Indice ABABI : pourquoi l’Afrique francophone est absente

Les pays d’Afrique francophone sont absent du champ d’étude de l’indice/Capture d'écran

Ouestafnews – Lancé en 2015 par la Banque africaine de développement (BAD), l’indice ABABI (African Bond Index), la performance des marchés obligataires domestiques en monnaie locale sur le continent, s’est doté de deux sous-indices supplémentaires en ce début 2018. Des améliorations sont annoncées, vu que l’indice ne suit que les pays anglophones.

«Il n’y a aucune considération géographique ou linguistique derrière l’inclusion dans ABABI», s’est défendu, dans un échange de courriels avec Ouestafnews, Cedric Mbeng, le coordonnateur de  l’Initiative des marchés financiers africains (AFMI, sigle en anglais).

«Pour être admis dans ABABI, il suffit que ses obligations soient cotées de manière consistante (avec des prix issus de transactions effectives) par différents intervenants, c’est-à-dire au moins 3 sources de prix de marchés», explique, M. Mbeng.

L’AFMI est une initiative de la BAD, qui en collaboration avec l’agence Bloomberg, a mis en place l’indice, d’où la dénomination AfDB/AFMISMBloomberg® African Bond Index (ABABI).

Le rôle de l’AFMI consiste à «travailler avec différents pays pour les aider à améliorer la structure de leurs marchés obligataires afin de les rendre éligibles à l’inclusion dans ABABI », souligne M. Mbeng.

Absence de pays francophones

Toutefois force est de constater l’absence totale des pays d’Afrique francophone du champ d’étude de l’indice.

«Calculé par Bloomberg, l’indice composite comprend les indices souverains en monnaie locale de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Nigéria, du Kenya, du Botswana et de la Namibie. En avril 2017, la Zambie et le Ghana ont également été ajoutés à l’indice composite », lit-on dans un communiqué de la BAD, publié début février 2018.

«Au regard des avancées dans le développement des marchés des pays francophones, on pourrait s’attendre à leur inclusion prochaine dans ABABI», indique M. Mbeng, précisant que l’indice est «calculé et maintenu de manière indépendante» par Bloomberg.

«Le principal critère d’inclusion pour les pays est la liquidité. Certains pays ayant fait d’importants progrès au niveau du développement de leur marchés obligataires et seront donc inclus dans l’ABABI sans doute dans un futur proche », précise encore le coordonnateur de l’AFMI.

L’Afrique du Sud, trop forte ?

A la mi-février 2018, les auteurs de l’indice ont annoncé la création de sous-indices, à savoir le BADC et BADBX.

Selon les explications de l’AFMI, le premier va permettre de limiter le poids de chaque pays à 25% tandis que le second ne prend pas en compte l’Afrique du Sud.

Le pays de Nelson Mandela dispose du marché obligataire le plus important et a un poids de 57%.  A travers ces améliorations, il est en effet visé une «répartition plus homogène des poids entre les pays», commente M. Mbeng.

MN/ad

 
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