Gouvernement du Mali : la parité à petits pas

Le président Keîta, prêtant serment pour un second quinquennat. Image/ Koulouba

Ouestafnews – Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, réélu en août 2018, a entamé son second mandat en donnant une large place aux femmes dans son gouvernement. 

Affaires étrangères, Mines et Pétrole ou encore Infrastructures et Equipement, autant de portefeuilles stratégiques confiées à des femmes. Le second mandat de Keïta démarre sous le signe de l’ouverture envers les femmes.

Sur les 32 ministres du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, on retrouve au total 11 femmes, contre 8 au précédent gouvernement qui comptait au total 37 ministres.

La grande nouveauté de ce premier gouvernement post-électoral est la nomination de Kamissa Camara au poste de ministre des Affaires étrangères à la place de Tiéman Hubert Coulibaly. Pour cette station très stratégique, le président Keïta a placé sa confiance à Mme Camara, âgée seulement de 34 ans.

Cette jeune femme, qui possède aussi les nationalités française et américaine, est créditée par la presse malienne, d’une bonne expérience et d’un carnet d’adresses bien fourni.

Toutefois au niveau des postes électifs, on peut constater que le Mali ne compte que 14 femmes (les 10 sont issues du parti au pouvoir) sur les 137 députés que compte l’Assemblée nationale. Reste à savoir si ce nombre va évoluer lors des prochaines élections législatives.

Aux dernières élections communales de 2016, sur les 703 maires élus, on comptait 11 femmes contre neuf pour le précédent scrutin.

En 2015, une loi portant promotion du genre dans les fonctions électives et nominatives a été votée au Mali.

«A l’occasion des nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories des services publics au Mali par décret, arrêté ou décision, la proportion de personnes de l’un ou de l’autre sexe ne doit pas être inférieure à 30%», indique l’article 1 de la loi de 2015 portant promotion du genre dans les fonctions électives et nominatives.

Au niveau des postes électives, notamment à l’Assemblée nationale, le Haut conseil des collectivités, cette même loi précise qu’«aucune liste d’au moins 3 personnes, présentée par parti politique, groupement de partis politiques ou regroupement de candidats indépendants, n’est recevable si elle présente plus de 70% de femmes ou d’hommes. C’est-à-dire à chaque fois qu’on à 2 candidates sur la liste, la 3è sera de sexe masculin vice-versa. Aucun genre ne pourra dépasser les 70% ou et redescendre au-dessous de 30%».

Chez les voisins

En termes de présence féminine au gouvernement, le Mali fait aujourd’hui mieux que le Sénégal (8 femmes).

Le Sénégal, qui a introduit en mai 2010, la parité homme-femme dans les postes électives, compte aujourd’hui 8 femmes dans un gouvernement de 40 membres. Toutefois, la treizième législature sénégalaise a enregistré 69 femmes sur les 165 députés à l’Assemblée nationale.

Ce qui est loin de la parité au sein de l’hémicycle. Toujours au Sénégal, 69 femmes siègent au Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), qui compte 150 membres.

La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso compte chacun six femmes dans leurs gouvernements.

MN-ON/ad

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