18.9 C
Dakar

Une information fiable et indépendante sur les questions qui traversent l'Afrique.

Libération de Bazoum : l’AES répond au parlement européen  

À LIRE

spot_img

La résolution du parlement européen appelant à la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum continue de susciter des réactions. La plus récente émane de la Confédération des États du Sahel, qui dénonce une « ingérence grave » dans les affaires internes d’un État souverain.

Dans son communiqué publié le 19 mars 2026 à Ouagadougou et consulté par Ouestaf.com, la Confédération des États du Sahel (AES) exprime son indignation et condamne avec fermeté la résolution du Parlement européen adoptée le 12 mars 2026, appelant à la libération du président Mohamed Bazoum.

Le texte révèle que le parlement adopte une attitude sélective en « passant sous silence les violations flagrantes et répétées du droit international ».

Il dénonce également la même attitude du Parlement face à la crise sécuritaire « orchestrée » que traverse la Confédération AES depuis plus d’une décennie ainsi que les « attaques barbares portées contre des populations civiles innocentes ».

Le même texte évoque la surprise de l’organisation confédérale qui constate qu’ « à un tel niveau institutionnel, un groupuscule d’acteurs connus, animés d’un paternalisme rétrograde » et « nostalgiques d’un passé colonial révolu et guidés par la préservation d’intérêts économiques et géostratégiques inavoués » ait pu rallier une majorité de députés européens à cette position.

Il y a une semaine, ces députés, dans leur majorité, ont voté une résolution demandant la libération « immédiate et inconditionnelle » du président Mohamed Bazoum.

Ils ont rappelé que depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, le président Bazoum et son épouse sont détenus par la « junte au pouvoir » sans pouvoir contacter d’avocats ni voir leur famille et ne bénéficiant que de soins médicaux limités.

Dans leurs constatations qui ont fondé la résolution, l’Union européenne a évoqué  la levée de l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum par la Cour de l’Etat qui donne feu vert aux autorités décidées à le poursuivre pour « haute trahison », passible de la peine de mort.

 Mais pour la Confédération AES, cette résolution cache des objectifs politiques plus larges. Selon elle, ses initiateurs cherchent à rétablir un « système créé et entretenu pour ne servir que les intérêts de l’ancienne puissance coloniale, au détriment des aspirations légitimes des populations du Sahel ».

Dans cette perspective, l’AES affirme qu’elle n’a pas « d’injonctions ni de leçons de gouvernance à recevoir », notamment de la part d’acteurs qui devraient « recentrer leurs efforts sur la gestion de leurs propres crises sociétales ».

Une telle résolution, conclut l’AES, est totalement en déphasage avec la nouvelle dynamique politique, économique et sociale enclenchée par les peuples de l’espace confédéral et ne saurait en aucun cas influencer sa marche.

Dès l’adoption de la résolution, le 12 mars 2026, le gouvernement nigérien l’a jugé « d’inacceptable ». Le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a aussitôt convoqué la chargée d’affaires de la délégation de l’Union européenne, Nicoletta Avella, et lui a remis une lettre de protestation.

Plusieurs organisations de la société nigérienne ont également dénoncé la décision du Parlement européen qui, selon elles, violent la souveraineté nationale.

RA/fd


Voulez-vous réagir à cet article ou nous signaler une erreur ? Envoyez-nous un message à info(at)ouestaf.com.

Articles connexes

spot_img

Actus