20 C
Dakar

Une information fiable et indépendante sur les questions qui traversent l'Afrique.

Les États-Unis réactivent l’Agoa pour une trentaine de pays africains

À LIRE

spot_img

Le Sénat des États-Unis a voté, mardi 3 février 2026, la réactivation, pour une durée d’un an, de l’African growth and opportunity act (Agoa), l’accord commercial qui permet à de nombreux produits africains d’accéder au marché américain sans droits de douane. La mesure a été immédiatement promulguée par le président Donald Trump. Une décision saluée sur le continent, et tout particulièrement en Côte d’Ivoire, où plusieurs filières exportatrices restent fortement dépendantes de ce cadre préférentiel.

Arrivé à expiration à l’automne 2025, l’Agoa n’avait pas été reconduit dans un contexte de paralysie budgétaire aux États-Unis. Faute de consensus sur une réforme en profondeur, les sénateurs américains ont opté pour une solution d’urgence : une prolongation d’un an, avec effet rétroactif au 30 septembre 2025. Cette fenêtre, jugée étroite, maintient toutefois l’accès préférentiel au marché américain pour des secteurs clés en Afrique, allant du textile au Kenya à l’automobile en Afrique du Sud, en passant par les produits agricoles.

Pour la Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), cette réactivation constitue une bouffée d’oxygène. Le pays bénéficie de l’Agoa pour l’exportation de produits agricoles transformés, notamment le cacao et ses dérivés, l’anacarde, le caoutchouc naturel ou encore certains produits manufacturés émergents. L’accès sans droits de douane au marché américain renforce la compétitivité des entreprises ivoiriennes, dans un contexte de forte concurrence internationale.

« Cette prolongation permet aux exportateurs qui ont déjà des débouchés vers les États-Unis de sécuriser leurs flux à court terme », analyse Julien Marcilly, chef économiste au cabinet Global Sovereign Advisory ???.

En revanche, souligne-t-il, l’incertitude sur l’avenir du dispositif limite les investissements industriels de long terme, pourtant essentiels à la transformation locale des matières premières ivoiriennes.

Ces derniers mois, la reconduction de l’Agoa a servi de levier de pression diplomatique sur la trentaine de pays africains qui en bénéficient en théorie. Outre la Côte d’Ivoire, il y a l’Angola, le Bénin, le Ghana et le Sénégal en Afrique de l’Ouest.

La prolongation d’un an du dispositif d’aide aux économies africaines s’accompagne d’exigences accrues formulées par les Etats-Unis, en particulier un meilleur accès des produits agricoles américains aux marchés africains.

La Maison Blanche affiche clairement son intention de « moderniser » l’Agoa et de l’aligner sur la doctrine commerciale America First. Les élus américains sont divisés entre les partisans d’un accord de long terme, perçu comme un outil de développement et de partenariat durable, et ceux qui défendent une reconduction courte, assortie de conditions politiques et géostratégiques, notamment pour contrer l’influence chinoise en Afrique.

FGB/md


Voulez-vous réagir à cet article ou nous signaler une erreur ? Envoyez-nous un message à info(at)ouestaf.com.

Articles connexes

spot_img

Actus