeao en Guinée-Bissau (ECOMIB) jusqu’au 30 juin 2018, et exhorté les Forces de défense et de sécurité bissau-guinéennes à contribuer à assurer la paix et la sécurité dans tout le pays.

Ils ont en outre salué la prorogation par le Conseil de sécurité des Nations unies du mandat du bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS) jusqu’au 28 février 2019.

Outre la Guinée-Bissau, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao s’est également appesantie sur la situation sociopolitique au Togo.
Elle a salué les initiatives et les efforts du président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, pour la résolution pacifique des tensions sociopolitiques auxquelles ce pays est confronté depuis août 2017.

Les dirigeants ouest-africains ont invité tous les partis politiques et la société civile togolaise à s’abstenir de tout acte de violence et de tout agissement susceptibles de constituer une menace à la paix et à la stabilité du Togo et de l’espace Cedeao.

Ils ont désigné leurs pairs Nana Addo Dankwa Akufo-Addo et Alpha Condé en qualité de facilitateurs de la Cedeao, et leur ont demandé d’intensifier leurs efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles, dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et de l’Etat de droit.

Ils ont demandé à la Commission de prendre toutes les dispositions pour apporter son appui aux facilitateurs de la Cedeao, et de proposer des recommandations qui seront soumises au prochain sommet de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation régionale.

Toujours au plan politique, ils ont salué le bon déroulement des élections générales en Sierra Leone les 7 et 31 mars 2018, et exprimé leur satisfaction au peuple sierra-léonais pour le renforcement de sa démocratie.

Après avoir félicité le nouveau président sierra-léonais, Julius Maada Bio, ils l’ont exhorté à consolider la démocratie tout en renforçant l’unité nationale. Ils ont aussi réaffirmé leur volonté à le soutenir pour la réussite de son mandat, et salué les efforts qu’il ne cesse de mener en faveur de la réconciliation et de l’inclusivité.

Le sommet a rendu hommage à l’ancien chef de l’Etat sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, pour son engagement en faveur du déroulement pacifique du scrutin, et pour la transmission démocratique du pouvoir à Julius Maada Bio.

Les autres décisions de ce sommet extraordinaire portent sur la famine dans le sahel et la lutte contre le terrorisme.

A propos du terrorisme, la Conférence a réitéré sa condamnation des attaques terroristes dans la région, et exprimé sa solidarité aux pays affectés. Elle a réaffirmé sa détermination à combattre le terrorisme et l’extrémisme violent. Pour ce faire, elle a décidé d’apporter tout son soutien à la Force conjointe du G5 Sahel.

S’agissant de la famine au Sahel, la Conférence a pris note de l’alerte émise par le Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) au Sahel en Afrique de l’Ouest sur les risques d’insécurité alimentaire dans le Sahel.

Elle a recommandé aux Etats membres de la Cedeao de prendre des mesures concrètes dans le but d’éradiquer la menace de l’insécurité alimentaire, estimant que seule la solidarité leur permettrait de gagner cette bataille.

Par conséquent, elle a exhorté la Commission de l’organisation régionale à travailler en étroite collaboration avec les Etats membres, afin de contribuer à relever le défi de la pénurie alimentaire et d’y trouver une solution durable.

Concernant la situation en Gambie, les chefs d’Etat et de gouvernement ont demandé à la Commission de la Cedeao de prendre les mesures pour intégrer les forces présentes dans le pays au sein de la Mission de la Cedeao en Gambie (ECOMIG). //FIN

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